Rédigé par l’économiste Felwine Sarr et l’historienne de l’art Bénédicte Savoy, le rapport sur les restitutions du patrimoine culturel africain est fin prêt. Le document sera déposé le 23 novembre à l’Elysée, à l’intention du président Emmanuel Macron.

Selon les experts, 85 % à 90 % du patrimoine africain serait aujourd’hui hors de son continent d’origine. © D.R.

 

Le rapport sur les restitutions des biens culturels à l’Afrique est prêt. Commandé par le président français, le document a été rédigé par l’économiste Felwine Sarr et l’historienne de l’art Bénédicte Savoy. Il sera remis à l’Elysée le 23 novembre, puis publié par l’éditeur Philippe Rey en partenariat avec le Seuil, le 27 novembre prochain.

Selon le magazine français Le Point qui a dévoilé en exclusivité les principales conclusions du document, celui-ci «raconte les spoliations à travers l’histoire mondiale, évalue la part de la France, dresse un premier inventaire des œuvres spoliées, fait le récit des tentatives des pays africains pour se réapproprier leur patrimoine, analyse les questions juridiques qui se posent et énonce un certain nombre de recommandations pratiques pour la mise en œuvre des restitutions».

Le rapport Savoy-Sarr explore et défend la voie vers des restitutions pérennes, alors que la lettre de mission du président Emmanuel Macron aux universitaires prescrivait les «restitutions définitives». En effet, les deux universitaires Sénégalais et Français considèrent que l’expression «restitutions temporaires» prend le sens de «solution transitoire le temps que soient trouvés des dispositifs juridiques permettant le retour définitif et sans condition d’objets du patrimoine sur le continent africain». Selon eux, le processus de restitutions doit être progressif en fonction de l’état de préparation des pays africains.

S’agissant de la restitution à proprement parler, le rapport conseille que soit rendus les objets saisis dans certains contextes militaires avant 1899 (première convention de La Haye codifiant le droit de la guerre), les objets collectés lors de missions scientifiques (sauf témoignages prouvant le consentement des propriétaires), les objets donnés aux musées français par des agents de l’administration coloniale ou leurs descendants (sauf si le consentement du vendeur peut être attesté), les objets acquis après 1960 dans des conditions de trafic illicite.

Sont exclus de cette restitution, les œuvres acquises à «la suite d’une transaction fondée sur un consentement à la fois libre, équitable et documenté» et celles acquises «avec la vigilance nécessaire sur le marché de l’art après l’entrée en vigueur de la convention Unesco 1970». Cependant pour éviter que certaines collections françaises ne se retrouvent totalement vidées, Felwine Sarr et Bénédicte Savoy proposent la confection de «doubles». Selon les experts, 85 % à 90 % du patrimoine africain serait aujourd’hui hors de son continent d’origine.

 
 

1 Commentaire

  1. Ikobey dit :

    Encore une fausse bonne idée.
    Comment se fera la conservation de ces oeuvres ? Il y a quelques mois, la climatisation du musée de LBV a été entièrement dérobée ! au mieux ces oeuvres finiront dans des collections privées, au pire elles disparaitront par les outrages temps. De plus, là où elles sont actuellement elles participent plus à la diffusion de la culture africaine que si elles étaient éparpillés dans les pays africains.

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