L’appel au dialogue lancé par le chef de l’Etat restera sans doute lettre morte. Il est perçu par le camp de Jean Ping qui l’a décliné comme une tentative de faire l’impasse sur sa défaite à la dernière présidentielle.

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping, le 21 septembre 2016 à Libreville. © Gabonreview

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping, le 21 septembre 2016 à Libreville. © Gabonreview

 

Alors que le contentieux électoral est toujours examiné par la Cour constitutionnelle, le camp de Jean Ping a exprimé son étonnement face à l’empressement du vainqueur contesté de cette élection à aller au dialogue. Pour le président de la commission communication de l’équipe du candidat de l’opposition, il s’agit, en réalité, d’«une manœuvre désespérée» visant à faire oublier à la communauté internationale qu’Ali Bongo «a instrumentalisé les forces de sécurité et de défense, pour assassiner des Gabonais aux mains nues». Pour Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, bien que faisant cet appel, «monsieur Ali Bongo ne fera pas oublier au peuple gabonais et à la communauté internationale que c’est la Garde républicaine qui a donné l’assaut au QG de monsieur Jean Ping et tué de nombreux gabonais».

Derrière ce qui est qualifié de curieux appel au dialogue, le camp de Jean Ping croit également avoir décelé la volonté d’Ali Bongo de «signifier au peuple gabonais et à la communauté internationale son intention d’interrompre le processus électoral ou de forcer la décision de la Cour constitutionnelle». Sinon, comment comprendre une telle initiative, et davantage une telle confusion entre le chef de l’Etat et le candidat à la présidentielle ? Dans le camp de l’ancien président de la commission de l’Union africaine, l’on accuse à nouveau les institutions républicaines d’être plus que jamais soumises à la seule ambition de celui qui a toujours craint l’idée d’un dialogue tout au long de son mandat.

S’il a présenté Jean Ping comme «une personnalité rompue au dialogue et convaincue de sa pertinence», Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a justifié le refus du candidat de l’opposition à prendre part à celui sollicité par Ali Bongo par le fait que, depuis 2010, le président de la République «a toujours opposé une fin de non-recevoir» à tous les appels au dialogue national inclusif et sans tabou demandés lui ayant été adressés. Pour l’heure, disant ne pas trouver de légitimité à Ali Bongo pour réconcilier les Gabonais, l’opposition a réaffirmé sa volonté de voir la crise trouver une solution, soit par la reconnaissance de la victoire de Jean Ping, soit par «le recomptage des voix en présence d’une expertise internationale, au sein d’une commission paritaire, afin de lever toute équivoque sur les résultats définitifs» du scrutin. Ce à quoi les autorités gabonaises semblent ne pas souhaiter se soumettre, en dépit des appels de l’Union européenne, des Etats-Unis et de la France.

 

 
 

14 Commentaires

  1. messowomekewo dit :

    Il faut que la communauté internationale nous aide pour chasser cet imposteur d’ali bongo du pouvoir ,tout simplement en reconnaissant la victoire de Jean Ping.Il faut que ces grandes puissances se déterminent,sinon,il ne sert à rien de faire quelle élection au gabon tant,l’issue sera connue d’avance, avec ce faussaire on ne pas s’attendre à une élection honnête dans le pays.Il est prêt à massacrer tous les gabonais pour rester au pouvoir.

  2. SEMA dit :

    Quand la raison et la vérité sont de ton côté c’est comme ça qu’on parle;on ne veut pas de distractions,sinon voir les choses telles quelles sont:on compte en présence de tous et devant témoins.

  3. Samuel dit :

    BONGO ALI BOA à perdu les élections. L’UE,L’UA,la CENAP, la Cour de et tous les observateurs sérieux le savent. La Cour travaille sur la base des PV déjà falsifiés par la CENAP. Il revient au peuple gabonais qui a dit NON à BOA de ne pas avoir peur des armes et de prendre ses responsabilités car LE POUVOIR APPARTIENT AU PEUPLE SOUVERAIN

    • BIGBILY dit :

      Vous poussez les pauvres types à prendre des armes pour mourir pendant les Ping et compagnie mettent leurs familles en sécurité à Abidjan et en France,de qui se moque t-on ?

