François Conradie, directeur de la recherche au NKC African Economics, a publié sur le média d’affaires CNBC Africa un article sur le Gabon. Propriété d’Africa Business News basé à Johannesburg, le groupe CNBC dispose de plusieurs télévisions satellitaires. Il cible les décideurs, les PDG, les décideurs politiques et les entrepreneurs à travers le continent africain. Ci-après l’intégralité de l’article, sans correction sur les approximations, notamment liées aux noms des institutions et aux fonctions des acteurs cités.

Campagne électorale anticipée de 2009. © lemonde.fr

 

Alors que le Président Ali Bongo reste au secret, il y a des signes que les plus hautes personnalités de son parti, le Parti démocratique gabonais (PDG), se préparent à révéler la gravité de sa condition, puis à déclencher le processus qui mènera à une nouvelle élection présidentielle.

Bongo n’a pas été vu depuis qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral le 24 octobre lors d’une visite en Arabie saoudite. Les tout premiers rapports des porte-paroles du gouvernement ont été que le président avait besoin de repos, bien que les rumeurs d’un accident vasculaire cérébral aient rapidement atteint les médias internationaux.

Le 11 novembre, Ike Ngouoni, porte-parole du gouvernement, a parlé de “saignement” mais a tenté de rassurer les Gabonais sur le fait que le président “continue à exercer ses fonctions“. Le mardi 27 novembre, son épouse a confirmé qu’il continuerait son traitement au Maroc ; lui et le roi Mohammed VI sont des amis d’enfance.

L’article 13 de la Constitution de 1991 dispose qu’en cas d’ “empêchement définitif” à l’exercice des fonctions du président élu, tel que déterminé par le Conseil constitutionnel, une nouvelle élection doit avoir lieu dans les 45 jours qui suivent la date à laquelle l’obstacle définitif a été décidé. Il s’agit d’une courte période de temps et, étant donné la nature très centralisée du pouvoir au Gabon sous M. Bongo et son défunt père Omar, il n’y a pas de successeur évident au président.

Nous pensons que les figures clés du PDG, y compris la famille Bongo, veulent être certains de l’identité du candidat du parti à cette élection avant de laisser le Conseil constitutionnel faire la déclaration qui déclenchera le processus électoral. (Marie-Madeleine Mborantsuo, qui préside le Conseil depuis 1991, a eu une longue relation romantique avec Omar Bongo et est proche d’Ali Bongo.)

Le Conseil a déjà fait une déclaration constitutionnelle d’une certaine importance, qui permet au vice-président Pierre-Claver Maganga Moussavou de présider une réunion du cabinet (qui a eu lieu pour la première fois le 16 novembre).

Le samedi 24 novembre, la Haute Autorité de la Communication (HAC), qui réglemente la radiodiffusion, a annoncé que l’Union nationale (UN), un parti de l’opposition, avait été interdite d’accès aux médias publics pendant trois mois en raison de l’incapacité des dirigeants de l’UN d’expliquer ce qu’ils entendaient par “mensonge“, parlant de la communication du gouvernement  au sujet de l’état de santé de M. Bongo.

Entre-temps, l’Union africaine (UA) envisagerait d’envoyer une mission d’observation au Gabon et l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) se montre de plus en plus combative dans un conflit syndical qui l’oppose à Total Gabon.

L’Etat n’a rien communiqué sur la santé de M. Bongo depuis le 8 novembre – pas même quelque chose comme les apparitions vidéo méticuleusement mises en scène par lesquelles le pouvoir algérien rassure ses citoyens sur la santé de l’Etat du Président Abdelaziz Bouteflika.

Nous pensons que l’état de santé de M. Bongo est extrêmement grave et qu’il ne joue plus aucun rôle dans la gouvernance du Gabon. Si le PDG parvient à se mettre d’accord sur un remplacant largement acceptable, nous pensons que l’empêchement définitif sera bientôt déclaré et qu’une période préélectorale extrêmement fluide et imprévisible commencera, au cours de laquelle le PDG sera favorisé par le musellement médiatique imposé à l’Union nationale.

Mais tant que ce consensus ne sera pas trouvé (et les négociations pourraient durer un certain temps), l’embargo actuel sur l’information s’appliquera, tandis que la stabilité au Gabon évoluera lentement à la baisse.

L’article original est disponible ICI.

 

 

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20 Commentaires

  1. Ikobey dit :

    Ayons confiance! Ali n’a jamais trahi les Gabonais, il a toujours jouer franc jeu !
    Le 31 décembre, il fera son discours à la nation.
    Il a le droit d’être malade, arrêtons toutes ces spéculations morbides !

    • SERGE MAKAYA dit :

      Ikobey, il faut que tu te soignes. Tu souffres du “BONGOISME”. C’est une maladie quasiment INCURABLE. FAIS UN PÈLERINAGE A SAN DAMIANO (en Italie)ET TU AURAS LA GUÉRISON CONTRE CE MAL DU BONGOISME…

      A NTARE NZAME !!!

  2. SERGE MAKAYA dit :

    Avec Jean Ping, Président élu en 2016, pourquoi ENCORE dépenser de l’argent pour de nouvelles élections ? AIMEZ JEAN PING POUR 4 ANS ET QUELQUES MOIS. ET IL SE RETIRERA…VU LA NOUVELLE CONSTITUTION QUE NOUS METTRONS EN PLACE…

    https://youtu.be/mCHWjXP-ueg

  3. SERGE MAKAYA dit :

    SERGE MAKAYA EST PRES DE CE MONSIEUR QUI NOUS A QUITTE… https://youtu.be/h9-OzSzCDWo

  4. SERGE MAKAYA dit :

    Une élection présidentielle anticipée au Gabon ? Pourquoi faire, quand il y a un contentieux à régler, celui de 2016. JEAN PING, PRÉSIDENT DU GABON… C’EST LUI QUI VA VOUS OUVRIR LA VRAI VOIE DE LA DÉMOCRATIE… MERCI A VOUS TOUS POUR VOTRE SOUTIEN AU PEUPLE GABONAIS!!!

