A la fin des travaux du Dialogue politique organisé pour apaiser les tensions nées de la dernière élection présidentielle, Ali Bongo Ondimba qui a clos les travaux le 26 mai 2017, s’est prêté aux questions de la presse, sur les décisions de ces assises et leur impact sur la crise actuelle.

Ali Bongo Ondimba entouré d’Emmanuel Issoze Ngondet et Pierre-Claver Maganga Moussavou, le 26 mai 2017. © Gabonreview

 

Ali Bongo a lissue du dialogue. © Gabonreview

Monsieur le président êtes-vous satisfait au terme de ce Dialogue ?

Ali Bongo Ondimba : Je suis satisfait par le fait que les Gabonais se sont retrouvés plus d’un mois durant et qu’ils ont discuté d’une chose qui était très importante pour eux : leur pays ! Il faut par-là voir que la majorité de nos compatriotes attendait quelque chose de ce Dialogue. Tous ceux qui y ont participé ont mis de côté toutes leurs différences. Ils n’ont parlé que de ce qui nous réunit tous : le Gabon. Et Dieu sait que lorsqu’on arrive à un dialogue, c’est qu’on vient avec ses convictions et ses idées. Mais en face, il faut aussi savoir que d’autres viennent avec des idées. Tout consiste donc d’abord à écouter puis à se parler et enfin à comprendre quel est l’intérêt de tous. Cela n’a pas été facile. Je tiens encore une fois à rendre un grand hommage aux différents acteurs qui ont su privilégier d’abord l’intérêt national, l’intérêt public avant les intérêts particuliers. Chacun a laissé et mis de côté son égo, sa fierté pour ne penser simplement qu’à être une seule personne : un Gabonais ou une Gabonaise. C’est ce que nous devons retenir. Nous devons aussi retenir que c’est un projet ambitieux. Les Accords d’Angondjé sont très ambitieux, mais comme je l’ai indiqué tout à l’heure, je vais moi-même être derrière le gouvernement, le parlement qui devrait traduire en actes tout ce qui a été décidé par nos compatriotes. Pendant trop longtemps, nous avons subi les outrages, subi les violences et il faut vraiment un mot très important pour que nous puissions vivre de manière apaisée la vie politique dans notre pays. C’est possible si nous le voulons tous. Ne pas le vouloir, ce n’est pas être patriote car, comment peut-on persister dans la violence ? Comment peut-on persister dans l’invective ? C’est là la question. Et aujourd’hui, devant l’histoire, nous pouvons regarder nos compatriotes d’aujourd’hui et de demain en face pour dire que nous avons fait œuvre utile pour notre pays. Nous avons contribué à ce que les Gabonais et les Gabonaises se parlent mais surtout vivent mieux dans leur pays et non ailleurs.

Les opposants qui n’ont pas participé à ce dialogue disent qu’il faut maintenant une synthèse des conclusions de tous les dialogues, notamment le dialogue de Jean Ping.

La courtoisie et la politesse auraient consisté en ce qu’ils acceptent mon invitation et qu’ils viennent s’asseoir pour dialoguer, si tel était vraiment leur désir. Nous les avons attendus, nous les avons invités. Ils ont décliné cette offre. Ils ont préféré la politique de la chaise vide. Eh bien, le message est très simple : la chaise vide ne paie pas car, ils ont pensé pouvoir influencer les différents participants au dialogue. C’était ça leur but : influencer dans un sens ou dans un autre la tenue de ce dialogue mais ça ne s’est pas passé comme voulu. Des Gabonais et des Gabonaises courageux ont décidé malgré tout de se rencontrer et de parler de leur pays et c’est le plus important. La majorité des partis politiques, la majorité des associations est venue pendant plus d’un mois pour se parler. Alors, faut-il que pour une ou deux personnes nous ne tenions pas compte de ce que la majorité a décidé ? Ce serait insulter toutes ces associations, insulter tous ces compatriotes, insulter la majorité des partis politiques qui sont, eux, venus et qui ont travaillé pour leur pays. De temps en temps, ils ont mis de côté leurs égos parce que certains sont aussi chefs de partis, certains sont des anciens candidats, certains sont des personnalités, des anciens de ce pays et toute cette jeunesse qui s’est mobilisée. Doit-on insulter tous ces participants parce que deux ou trois ont refusé l’appel au dialogue, l’appel à négocier avec d’autres Gabonais qui ont refusé la main tendue ? Je vous pose la question.