      • Citoyen Nynois dit :

        BIGBILY… tu n’ignores pas que Billy bi Nze a mis sa famille ne France, que M. Izozet à mis sa famille au Etats-Unis… et bien d’autre encore… donc

        c’est pas grave… le peuple c’est toi et moi… et plein d’autres… qui somme ici… à lutter

        LIBERONS NOTRE LIBERTE…

  4. Joe dit :

    En effet, qui convoque cet appel au dialogue, Le Président ou Le Candidat? N’importe quoi; stop s’il vous plait aux humiliations internationales en rapport avec le taux de participation à 99%(Ridicule),on veut juste le verdict de la vérité des urnes pour la continuation de l’histoire du Gabon.

  5. Adis faye dit :

    Le démocrate respectueux des lois de la république veux dialoguer. Ya que Dieu qui connaît la fin de tout ceci.

  6. Adis faye dit :

    Ok je vois. merci gabonreview

  7. Koek lun dit :

    Je vois pas la crise pour quoi c est si difficiles de recompter les prices verbalized de HO. Il faut recompter les voix c est tout .et il y aura la paix

  8. Jean Gaspard Ntoutoume Ayi dit :

    Présidentielle 2016 – Comité de campagne de Jean Ping
    Communiqué de presse
    Libreville, le 21 septembre 2016

    Mesdames et Messieurs les Journalistes,

    Nous sommes à 48h des délais constitutionnels de la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle. Les oreilles et les yeux des gabonais, ainsi que ceux de la communauté internationale, attendent la décision que prendra la haute cour. Une décision qui devra être impartiale pour refléter la réalité des urnes.

    Bien avant que cette décision soit annoncée, l’actualité nous invite à rappeler à l’endroit de tous, le fil des évènements qui se sont produits depuis le 27 août 2016, et dont les conséquences ne peuvent et ne doivent être niées ou dénaturées.

    Dès l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle, des émeutes spontanées se sont produites, sur l’ensemble du territoire national, pour contester ce qui apparaissait comme une nouvelle tentative de passage en force. Ces émeutes ont conduit à des dégâts matériels importants. Le pouvoir, qui s’était manifestement préparé à réprimer toute forme d’opposition à ce nouveau déni de démocratie, a fait intervenir toutes les catégories de force de sécurité et de défense dont dispose le pays et en première ligne, la Garde républicaine.
    Des dizaines de Gabonais ont été tués par ces forces, sur les instructions du Pouvoir. Le Ministre de l’Intérieur a déclaré près d’un millier de personnes arrêtées, de nombreux blessés et disparus n’ont toujours pas été exactement dénombrés à ce jour.

    Depuis ces évènements, les télécommunications gabonaises sont illégalement placées sous le contrôle du pouvoir qui en limite l’accès, en violation flagrante de la Constitution et de la liberté d’expression. Les SMS ne fonctionnement plus, les réseaux sociaux non plus, et internet n’est désormais accessible que de 06h du matin à 18h.

    C’est le Gabon tel qu’il se présente aujourd’hui.

    * *

    Les Gabonais de la diaspora sont désormais, à travers le monde, les porte-voix d’un peuple privé d’expression. Nous savons que nombre d’entre eux subissent des pressions et sont victimes de filatures.

    A l’extérieur du Gabon, la diaspora est fortement mobilisée et attend aussi de la Cour constitutionnelle qu’elle dise le droit, rien que le droit. Elle est meurtrie, comme la plupart des Gabonais, par les drames survenus dans le pays, à cause de l’obstination aveugle d’un homme à demeurer au pouvoir en usant de la force doublée d’espièglerie.

    C’est le lieu de rendre hommage à nos compatriotes de l’extérieur, et de leur dire toute la reconnaissance de la Nation pour leurs actions en faveur de la libération de notre pays. Que leur mobilisation ne faiblisse pas.