    • TARA dit :

      il n’ y a pas de démocratie en Chine c’est au gabon il y’aura démocratie.

      Pourquoi la Chine? la pensée unique pronée renvoie à son identité dès qu ‘on pense différamment de lui on est contre lui. Cherchez bien la Chine mon cher

  5. SERGE MAKAYA dit :

    EN SOUVENIR DE BOA..? JE VOIS TOUJOURS LE DIABLE.. UN VRAI DÉMON QUI A FAIT DU MAL AU GABON… COMME SON PÈRE NOURRICIER (OBO)… RIEN DE BON AVEC CETTE FAMILLE… VIVE JEAN PING, NOTRE PRÉSIDENT ÉLU EN 2016. VIVE LE GABON LIBRE…

  6. Hubert Tanguy dit :

    La rédaction de GR n’est pas plus informée que lui, les autres et moi. Ce que vous prenez dans un media pour nous faire réagir est souvent déjà lu par vos lecteurs. Cela dérange. Allez plutôt chercher l’information. Ce que vous publiez ou ce que publie ce média n’est autre qu’une redite. Faites un article sur la GR dont le centre de tir installé dans l’ex cité de la démocratie doit être délocalisé. Nos enfants souffrent et seront des mal entendant. Ailleurs on jamais vu un centre de tir en ville, même s’il est dans un domaine privé. Auquel cas chacun pourra faire des tir de visé au calibre 12 derrière sa maison. Ces exercices de tir, c’est pour sur qui

  7. Si le Gabon appartient au PDG , à la famille Bongo et à Mbourantso, c’est ce que nous attendons de voir. Celui qui sera choisi par le PDG pour accéder au pouvoir, connaîtra le même sort que Ali Bongo.Le Gabon n’pas fini d’être un pays ingouvernable.

  8. Dans la mesure où le vote populaire n’est pas pris en compte au Gabon,
    à quoi bon organiser une élection présidentielle anticipée ? Laissons à Mborantso le soins de désigner comme Président la République, la personne qu’elle jugera capable de défendre les intérêts du clan Bongo et d’assurer sa protection. On n’a pas fini de parler de FATIGUE SÉVÈRE au Gabon.

    • Bill Ngana dit :

      @ Votre questionnement reste valable si l’on part du principe qu’il n’y a pas de constitution au Gabon. Mais, là, en 2019, tout le MONDE ENTIER va être regardant sur ce que dit ce texte, aussi bancal soit-il. Jusqu’ici, on laissait la liberté à quelques individus de s’occuper de la substance de cette loi fondamentale. Et les tricheurs patentés de s’en donner à cœur joie. Mais, après la mort de cet autre Bongo sur le fauteuil présidentiel gabonais, Mborantsuo et tous les siens doivent comprendre que, comme avec Saül, Dieu s’est détourné des Bongo et du PDG, auxquels il a confié un pays admirable, mais qu’ils ont foutu en l’air sans regrets, sans aucun repentir, sans aucune demande de pardon ni à L’Eternel, ni à ses enfants dont il leur a confié la gestion. En un mot, ils ont choisi d’autres voies que les voies de la Vérité, de la Justice et de l’Amour. Mborantsuo, qui est certainement une chrétienne patentée (on l’a déjà vue avec des évêques d’Afrique centrale), devrait se rendre à l’évidence et laisser Dieu poursuivre son œuvre… C’est pourquoi je crois fermement, cher Adolf Mosséssé, qu’il peut y avoir un espoir cette fois-ci, de voir les suffrages des Gabonais respectés. De solides espoirs, d’ailleurs…

  9. espoir dit :

    Merci a l’auteur de cet article qui nous eclaire encore ce qu’on sait deja.Le PDG ne veut pas admettre que son regne est entrain de prendre fin et quil faut laisser la place a un opposant.3M peut tout faire pour essayer de changer ca mais elle n’arrivera pas parceque Le Tout puisant est desormais aux commandes du peuple.

  10. espoir dit :

    Makaya libere nous la.ligne avec tes commentaires debiles ou cree ton site avec lequel tu pourras faire de la popol.tu deviens trop agacant.

  11. Mimbo dit :

    Les tirs de la GR à une fréquence rapprochée sont destinés à intimider les populations,qui seront tenté par l’idée d’un soulèvement populaire.On l’a connu à la fin des années80 et début des années90.

  12. Bill Ngana dit :

    Peut-être finirai-je par comprendre tardivement où est le rapport entre le sujet soumis à notre attention ce matin par Gabonreview (GR) et les fameux tirs de la Garde Républicaine (GR) sur le site de l’ancienne cité de la démocratie… C’est vrai, leur écho perturbe déjà la gracieuse petite quiétude qui nous permettait de gambader allègrement à travers les articles de GR.

  13. Félix AYENET dit :

    Toutes ces spéculations ne nous avancent nulle part. accordons du temps au temps.

  14. corto dit :

    quel crédit accordé à ce genre d’analyse quand on voit qu’à la fin il parle de Bouteflika, ça veut dire qu’il mélange tout. C’est de l’analyse de comptoir

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