Dans la suite de l’examen du contentieux électoral des législatives des 6 et 27 octobre, la Cour constitutionnelle a rendu son verdict le 13 décembre. Celui-ci est marqué par l’annulation du scrutin à Mouila, dans la Boumi-Luoetsi, dans l’Okano, ainsi que dans la Zadie.

(Image d’archive). Un certain nombre de candidats dont l’élection était en contentieux, sont surs de porter, dans quelques temps, l’écharpe et l’écusson de représentant du peuple au palais Léon Mba. © D.R.

 

La Cour constitutionnelle s’est prononcée le 13 décembre sur le contentieux électoral issu des élections législatives du 6 et 27 octobre dernier. Les décisions de la Haute juridiction présidée par Marie-Madeleine Mbourantsuo ont  entrainé l’annulation du scrutin à Mouila, dans la Boumi-Luoetsi, dans l’Okano, ainsi que dans la Zadie.

Dans le 1er arrondissement de Mouila, la victoire de Jean-Norbert Diramba des Démocrates a été invalidée, suite à la requête de son adversaire, Léon Nzouba du Parti démocratique gabonais (PDG). Les juges constitutionnels ont fondé leur décision sur les cas de «corruption avérés caractérisés par la distribution de fortes sommes d’argent aux électeurs», relevés par Léon Nzouba dans sa requête et dont aurait été à l’origine son adversaire déclaré vainqueur. Ces pratiques  ayant altéré de façon significative le scrutin, sont, selon les juges constitutionnels, un motif d’annulation du scrutin, conformément à la législation en vigueur en matière électorale.

Ayant pris connaissance de la décision, Jean-Norbert Diramba dit s’incliner, d’autant plus que, selon ce dernier, les verdicts de la Cour constitutionnelle sont sans appels. En revanche, Léon Nzouba s’est dit «satisfait. Car c’est la démocratie qui a triomphé». Le candidat du PDG, pourtant déclaré battu, en dépit des moyens colossaux dont il disposait, a promis se préparer en conséquence  pour retourner aux urnes. Un scrutin au cours duquel Léon Nzouba entend se «battre corps et âme pour décrocher la victoire». Car, il «n’entend pas laisser la ville de Mouila dans les mains de l’opposition».

Dans l’Ogooué-Ivindo, plus précisément dans le département de la Boumi-Luoetsi, la Cour constitutionnelle motive l’annulation du scrutin par le fait que sept cent électeurs sur  les 2326 inscrits, n’ont pas voté au bureau de Makongonio I, tel que formulé par Armand Alex Makuka dans sa requête. Un état de faits qui, selon les juges constitutionnels, «a significativement  altéré le scrutin».

Au département de l’Okano dans le Woleu-Ntem, la victoire de Corvain Ondo Zogo a été également invalidée suite aux requêtes de son adversaire du PDG, Habib Junior Emane Angor. Une décision motivée par le fait que Corvain Ondo Zogo n’était pas inscrit sur la liste électorale de la circonscription où il est candidat. S’étant fait enrôler à plusieurs endroits différents, les juges constitutionnels ont retenu, en application dispositions légales en matière électorale, le premier lieu de son enrôlement qui correspondait à la localité où il a été élu au sortir au second tour des législatives.

Dans le département de la Zadie, l’annulation des résultats du bureau de vote de Zoula, suite à la requête candidat de l’Union nationale, Jean-Paul Méthode  Imbong Fadi, a entrainé la perte de la majorité des suffrages exprimés par Maxime Ngozo Issongue.

Au titre des confirmations de résultats, Gabriel Mouele Malonga a vu sa victoire  validée  au 1er siège de Libreville. Il en est de même pour Albert Ndong Obiang au 1er siège du Woleu, ainsi que de Julien Nkoghe Bekale au 1er arrondissement de Ntoum.

Porte-étendards des Démocrates, Jonathan Ignoumba et Philipe Nzengue Mayila ont  vu également leurs victoires confirmées, respectivement sur le siège unique de Mongo et dans la Louetsi-Bibaka. Fidèle Manomba (Douya-Onoye), David Labaye, (Tsamba-Mangotsi), Eli Colin Akoue (2e siège du Ntem) et Raphael Ngazouzet (2e siège de la Lopé), sont surs de porter, dans quelques jours, l’écharpe de représentant du peuple au palais Léon Mba. Leurs victoires prononcées par le Centre gabonais des élections (CGE) ont été confirmées par la Cour constitutionnelle, en dépit de quelques réajustements.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga

 
 

2 Commentaires

  1. Nze thomas dit :

    Nzouba sera battu une nouvelles fois à Mouila car la raison fallacieuse de l’annulation du scrutin est la distribution des fortes somme d’argent. Cette pratique est celle du PDG. Tous les sièges où le PDG est sorti vainqueur devraient donc être annulés, car la distribution des fortes sommes d’argent, l’achat des consciences et le transport d’électeurs étaient le sport favori des Pdegistes. Ce sont ces pratiques qui ont fait perdre Chambrier et plusieurs autres candidats. Pour des élections équitables, il faut à l’avenir plafonner les dépenses pour toutes les élections: présidentielle, législative et local.

  2. Lafayette dit :

    Excellente proposition ! On doit plafonner les dépenses de campagne, afin qu’il y ait équité. Les PDGistes comptent toujours sur les caisses de l’Etat pour corrompre les populations, car elles vivent dans une précarité indicible.

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