    * *

    Pourtant, dès le lendemain du scrutin, la Mission d’Observation de l’Union Européenne, qui a conclu un Accord avec le Gouvernement Gabonais et la Cénap, a publié les conclusions préliminaires de sa mission. Dans celles-ci, la Mission d’Observation invitait déjà la Cénap à poursuivre les opérations de centralisation des résultats dans la transparence, en y associant les résultats, bureau de vote par bureau de vote, de chacune des localités.
    Dès l’annonce des résultats provisoires par le Ministre de l’Intérieur, la Communauté internationale, notamment la Mission d’Observation de l’Union Européenne, le Secrétaire Général des Nations-Unis, l’Union Africaine, la France et les États-Unis, ainsi que les confessions religieuses, notamment le Pape et les Évêques du Gabon, ont demandé aux institutions en charge de la gestion du processus électoral de privilégier la vérité des urnes, et de procéder au recensement des suffrages bureau de vote par bureau de vote, sur la base des procès-verbaux détenus par toutes les parties.

    * *

    Mesdames et Messieurs les Journalistes,

    La proclamation des résultats de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle interviendra au moment où plusieurs familles gabonaises sont endeuillées, suite aux macabres événements du 31 Août dernier. Aujourd’hui, bien malin sera celui qui pourrait dire combien de Gabonais ont été assassinés ce 31 Août 2016, et quel est le nombre des disparus. Le Gouvernement, dont c’est la mission, semble n’accorder que très peu d’intérêt à ce drame que vit notre pays. Pourtant, on dénombre des dizaines de compatriotes tués par balles réelles ou kidnappés et entraînés vers des destinations inconnues. D’autres font l’objet de poursuites judiciaires et sont emprisonnés sans aucune forme de procès.

    C’est dans un tel contexte que la Cour constitutionnelle s’apprête à se prononcer définitivement sur le scrutin du 27 Août.

    * *

    En déposant un recours le jeudi 9 Septembre 2016 dernier, Jean Ping souhaitait que la clarté soit faite notamment sur la province du Haut-Ogooué.

    Aujourd’hui, nous sommes en mesure de livrer à l’opinion nationale et internationale les résultats réels, ceux issus des urnes dans cette province. Ces résultats de la province du Haut-Ogooué, que détient également la Cénap, montrent que Jean Ping totalise 5.703 voix, soit 10,19% contre 49.892 voix, soit 89,17% pour Ali Bongo. Le taux de participation annoncé de 99,93% est en réalité de 81,67%.

    Il ressort de ces résultats du Haut-Ogooué que Jean Ping totalise, au niveau national, 174.760 voix, soit 51,17% contre 159.550 voix, soit 46,71% pour Ali Bongo. Ce sont ces résultats qui, en principe, doivent être proclamés par la Cour constitutionnelle.

    Le Gouvernement Gabonais s’est engagé, dans l’accord-cadre conclu avec l’Union Européenne, à permettre à celle-ci de poursuivre sa mission d’observation jusqu’au terme du processus électoral.

    Nous avons proposé, comme la communauté internationale, que le recomptage des voix soit effectué en présence d’une expertise internationale, au sein d’une commission paritaire, afin de lever toute équivoque sur les résultats définitifs.

    Nous n’avons toujours pas été entendus à ce jour. Nous nous en inquiétons.

    * *

    Depuis 2010, plusieurs forces politiques gabonaises, partis, personnalités, et la société civile, n’ont de cesse d’appeler à un dialogue national inclusif et sans tabou. Monsieur Ali Bongo y a toujours opposé une fin de non-recevoir.

    À notre grande surprise, au moment où le contentieux de l’élection présidentielle se trouve devant la Cour Constitutionnelle, une déclaration invitant les candidats à l’élection présidentielle à une rencontre a été faite, le 20 septembre 2016 au soir, par voie de presse.

    Nous ne nous attarderons pas sur le fait que nul ne sait dire qui du porte-parole du Gouvernement, ou de celui du candidat Ali Bongo a été le porteur de cette déclaration.

    Nous ne nous attarderons pas non plus sur la vaine tentative d’imputer à Monsieur Jean Ping la responsabilité de violences, dont nul n’ignore qu’elles sont le fait du non-respect de l’expression du suffrage des Gabonais.

    Le pouvoir, à travers cette manœuvre désespérée, ne fera pas oublier qu’il a instrumentalisé les forces sécurité et de défense, pour assassiner des Gabonais aux mains nues. C’est le lieu pour nous de saluer la conscience patriotique des nombreux officiers et hommes de rang qui ont fait le choix du peuple en cette circonstance.

