S’exprimant dans une longue interview accordée au journal Antsia paru ce 8 mars 2017, Alfred Mabika-Mouyama, l’ancien Président-directeur général de la Poste SA, revient sur le mandat d’arrêt international lancé contre lui par l’Etat gabonais Il rappelle que les déboires de la structure qu’il dirigeait sont à mettre à l’actif de certains représentants de l’Etat.

Alfred Mabika-Mouyama, ancien P-DG du groupe La Poste SA. © Frédéric REGLAIN / Divergence

 

Dans cette interview où il aborde, à nouveau, cette affaire de la Poste l’ayant poussé à quitter le pays, l’ancien P-DG, à propos de ce mandat d’arrêt international lancé contre lui, déclare qu’il l’a appris, comme tout le monde via les réseaux sociaux et les médias, sans que les motifs justifiant ce dernier ne soient indiqués. A ce niveau, il s’est demandé si c’est le même qui est annoncé par la presse ou un second mandat annoncé par le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze et le procureur de Libreville, Steve Ndong Essame Ndong.

Alfred Mabika-Mouyama reste très confiant et réitère les propos tenus lors de sa conférence de presse du 16 février 2017. «J’ai dit à cette occasion, qu’il était en principe normal dans un pays de justice qu’un dirigeant d’une grande entreprise soit entendu à propos des problèmes touchant la structure qu’il a gérée», a-t-il déclaré. Dans son cas, il estime que cela aurait été l’occasion de connaître exactement les faits qui lui sont reprochés, mais aussi d’entrer dans le fond du dossier. «Et j’en aurai, j’en suis sûr, retiré la satisfaction de pouvoir démontrer que c’est bien l’aveuglement et les actes de certains représentants de l’Etat qui ont porté préjudice à la Poste, ses clients et partenaires et à ceux qui y travaillent avec dévouement et abnégation», fait-il remarquer.

Répondant à Bilie-By-Nze qui l’a presque mis au défi de faire la démonstration des allégations qu’il use pour sa défense, Alfred Mabika réplique : «le plan machiavélique de monsieur Bilie-By-Nze consiste à m’écarter de la vie politique du Gabon». L’ancien patron de la Poste gabonaise affirme alors que le ministre de la Communication «instrumentalise la justice parce qu’il est conscient que dans notre pays la justice n’est pas indépendante». Autrement dit, fait-il noter, «celle-ci dépend du pouvoir, et ce pouvoir il croit le détenir». En conséquence, répondant ainsi à l’accusation selon laquelle il fuirait la justice, Mabika-Mouyama déclare plutôt que le Porte-parole du gouvernement «détourne la justice à des fins politiques».

Maniant l’ironie dans cet échange, l’ancien P-DG de la Poste annonce que «dans son esprit», le ministre de la Communication l’a déjà «incarcéré puisqu’à l’occasion de l’une de ses déclarations télévisées, il m’a demandé de rejoindre en prison, les postiers qu’il a fait injustement incarcérer». Dans cette interview, sur tous les points, l’ancien baron du Parti démocratique gabonais (PDG) charge le Porte-parole du gouvernement, soulignant qu’il s’est «érigé en procureur et en juge». «Il ne cherche qu’à assouvir ses ambitions personnelles», a-t-il précisé dénonçant le système judiciaire aux ordres.

Enfin, répondant encore au Porte-Parole qui indiquait que «l’opération Mamba» n’était une affaire «politico politicienne», Alfred Mabika est catégorique. «On me poursuit pour des raisons politiques», a-t-il dit. C’est la raison, selon lui, pour laquelle «on fomente des motifs judiciaires en inventant les malversations financières». Il a sa petite idée sur le motif pouvant être à l’origine de son calvaire. «Sans doute une rancœur persiste chez certains du fait qu’on ait trouvé dans les archives de feu André Mba Obame mon nom annexé à la fonction de potentiel Premier ministre. On me reproche par ailleurs de ne pas avoir participé à la campagne présidentielle de 2016», a-t-il expliqué ajoutant que «la crise de la Poste met sur scène les passions, les querelles personnelles, la peur de l’autre, les luttes de pouvoir».

