Quatre jours après la tenue du scrutin, les résultats se font toujours attendre. Pour un corps électoral de 680 000 personnes, dont les trois-quarts n’ont pas pris part au vote, le Centre gabonais des élections (CGE) semble avoir beaucoup de mal à dépouiller moins de deux cents mille bulletins de vote. Quelle lenteur…

Les démembrements locaux du CGE ont du mal à acheminer les urnes vers leur destination finale (image d’archive). © AFP

 

Malgré tous les moyens matériels et humains mis à sa disposition, le CGE semble éprouver un grand mal pour donner les résultats des dernières élections. Ses démembrements locaux (provinciaux, départementaux et communaux) ont du mal à acheminer les urnes vers leur destination finale. CNE, CENAP ou CGE, toujours la même incapacité à agir rapidement. Le Gabon restera-t-il donc dans l’histoire comme un État incapable d’achever un processus électoral (du vote à l’annonce des résultats) en 48 heures ?

Mardi soir, soit 72 heures après le vote, le CGE n’est difficilement parvenu qu’à ne donner que les résultats d’une seule province, à savoir la Nyanga où votaient 14 000 personnes. Le président de sa Commission provinciale, Jean Minko, visiblement essoufflé, confondait suffrages et pourcentages. Mais, bon, chaque téléspectateur a du faire le tri dans ce qu’il entendait. Le CGE est-il déjà à bout de souffle ?

Cette lenteur est préjudiciable à l’image de cette autorité administrative indépendante. À la suite de la CENAP, le CGE avait une crédibilité à instaurer ou à restaurer, et cette crédibilité commence par l’annonce rapide des résultats des élections.

À l’heure des moyens de communication et de transmission, et malgré ses nombreux moyens roulants, le CGE vient de démontrer sa lourdeur et son laxisme. Selon des sources proches du Centre, les membres des commissions travaillent avec lenteur et font des pauses peuvant prendre deux ou trois heures, quitte à rendre la copie au bout d’une semaine ! Dans le 1er arrondissement de Libreville par exemple, la Commission locale d’arrondissement était encore à pied d’œuvre mardi, parce que «c’est très vaste». De même, au 5ème arrondissement, «le premier siège va jusqu’à Mélen, que voulez-vous qu’on fasse ? Laissez-nous le temps», a-t-on répondu, à l’école publique de Lalala, siège de la Commission locale, à un candidat qui demandait la date d’annonce des résultats.

L’opinion devrait peut-être s’attendre à entendre l’annonce des résultats globaux à la fin de la semaine. Car, pour l’heure, le renouveau annoncé lors de la mise en place du CGE tarde à se concrétiser… Vive les bonnes vieilles méthodes archaïques de la CNE et de la CENAP !

 
 

8 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    Bonjour la magouille. Qu’elle belle mascarade!Et vous voulez que le pays continue à avancer de la sorte, avec cette pourriture de clan Bongo ? Pitié!

  2. AIRBORNE dit :

    “À l’heure des moyens de communication et de transmission, et malgré ses nombreux moyens roulants, le CGE vient de démontrer sa lourdeur et son laxisme” en effet, ces gens là sont des bandes d’ignares qui ont ete choisis par affinité pour se faire des per diems.

  3. beka dit :

    On sait qu’environ un peu moins de sept cent mille inscrits devaient voter le 6 octobre dernier au Gabon. Qu’aurait été le travail de la CGE si ce nombre était trois fois plus important ? “Une lenteur à couper le souffle…” Lenteur ? GR est bien généreux : par exemple, cinq jours après le scrutin, même pas de chiffres sur le taux de participation. A l’heure des TIC, l’attente d la proclamation des résultats d’une élection devrait-elle encore excéder trois heures (pour être généreux) après la fermeture des bureaux de vote à travers le territoire national ?

    • kombila dit :

      @Beka,
      Ce que vous dites est assez pertinent, dans la mesure où la loi, qui est également en contradiction avec elle-même, dit que les résultats doivent être connus, c’est-à-dire le dépouillement publique des résultats- à la fermeture du bureau de vote. Alors question : pourquoi attendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour connaitre ces résultats sur l’ensemble du territoire ? D’autre part, les candidats appelés au deuxième tour ne voudraient-ils pas déjà se retrouver officiellement sur le terrain ?

  4. espoir dit :

    Soit son president est un apprenti soit c’est encore une maniere de mieux organiser la fraude.

    • rico2rico dit :

      je sais pas pourquoi mais je vois la fraude comme vous “espoir” car c”est leur marque de fabrique…..quel dommage surtout en ce moment!!!!!c”est triste je dirais!!!!un jour ils partiront et j”espere que la nouvelle generation polique gabonaise se fera un defi de redorrer le blason et la fierte de notre pays!!!!juste pour dire et c”est ce qui nous donne encure espoir c”est de se dire que toute les dictateurs ont ete un jour ou l”autre evincée!j”aime mon GABON mais eux NON!!!PITIE POUR EUX!!!

  5. Indépendant dit :

    Pourquoi avoir sacrifié la CENAP sur l’autel de l’efficacité de la gestion des élections? Ou va le Gabon?

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