    Monsieur Ali Bongo ne fera pas oublier au peuple Gabonais et à la communauté internationale que c’est la Garde républicaine qui a donné l’assaut au QG de Monsieur Jean Ping et tué de nombreux Gabonais.

    Si Monsieur Ali Bongo voulait signifier au peuple Gabonais et à la communauté internationale son intention d’interrompre le processus électoral ou de forcer la décision de la Cour constitutionnelle, il ne s’y prendrait pas autrement.

    Il semble que désormais, la confusion entre le Chef de l’État et le candidat à l’élection présidentielle s’est définitivement installée et que les institutions de la République sont notoirement au service de son ambition de passage en force.

    * *

    Monsieur Jean Ping, dans ses fonctions antérieures, notamment à la tête de la Commission de l’Union Africaine, est une personnalité rompue au dialogue et convaincue de sa pertinence. C’est donc dire à quel point l’idée de dialogue ne lui est guère étrangère.

    Au demeurant, comment envisager une telle rencontre alors que la vérité des urnes n’est pas rétablie et que le pays n’a pas à sa tête une autorité politique disposant de la légitimité politique pour réconcilier les Gabonais ? Oui, viendra le moment de la réconciliation qui passera par le dialogue entre toutes les filles et tous les fils de ce pays.

    Dans la situation actuelle, consécutive à un scrutin dont les résultats annoncés par le ministre de l’Intérieur ont manifestement été falsifiés, avec le cortège d’assassinats perpétrés par le pouvoir et avec les moyens de l’État, le Peuple gabonais attend :

    1- Que la vérité des urnes soit rétablie par la Cour constitutionnelle à travers le recomptage des suffrages dans la province du Haute-Ogooué, bureau de vote par bureau de vote, sur la base des procès-verbaux détenus par les parties et clairement authentifiés et confrontés, en présence des experts internationaux ;

    2 – L’arrêt de toutes les poursuites judiciaires, des arrestations arbitraires et la libération sans conditions des prisonniers d’opinion ;

    3 – L’ouverture d’une enquête internationale sous l’égide des Nations-Unies, pour faire toute la lumière sur les nombreux morts et disparus enregistrés depuis le 31 août 2016.

    Je vous remercie.

    Fait à Libreville, le 21 septembre 2016
    Le Président de la Commission Communication
    Jean Gaspard Ntoutoume Ayi

  9. azanhouan dit :

    je crains pour l’avenir des <> de la cour constitutionnelle et de leurs progénitures au cas ou un jour ABO serait détrôné car rien n’est éternel sur cette terre hahahahahahaah

  10. ali hassan dit :

    les Gabonaises et Gabonais, je viens par le biais de ce commentaire vous dire que Ali Bongo n’est pas Oumar Bongo,car Oumar bongo avait laissé les ressources(pétrole, bois etc…) du Gabon aux mains des Français,ceux dernier ont pillés vos richesses pendant presque une demi siècle au détriment de son pouvoir. Alors quant à moi Ali bongo n’a pas la mème vision que son père,ce qui fait que aujourd’hui délaisser par la France,donc Ali bongo vous fera mieux qu’a Jean Ping qui est ami des français.
    Par ailleurs la France ne vise que ses intérêts,elle n’aime pas le Gabon et ni vous les Gabonais(es),si vous vous laissez emporter par les mensonges des hommes politiques,vous allez encore être à retards des décennies des années.
    Mrci pour votre bonne compréhension
    vous aviez été

  11. God B. dit :

    Peuple Gabonnais,rejouis-toi carl’heure de ta délivrance a sonné à l’image du peuple d’Israël devant la mer rouge,MOise répondit au peuple:《Ne craignez rien restez en place Pet regardez la délivrance que l’Éternel va vous accorder en ce jour, car les Egyptiens que vous voyez aujourd’hui, vous ne les verrez plus jamais.L’Éternel combattra pour vous;et vous gardez le silence.Peuple Gabonnais tu n’as aucune arme pour vaincre ces francs-maçon et rosicruciens seul l’Éternel des armées est capable de te sortir de cet esclavage que t’a soumis le pouvoir.

  12. ETALORS dit :

    le triomphalisme est une bêtise. pourquoi regardez vous vos ventre à travers votre miroir (PIG/PING)?

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