La trêve sociale est-elle d’actualité au moment où plusieurs services publics sont en grève ?

La trêve sociale est plus que d’actualité. Je pense que cela est une très bonne recommandation qui a été faite et que nous devons absolument mettre en place. Nous avons un plan de relance important à mettre en application. Vous savez très bien la situation dans laquelle se trouve le pays. Vous savez très bien que malgré les efforts qui ont été les nôtres, le pays est dans une situation délicate, du fait de la baisse du prix du pétrole. Si nous n’avions pas pris les devants pour la diversification de notre  économie aujourd’hui, nous serions dans des situations extrêmement difficiles. Alors, la poursuite du programme économique avec la diversification économique est très importante pour permettre à nos compatriotes de continuer demain à garder espoir et de vivre mieux. Pour cela nous en appelons, encore une fois, à ce que les égos se mettent de côté pour privilégier l’intérêt commun. Je rappelle surtout que nous avons déjà consentis de gros efforts depuis deux ans avec une hausse très importante des salaires.

Quelles perspectives quand on sait qu’il y a une élection législative prévue d’ici la fin du mois de juillet ?

Eh bien, vous avez comme moi entendu tout ce qui a été dit. Vous imaginez quand même qu’il y a des décisions prises qui vont impacter les élections. On vous parle d’un redécoupage électoral, on vous parle d’un certain nombre de décisions, on parle de la réorganisation de l’instrument qui va gérer les élections. Vous vous doutez bien que tout cela va impacter le calendrier. Toutes les recommandations et les points d’accord sont les fruits d’un mois de travail. Devons-nous mettre tout cela de côté pour continuer avec les mêmes lois qui sont décriées ? C’est là la question je vous la pose !

 
 

17 Commentaires

  1. espoir dit :

    Dans son interview le president dit qu’il se satisfait de la synthese des conclusions de son dialogue. vraiment il n’a rien compris ou il fait semblant. le pays va de plus en plus mal. meme son ministre des sport l’a compris ce matin en suspendant le gabon a toutes les competitions internationales. ce n’est pas son dialogue qui a reuni ses afides qui sortira le pays de la crise mais l’alternance.

  2. paysane dit :

    Finalement, il parle plus pour lui ou pour le peuple qu’il veut diriger ? Ce que l’ont enfin moi, j’attendais de ce dialogue est RIEN, car rien n’est vraiment sorti de votre show cas ! Les fondements de base de notre démocratie sont toujours sous ton joule, donc tous ça pour ça ?

  3. o choses du pays dit :

    Honnêtement qu’est ce qui a changé?, rien, au fait et l’histoire de la séparation de pouvoirs avec toi n’apparait pas dans votre rapport là,au lieu d’arranger vous avez encore creuser un gros fossé entre.

  4. lelion dit :

    eh oui,NDEMEZO et MAGANGA,pouvons nous savoir quel avenir vous laissez à nos enfants? les vôtres sont suffisamment nantis, vous venez de renforcer leurs gains avec cette participation au semblant de dialogue. nous, nous vous attendons votre retour au village.soyez en sûre,qu’il ya une fin pour tout et pour tous.

  5. Serge Okogo dit :

    Si vous êtes satisfait des résultats de votre de votre fotre dialogue,force est de constater que vous ne cessez de balayer d’une main la volonté du peuple.Quand allez vous comprendre que la courroie de distribution entre vous et le peuple est cassée et que le moteur tourne au vidrau vide? Ali Bongo il est temps que tu Quittes les choses avant qu’elles ne te quittent.

  6. @ Ali Bongo,
    De quelle chaise vide parles-tu ? de celle que tu es parti occuper clandestinement à Ryad ? ou de celle que devait Maixent Accrombessi à Agondjé ?

  7. Ozavinoga77 dit :

    Vous avez payé des “Gabonais non patriotes” pour un show insipide à la
    puissance zéro. C’est vraiment triste pour ce pays! Les représentations diplomatiques accréditées à Libreville et invitées à cette clôture, doivent bien rigoler et se moquer du Gabon.

