La deuxième partie de l’affaire de crime rituel, notamment celle concernant le sénateur Gabriel Eyéghé Ekomie, qui a fait grand bruit durant les assises de la Cour criminelle spéciale à Libreville au mois de juin dernier, n’a pas toujours d’épilogue. La commission ad hoc du Sénat qui devait étudier le dossier pour ensuite affirmer ou non la levée de l’immunité parlementaire de cet homme politique du Komo-Kango n’a pas voulu se prononcer ouvertement.

Le APlais du sénat, largement entaché par son refus de trancher dans l'affaire Ekomi Eyéghé - © D.R.

Pourtant fixée à la fin du mois d’octobre dernier, cette commission avait pour devoir, après enquête, auditions des parties concernées, lectures des preuves fournies, de donner un suite à cette affaire pendante depuis de longs mois. Rappelons en effet que le sénateur Gabriel Eyéghé Ekomie avait été cité, le 8 mai 2012 devant la Cour Criminelle Spéciale de Libreville, par Aristide Pambou Moussounda, condamné à perpétuité pour l’assassinat d’une fille de 12 ans. Lors de sa défense, il avait indiqué que son acte avait été commandité par le sénateur Gabriel Eyéghé Ekomie.

Depuis lors, pour rendre la justice dans toute sa latitude, le Sénat, dont le membre est couvert par l’immunité parlementaire, devait voir dans quelle mesure faire appliquer la loi en prononçant la levée de cette protection. Or, jusqu’ici, des réunions se sont succédé  et à chaque fois, le verdict est renvoyé à une autre date. Entre temps, les Gabonais qui ont bien assisté à la condamnation de l’infanticide commencent à douter de la volonté du Sénat à aider la justice à faire son travail.

Si non, se demande –t-on, qu’est-ce qui bloque le rendu des travaux de la commission ad hoc qui devait se prononcer au plus tard le 31 octobre dernier ? En même temps, on se demande pourquoi le sénateur ne peut pas démissionner s’il ne se reproche de rien ? Ici, on prend même exemple sur un ambassadeur de la République démocratique du Congo (RDC) en France,  pourtant couvert par son immunité diplomatique, qui avait de lui-même demandé sa levée pour répondre devant la justice.

Le lundi 29 octobre dernier, les membres de cette commission présidée par le sénateur René Radembino Coniquet, au terme de leur plénière, ont déclaré avoir transmis les conclusions de leurs travaux au bureau du sénat qui, lui, se chargera d’apprécier avant de fixer les Gabonais sur ce problème.

Du coup, les uns estiment que cette attitude du Sénat n’est pas seulement tributaire des raisons de justice. Pour eux, il y a bien des raisons extrajudiciaires qui entravent l’issue de cette affaire. D’où toutes ces questions qui fusent: «les sénateurs ont-ils, chacun en ce qui le concerne, des choses à cacher ? Ont-ils peur de livrer leur collègue ?»

Globalement, ce report sonne comme un de trop, ce qui fait dire aux personnes qui suivent ce dossier depuis le début que «la justice au Gabon n’agit que dans un sens unique. Notamment lorsqu’il s’agit des moins nantis». Il n’est simplement que question de transparence. Car les Gabonais interrogés sur la question auraient aimé voir le sénateur, tout comme d’autres personnalités de la République citées dans des affaires louches, répondre devant les tribunaux. In fine, la donne actuelle les laisse penser que la Gabon émergent que souhaite le président de la République, Ali Bongo Ondimba, est loin d’aboutir. Car, le développement du Gabon passe avant tout par une justice impartiale et applicable à tous les citoyens.

 
 

13 Commentaires

  1. Que voulez vous comprendre?Au pdg ils sont tous mécaniquement et bêtement solidaires même dans la bêtise et que ceux qui n’ont rien à se reprocher lui jette la première pierre.Et enfin s’il était de l’opposition on n’aurait pas réfléchi à deux fois cette immunité aurait été levée vite fait bien fait.

