La société civile gabonaise mène des investigations pour faire la lumière sur le nombre de personnes tuées lors des émeutes survenues quelques heures après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 27 août 2016.

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Femme découvrant, à Port-Gentil, la dépouille mortuaire de son fils tombé durant la dernière émeute postélectorale. © Facebook

 

Selon les acteurs de la plateforme nationale de la société civile gabonaise, le pouvoir tait volontairement le nombre exact de morts de la crise postélectorale. Cette volonté manifeste passerait, selon eux, par l’usage des fosses communes, des chambres frigorifiques, et par l’héliportage des corps au-dessus de la mer en vue d’y être balancés, dans des zones supposées abriter des requins pour que les cadavres ne reviennent pas sur les plages.

«Nous entendons faire intervenir, au Gabon, Amnesty international à qui les autorités ont refusé de donner des visas. Si le pays refuse de délivrer le visa, refuse l’entrée de certains journalistes cela suppose que nos gouvernants ont des choses à cacher. Donc le nombre de morts qu’on nous donne est inférieur à la réalité», a déclaré le président du Réseau des organisations libres de la société civile du Gabon (ROLBG), Georges Mpaga, le 13 septembre 2016.

Ce travail d’investigation, débuté depuis deux semaines à Libreville, avec la collaboration de certaines institutions internationales, se déploiera également dans plusieurs autres capitales provinciales, entre autres Port-Gentil, Lambaréné, Oyem… L’objectif de cette quête est d’établir des faits irréfutables, afin que justice soit rendue à l’ensemble des victimes de la crise postélectorale et que les commanditaires en répondent devant les juridictions internationales. «Nous sommes en train d’établir une liste de disparus, de blessés et de détenus. Nous nous attelons à sortir les vrais chiffres sur le nombre de disparus. Nous préparons une lettre à la Cour pénale internationale, pour demander une intervention urgente, pour qu’elle vienne au Gabon parce que ces gens-là se sont permis de tirer sur les populations civiles».

Si l’évolution de leur initiative, en faveur de la vérité et de la dignité humaine n’est pas à négliger, la plus grosse partie reste conditionnée par l’accès à certains établissements de pompes funèbres du pays, interdits de visite aussi bien pour ces acteurs de la société civile, que pour les parents qui cherchent leurs proches. «Même si nous avons une estimation de morts, de victimes, je pense que nous ne pouvons pas nous précipiter aujourd’hui de publier des chiffres, tout simplement parce que le gros travail reste à faire au niveau des pompes funèbres. Nous savons que des corps ont été déposés, la nuit de l’assaut du QG de Jean Ping à l’infirmerie de la garde Républicaine et de là-bas, des cadavres ont été déplacés vers une maison de pompes funèbres», a déploré le secrétaire exécutif de l’ONG Brainforest, Marc Ona Essangui. Selon celui-ci, les membres de la société civile collectent actuellement des données : témoignages,  vidéos, photos, noms de disparus, pour avoir une bonne base de données qui permettra de donner le moment venu des chiffres précis. «Ce qui est sûr est que les chiffres avancés par le gouvernement sont insignifiants par rapport à la réalité. Le peuple gabonais est en danger. Les escadrons de la mort sont répandus dans la ville de Libreville», a-t-il affirmé.

 

 
 

6 Commentaires

  1. Faustino Nzue Ondo dit :

    Ali a choisi de finir comme Gbagbo ou Kadhaffi

  2. NGWA-MBOT dit :

    Pour faire suite à votre article, le site a vocation a répondre au besoin des familles gabonaises et à centraliser les informations.
    Merci d’en faire une large diffusion
    http://gabonwitness.com/
    https://twitter.com/gabonwitness

    Pou

  3. Porteur dit :

    Bonne continuation il est indispensable de savoir ce qui c’est réellement passé dans ces tueries pour que la CPI agisse enfin dans notre pays le Gabon.

  4. Un chef Traditionnel dit :

    et dire q’ALI est Grand Maitre de la GLG !!! As-il des notions de base de la maçonnerie ? Quel est ce niakouet qui a pu le parrainer ? Vraiment !!! c’est dommage mais ces autorités niakouets dégradent vraiment la maçonnerie. Écoutez , je suis un grand notable très nerveux

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