 
 

11 Commentaires

  1. Gilbert dit :

    GR on dirait que vous tournez autour du pot en assayant d’éviter le sujet de fond relevé par Mr Mabicka, à savoir l’implication de certaines hautes personnalités de l’état que sont issoze Ngondet et Billi bi nze dans la banqueroute de la Poste SA. Issoze à promis de porter plainte mais on se doute bien qu’il n’osera jamais le faire au risque de se faire hara-kiri. Quant à l’autre voyou de ministre de la communication qui de permet de menacer toute la corporation journalistique si jamais elle ne ferme pas la bouche sur les accusations fondées dont il fait l’objet, ce serait une honte pour le métier que vous faites si vous vous y plier aussi docilement

  2. alino dit :

    c’est terrible que vous trouviez la force de défendre l’indéfendable… ce que je lis sur ce site est incroyable et me fait dire que nous méritons notre sors… Mr MABICKA est accusé en tant que premier responsable de la poste et il suffit qu’il mette en cause BBN et le PM sans preuves réelles, pour que nous oublions cette responsabilité qui est la sienne… et nous osons parler de patriotisme… avant de penser à nos ventres, nos proches ou nos familles, pensons d’abord Gabon, ça changera un peu….

  3. MWANE NYAMBI dit :

    Il ne donne aucune explication plausible à la faillite de la structure dont il était le P-DG pendant une décennie.

  4. Gaboma du Gabon dit :

    Pendant dix ans, ce monsieur a dirriger la poste, en qualité de Président Directeur Général. Il s’est enrichi comme crésus au détriment de plusieurs petits épargnants. Apres avoir foutu l’etablissement dans une banqueroute sans précédent, depuis son exil doré à Paris, il transforme ce qui en apparence se veut être une faillite commerciale doublé de détournement de fonds en une affaire politique. Trop facile, monsieur Mabicka. Ce sont des gens comme vous qui ont foutu ce pays dans le trou. Vous méritez d’aller en prison et pour tres longtemps. Le premier responsable de cette situation c’est vous. On ne vous demande rien d’autre. Une fois devant le juge, vous pouvez citer qui vous voulez, on n’en a rien fouttre. Vous devez revenir au Gabon et rendre compte. C’est tout ce qu’on vous demande. Vous avez de la chance que les gabonais sont un peuple pacifique, ailleurs on vous aurais déjà bruler tous vos hotels de Mouila. On s’en serait pris à votre famille restée sur place. La vie est déjà compliquée pour le gabonais lambda, il vousfallait encore, voler le peu d’épargne qui leur reste.

  5. Harvy dit :

    Enfin, moi je pensais que c’est celui qui est accusé, qui doit apporter la preuve du contraire.
    Mabicka s’est expliqué , et les que disent les accusés ? ils vont porter plainte n’est ce pas ? et c’est tout?

    • alino dit :

      mais accusé par qui…? c’est la justice qui poursuit MABICKA et c’est devant elle qu’il devra se défendre. que je sache, BBN n’est pas poursuivi et vous voudriez qu’il viennent se justifier sur les dires d’un mis en cause…? Mon Dieu mais ou va le Gabon..? en tant qu’ancien PDG, MABICKA doit s’expliquer sur la faillite d’une structure qui lui a été pourtant confiée dans une santé acceptable, au lieu d’aller se cacher en France, qui devient subitement le pays d’accueil de tous ceux qui sont poursuivi au Gabon… triste…

  6. Gaboma du Gabon dit :

    Sortons du folklore, le seul lieu ou ce monsieur doit s’expliquer c’est devant un tribunal. C’est tout. Rien ne sert de faire des déclarations à l’emporte pièce dans la presse. Qu’il ait été riche avant de devenir P-DG de la poste SA, rien a fouttre, il ne nourrit personne. Il est responsable de la faillite de son entreprise, il vient devant les tribunaux, c’est là bas qu’il peut citer qui il veut, c’est comme ça que ça se passe. S’il fuit, c’est qu’il reconnait sa responsabilité et qu’il ne veut pas assumer. Penser au nombreux épargnants qui n’ont plus acces à leur argent. C’est grave

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