Alors que leur structure a été présentée comme l’un des symboles de la reprise effective des activités à travers le pays, les employés de la compagnie pétrolière craignent pour leur vie et celles de leurs proches.

Greve-petrole-Total Gabon

© Gabonreview/Shutterstock

 

Craignant pour leur sécurité, les employés de Total Gabon ont proposé à leur hiérarchie, le 7 septembre à Port-Gentil, «un arrêt concerté du travail dans un cadre légal, à compter de ce 9 septembre». Une démarche fondée sur la dernière Assemblée générale (AG) des employés de la société, tenue justement le 7 septembre dernier à Port-Gentil, au cours de laquelle ils ont dit craindre pour leur vie.

Si la direction générale assure que la sécurité est garantie, les salariés ont estimé que l’insécurité qu’ils dénoncent ne peut se résumer à «la seule sécurisation du parcours professionnel (déplacement entre la maison et le lieu du travail) et par l’absence apparente de troubles dans la ville». Ils craignent notamment d’éventuelles représailles qui pourraient découler des relations supposées ou réelles «de complicité» entre Total Gabon et les milieux du pouvoir. L’image de «privilégiés» et d’«indifférents» dont sont affabulés, à tort ou à raison, les employés de Total Gabon est également source de crainte.

«Nous cohabitons dans les quartiers avec le reste des populations qui observent, chaque matin, nos déplacement professionnels», ont indiqué les employés, relevant que des coups de feu ont été entendus dans la nuit du 7 au 8 septembre dernier. «Des effractions ont également été enregistrés dans les domiciles de certains de nos collègues, en poste sur site», ont-ils révélés. Pour eux, «l’ensemble de ces éléments peut donner lieu à des interprétations diverses, pouvant faire de nous, mais aussi de la société Total Gabon elle-même, des cibles potentielles pour les populations à court, moyen et long terme».

Par ailleurs, les salariés de Total Gabon sont convaincus que la situation est loin d’être revenue à la normale dans la cité pétrolière, contrairement aux affirmations des autorités locales. Ils en veulent pour preuve «le climat politique toujours tendu, la présence massive des forces de l’ordre et de défense dans les rues, les rumeurs de ville morte, les nombreux check-points ou encore les familles en détresse à la recherche de leurs parents». Ambiance, ambiance à Port-Gentil. Aux dernières nouvelles, les employés de Shell Gabon feraient les mêmes remarques et envisagent d’en dire un mot à la hiérarchie.

 

 
 

5 Commentaires

  1. Charles Auleley dit :

    Eh oui….ils tuent, puis le nient. Or, les victimes et tous les habitants qui ont subi de plein fouet les assauts meurtriers et les abus s’en rappellent et le signifient clairement à leurs employeurs. Qui ment?

    Après le récent échec sur le marché obligataire, il s’ajoutera une baisse notable de l’activité des plus grandes entreprises de la place duquelle decoulera un assèchement des rentrées fiscales. La circulation déjà très faible des capitaux s’en trouvera davantage réduite. Le panier de la ménagère devenu un sachet sera plus que vide. Entre-temps, le faussaire et ses acolytes du Palais du Bord de mer continuent sans relâche leur pillage des réserves du Trésor public. Qui paiera le prix en bout de ligne? Le Peuple décimé par des mercenaires.

  2. Michel Bouka Rabenkogo dit :

    Il n’est pas normale, qu’une grève générale a été décrété par le Président élu du peuple gabonais, qu’une portion d’entreprises, pour des intérêts bassement matières, brisent les enjeux avenirs de prospérités de tout un Pays, pour continuer à consolider le pouvoir du despote anticonstitutionnelle Ali BONGO! ARRÊTEZ S’IL VOUS PLAIT…

  3. natty dread dit :

    c’est ici qu’il faut malheureusement constater le retard dans notre apprentissage de la démocratie et de ses exigences de clarté. en effet, il est rare dans les démocraties avérées de voir des soudards armés jusqu’aux dents se pavaner dans la rue suite à un vote, ou de constater l’arret des activités économiques…mais comme dit l’autre, “on ne fait pas d’omelette sans casser les oeufs”!

  4. Gaboma dit :

    Le Président élu ne reconnait pas cette grève générale lancée sur son compte Facebook. Et vous savez que ce ne serait pas sur facebook uniquement que le Président communiquera pour la grève générale. Et si grève générale il y a, la société civile et les syndicats qui ont pris position devant l’arrogance et la violence du pouvoir et soutenu l’alternnance, prendront eux-même leurs responsabilités et appelleront à au “Gabon mort”, eux même aux côtés de Jean Ping.

  5. l'ombre qui marche dit :

    Moi je pense plutôt que TOTAL GABON manoeuvre dans l’ombre contre ali! l’affaire du redressement fiscal leur est restée en travers de la gorge! souvenons nous que Pascal LISSOUBA et pourtant démocratiquement élu par les congolais avait signé”SON ARRÊT DE MORT”en contraignant ELF ancêtre de TOTAL de ne plus brûler le gaz, le pauvre LISSOUBA avait eu tord d’avoir compris très tôt les dangers du torchage de gaz sur les installations pétrolières(perte de revenus, effet de serre etc etc)

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