  2. moi makaya dit :

    qu’est ce qui peut bien bloquer dans cette affaire? bonne question. au fait la dernière fois qu’un haut responsable politique avait été cité dans une affaire de crime rituel remonte à quand? si c’est la première fois alors aucune chance. les gabonais sont devenus fatalistes malgré eux et non parce que c’est ancré dans nos gènes et je suis obligé de le dire: ON VA ENCORE FAIRE COMMENT…

  3. Franchement, vous vous attendiez à quoi? à la mise en pâture de ce dernier soyons sérieux. Arrêtons de jouer à la politique de l’autruche nul n’est sensé ignorer la classe sociale qui les commandite les crimes rituels dans notre pays.Tuez nous autant que vous le voudriez mais sachez une chose que les flammes de l’enfer vous attendent à bras ouverts.

  4. Alozack dit :

    L’homme ne vit seulement de pain!!!!

    Le Gabon, émergent ou pas, ne sera pas que la juxtaposition, l’addition et la réalisation des projets en fer et béton armé, il y a aussi le Mental des Gabonais qu’il faut soigner.

    Ceux qui prétendent être sortis de la Caverne de Platon et qui nous gouvernent doit montrer l’exemple en s’appuyant sur la Sagesse et la Vertu, pour la Beauté et l’Aisance du Peuple.

    Pour toute implication dans les actes de barbarie et/ou de sorcellerie, la procédure pénale doit être revue, de façon à ce que l’immunité parlementaire ou diplomatique ne soit pas un obstacle à la Justice.

  5. Pitié de nous dit :

    on ne vend pas un ami avec qui on a partagé nos secrets les plus intimes de peur qu’il nous trahisse aussi…allez comprendre!

  6. Geneviève Medouang dit :

    Bien dit Alozack,

    ici, il ne s’agit pas de rêver. Les choses sont claires. Faisons même un peu semblant. Comment le meurtrier est déjà bien condamné à perpétuité et la personne qu’il a nommément accusée n’est même pas passée à la barre pour faire juste semblant. C’est trop flagrant. On a l’impression que ceux qui dirigent prennent les moutons. Brefs, si les mentalités ne changent pas, l’émergence est forcément vouée à l’échec.

  7. Ndambo dit :

    Je suis d’accord avec Pitié de nous. Il n’y a rien à attendre de ces gens, ils ne se trahiront jamais, les enjeux sont trop importants.

  8. Quashquai dit :

    Vous vous attendiez à quoi? pendant des semaines ces sénateurs se sont réunis plusieurs fois pour nous montrer qu’ils travaillaient et qu’ils étaient capables de lever l’immunité à l’un de leur collègue.
    Mais que constate t-on?le bureau du SÉNAT refuse de lever l’immunité parce qu’ils savent que demain ça pourra être leur tour puisqu’ils sont tous tabac de la même pipe

  9. Fax1 dit :

    Cette situation décrit bien la solidarité franc maçonne.
    Quand vous êtes FM, vous pouvez faire n’importe quoi, vos “frères” vous sortiront de la difficulté.

  10. Le SENAGAL, grand pays de démocratie a mis un terme au SENAT, parce que un gouffre financier…

    Pour quoi un parlementaire ne pourrait -il pas être entendu, vu la gravité de l’affaire: il s’agit de l’assassinat d’une petite fille qui avait la vie devant elle.
    Pourquoi le SENAT refuse-t-il de léver l’huminité de monsieur EKOMI s’il ne se repproche de rien. Il est juste question d’être entendu par la justice, il n’est pas coupable…

    Et si ODJUKWU dissolvait le SENAT, comme au SENEGAL. On ne voit rien de concret sur le terrain, si ce D’être solidaire y compris dans le crime le plus vil ???

  11. ntchangogabon dit :

    ils attendent k les victimes ressucite………..oublié cette affaire

  12. scha dit :

    la honte ne tue pas, le Sénat nous en fait la parfaite démonstration avec cette affaire!

  13. ni lire ni écrire dit :

    Chacun des membres de cette commission est complice. C’est aussi simple que cela. Quand vous cachez un criminel en fuite, vous êtes coupables, non? Eh bien eux aussi. Ni plus ni moins que cela. Dans le doute, j’éviterai à l’avenir de serrer la main d’un sénateur. Elle est tachée du sang des innocents.

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