  8. diogene dit :

    L’issue du dialogue de sourds : reporter les élections législatives !

    Plus d’un an sans assemblée…Allons nous vers sa suppression comme le prône le fascisme classique…?

  9. Le Vénérable de la Loge dit :

    CE DIALOGUE A ETE UNE RÉUSSITE TOTALE; ayons confiance en notre chef YA ALI.

  10. Ogoula dit :

    Les dialogueurs attendent leur entrée dans le nouveau gouvernement de large consensus pour aller se remplir les poches.

  11. Gaboman dit :

    D’après le sondage de jeuneafrique la pmiparts des recommandations de ce rapports restent impopulaires et loin des attentes des populations. C’était le plan d’Ali Bongo lorsqu’il a écarté la société civile de la phase politique : tout devait aller premièrement dans le sens des intérêts des hommes politiques, Ali Bongo en premier.

  12. gaboma dit :

    Le sondage de JeuneAfrique montre à suffisance que LES CONCLUSIONS DU MONOLOGUE D’ALI BONGO SONT POUR LA PLUPART IMPOPULAIRES ET LOIN DES ATTENTES d’un peuple gabonais résolument tourné vers le progrès démocratique. Même si Ali Bongo pense que les valeurs Africaine consistent à reculer ou rester sur place dans DES POSITIONS QUI PLUS QUE JAMAIS SEMENT LA DIVISION DES PEUPLES COMME L’ABSENCE D’ALTERNANCE. Un faussé énorme entre les conclusions de la phase citoyenne et celles de la phase des vampires (politique) est à remarquer. On comprend aisément pourquoi le roublard ALI BONGO A ENVOYE LES ACTEURS DE LA SOCIETE CIVILE ALLER S’AMUSER AILLEURS “ENTRE ENFANTS” A UNE PHASE CITOYENNE SANS INTERET pendant que “les grands” vampires avec d’un côté la majorité et de l’autre une opposition sous contrôle et sans moyens de pression dans une phase politique où LES PRINCIPALES CONCLUSIONS TOURNENT AUTOUR DES INTERETS DES HOMMES POLITIQUES SOUCIEUX DE CUMULER LES MANDATS ET DE RESTER AU POUVOIR A VIE, Ali Bongo en particulier. Un recul démocratique avéré: avec des momies comme Maganga Moussavou et Ndemezo’o, trop vieux, qui avaient tout intérêt à faire sauter la limitation d’âge avec le risque d’avoir des présidents comme Bouteflika ou Mugabe qui ne dirigent plus leurs pays qui se trouvent dans un état léthargique. Le Gabon souffre pourtant de cette impossibilité de voir ses intelligences circuler et se renouveler à l’heure où on a besoin de dynamisme dans un monde compétitif. MEME LA DECLARATION DE PATRIMOINE COMME DANS TOUTE DEMOCRATIE QUI SE RESPECTE ON N’EN PARLE PAS : ILS ONT HONTE DE PARLER PUBLIQUEMENT DES CENTAINES DE MILLIARDS OBTENUS SUR LE DOS DES GABONAIS QU’ILS CONTINUENT D’APPAUVRIR, vous imaginez Omar Bongo en 2005 révéler au Gabonais qu’il s’est amassé sur le dos des gabonais une richesse officiellement estimée à 300 milliards de F FCFA comme si il avait été un grand industrielle créant de l’emploi. On ne saura jamais de combien est riches Ali Bongo et ces gens qui veulent mourir ministres comme Maganga de Ndemezo’o. On a depuis 1967 des hommes prêts à tout pour conserver le pouvoir même à travers les crimes les plus ignobles. LA CONSTITUTION LA PLUS BELLE DU MONDE OU UN DIALOGUE NE NOUS DEBARRASSERA JAMAIS D’UNE MAFIA FONCIEREMENT MECHANTE ET ANIMEE D’UNE MAUVAISE VOLONTE : LA RESISTANCE DOIT CONTINUER. Une révolte nécessite toujours un élément déclencheur, comme l’a si bien dit Laurrence Ndong, donc malgré la fraude il faudra les affronter à toutes les élections. Je pense qu’on a bien compris que les boycott des élections ici comme ailleurs n’a jamais tourné en faveur d’une quelconque opposition, bien au contraire elle réduit son espace d’expression. L’opposition ivoirienne est-elle plus audible et mieux positionnée aujourd’hui parce qu’elle a laissé un boulevard à Ouattara ? Une assemblée 100% pédégiste n’a rien apporté à la résistance depuis le boycott de la dernière législature.

