L’Homme qui réclamait 165 milliards de francs CFA à l’Etat gabonais est mort en Italie le 27 août 2018, à 82 ans.

Guido Santullo, l’homme qui projetait de mettre Ali Bongo à genoux, s’il n’était pas payé. © D.R.

 

Guido Santullo, patron du groupe de BTP Sericom, est mort dans l’après-midi du lundi 27 août, aux environs de 17 heures à Gaeta, une ville de la province de Latina en Italie. Il y vivait depuis un bon moment, occupant un appartement au Mirasole International, un établissement hôtelier grand luxe où, dans l’après-midi de sa mort, une dame de chambre l’a signalé dans un état de santé chancelant. Conduit dans un établissement sanitaire, l’homme d’affaires italien, en bisbille avec l’Etat gabonais, n’a pu être réanimé.

Les causes réelles de son décès restent, pour le moment, inconnues. Joint au téléphone, l’Hôtel Mirasole International a refusé d’en dire quoi que ce soit. Toutefois, Magalie Santullo, fille de celui qui lançait à Ali Bongo «je vous mettrai à genoux si vous ne me payez pas», a indiqué à une source gabonaise proche de l’homme d’affaires que la santé de son père a commencé à vaciller, avec des problèmes cardiaques, après l’épisode suisse faisant suite à la sollicitation, par l’Etat gabonais, de l’ouverture d’une information judiciaire.

Drôle de hasard, le jour de son décès, le journal L’Aube a titré «Guido Santullo marque (un énorme point) contre Ali Bongo». L’hebdomadaire gabonais rappelait que «le 07 février dernier, le Gabon a déposé à Genève une plainte contre Guido Santullo pour “corruption active” et “blanchiment d’argent”. (…) Le juge suisse a auditionné les deux parties le 29 juin 2018». Et le journal de conclure : «le recours introduit par les avocats de l’homme d’affaires italien a été déclaré suspensif».

Le feuilleton judiciaire allait donc avoir d’autres rebondissements. Les antagonistes judiciaires de Santullo ne peuvent cependant jubiler avec l’annonce de sa mort. Ses ayants droit vont nécessairement prendre le relais de la bataille juridique.

Ainsi prend fin l’aventure humaine d’un homme d’affaires au cœur d’un lourd contentieux avec les autorités gabonaises. Le patron du groupe Sericom, qui a longtemps dominé le marché du BTP au Gabon, réclamait à l’Etat gabonais 165 milliards de francs CFA (251,5 millions €) pour constructions, non payées, de routes, ponts et divers édifices administratifs. Il disait avoir dépensé beaucoup d’argent pour le préfinancement desdits chantiers dont le plus problématique, le pont sur la Banio, a conduit à l’arrestation de plusieurs hauts cadres de l’administration publique parmi lesquels l’ancien ministre des Infrastructures, Magloire Ngambia. On fera, en tout cas, l’économie de la saga judiciaire mettant en scène Santullo et l’Etat gabonais, largement relayée sur les pages web de Gabonreview.

 «J’ai fait mes armes professionnelles en Italie, puis je l’ai quitté à l’âge de 18 ans pour rejoindre la France et Lyon particulièrement», racontait le président du groupe Santullo Sericom, relayé par le site asyetailleurs.com.  De sa formation en bâtiment, il a obtenu l’équivalent d’ingénieur en bâtiment et travaux publics à coup d’études du soir. Il a ensuite monté sa propre entreprise qui ira jusqu’à avoir plus de 500 employés. «Centrales nucléaires, routes, logements, nous étions sur tous les fronts», confiait-il au même média. Guido Santullo se retrouve ensuite en Arabie Saoudite sur certains gros chantiers puis en Guinée (Conakry) avant de se retrouver au Gabon. Santullo Sericom Gabon, Santullo Sericom Guinée, Santullo Sericom Bénin comptent parmi les filiales du Groupement Santullo. Guido Santullo avait 82 ans.

 
 

6 Commentaires

  1. Ikobey dit :

    Pourquoi il n’y a plus d’investisseurs qui viennent au Gabon ?
    Pourquoi il y a tant de chômage ?
    Pourquoi la population est pauvre ?
    Pourquoi le chaos est à notre porte ?
    Tout est lié , non ?

    • C A N A dit :

      On est pauvre parceque c’est la réalité de l’humanité au moins.

      La bonne question est pourquoi fuyons nous cette réalité(nos villages,nos forêts et fleuves,notre nature(ahh le mont Koum,Du Chaillu;),nos cultures en pensant que ne pas être pauvre est vivre comme un ”blanc”.
      La deuxième question est comment mentons nous de ne pas reconnaitre les causes volontaires politiques de la persitance de cette pauvreté que nous encourageons même?

      Troisième question pourquoi ne suivons pas nos frères ouest africains qui nous ont montré comment sortir de la pauvreté par le travail modeste?
      Quatrième question pourquoi aimons nous arborer un mode de vie qui n’est pas le nôtre(en montant dans les ”prado” des capables,en mangeant dans les grands restau,comptant sur la poche des autres?

      pourquoi nous gabonais sommes nous si aveuglement gourmands,avide de tout au point d’avoir trouver la stratégie facile mais cynique de trafic d’êtres et organes humains sous couvert de la fausse appelation crimes rituels?????

      Pourquoi faussons nous le dessein de Dieu pour l’homme qui a dit ”tu mangeras ton pain à la sueur de ton front”?

  2. beka dit :

    Curieusement, au village, la mort d’un individu n’est jamais normale. On dit toujours : “C’est tel qui lui en voulait…,” ou : “Ceux qui l’ont tué vont voir ça…” ou…, ou… Sentullo, mort, c’est assurément la fin d’un vaillant combattant, fonceur, sachant prendre des risques, jusqu’au Gabon. On ne peut plus à présent que prier pour son âme. Pour le reste, heureusement GR répond très bien à toutes les interrogations. L’épisode avec l’Etat gabonais n’est assurément pas encore clos.

  3. Diana calendre dit :

    Ibubu champion Tu es fort!!! Mrs!!!!! Kia kia.
    BOA en action kia kia kia!!!!.
    Adversaires de BOA surveiller vos arrières.

  4. AIRBORNE dit :

    “Ainsi prend fin l’aventure d’un homme d’affaires au cœur d’un lourd contentieux avec les autorités gabonaises. Le patron du groupe Sericom, qui a longtemps dominé le marché du BTP au Gabon, réclamait à l’Etat gabonais 165 milliards de francs CFA (251,5 millions €) pour constructions, non payées, de routes, ponts et divers édifices administratifs”, alors pour les autorités gabonais un dossier classé sans suite et non payé à moins que le successeur ne prenne l’affaire en main et le relancé.

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