  13. patriot dit :

    chaque peuple merite ses dirigents.
    l’homme gabonais merite un president comme ali.
    avec ali l’homme gabonais va conaitre la difuculte de la vie et comence a travaille faire les affaires comme les autres peuple du monde.
    donc ne vous ,fatigue pas le president ali est la et il va rester c’est dieu qui a voulu.
    pour les nullards et les gens qui veulent la vie facile serre bien vos centures ali est la pour vous.

  14. Jean Gaspard Ntoutoume Ayi dit :

    Que pensez-vous des conclusions ou résolutions du dialogue d’Angondjé?

    Jusqu’à preuve du contraire, le Gabon est une République. Et en République, le Souverain c’est le Peuple. Lui seul détient le pouvoir absolu. N’en déplaise aux Ambassadeurs d’Ali Bongo, il n’y a pas d’autre Souverain en République que le Peuple.

    La Constitution Gabonaise énonce sans ambiguïté en son article 9 que le président de la République est élu au suffrage universel direct, donc directement par les Gabonais, et que l’élection présidentielle est acquise au candidat qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages. A aucun moment là Constitution Gabonaise ne dit que c’est la Garde républicaine ou la Cour Constitutionnelle qui choisit le président de la République.

    Le 27 août 2016, c’est Jean Ping qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages lors de l’élection présidentielle. Je constate avec bonheur que le dialogue d’Angondjé ne conteste pas cette réalité. De fait, ce dialogue confirme que c’est bien Jean Ping qui a remporté la dernière élection présidentielle.

    Ali Bongo, qui s’est imposé au Gabon et au Gabonais depuis 8 mois constate qu’il n’arrive pas à gouverner le pays. Les Gabonais, qui ont plébiscité Jean Ping n’en veulent pas. Il n’en ont jamais voulu d’ailleurs. Constatant que la GR et la Cour Constitutionnelle ne suffisent plus comme en 2009, Ali Bongo a donc entrepris de s’offrir, pour plus de 20 milliards de Fcfa puisés dans les caisses de l’État, un nouvel intervenant, la classe politique, pour tenter de s’offrir une légitimité.

    De ce dialogue retenons 2 résolutions essentielles qui confirment l’encrage dictatorial du régime :

    1 – le gouvernement d’union nationale
    2 – le report des élections législatives

    Concernant le gouvernement d’union nationale. Contre qui se formerait-elle ? Le Gabon ne faisant l’objet d’aucune menace extérieure, il semble que c’est contre une menace intérieure que se formerait cette union nationale. Le PDG dispose d’une très large majorité à l’Assemblée nationale et a donc les moyens politiques et légaux de gouverner le pays. Pourquoi l’en priver ? Serait-ce contre le PDG que se formerait cette union nationale décrétée à Angondjé ? Au profit de qui ?

    Concernant le report des élections législatives. En violation de la Constitution et au mépris de la décision de la Cour Constitutionnelle qui fixait au 29 juillet 2017 au plus tard la tenue de ces élections législatives, les “dialogueurs” d’Angondjé se proposent de reporter sine die les législatives. En agissant ainsi, ils proclament leur peur du suffrage des Gabonais et reconnaissent leur imposture. Car le vrai défis démocratique aurait été, après leurs “agapes”, d’inviter les Gabonais à choisir entre les propositions du dialogue de Jean Ping et celles du dialogue d’Ali Bongo lors des législatives de juillet prochain. Mais ils n’oseront pas, car ils savent qu’elle sera la réponse du peuple gabonais.

  15. Notre vie commence à s’arrêter le jour où nous gardons le silence sur les choses graves. levons nous comme un seul homme et disons ça suffit comme ça ce pays nous appartient aussi.

  16. K.M dit :

    Merci monsieur le Président !!!

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