Ministre d’Omar Bongo, à plusieurs reprises dans les gouvernements successifs du Premier ministre Léon Mébiame (ère monopartiste) et tout premier Président du Conseil national de la communication (CNC), après l’ouverture démocratique, le dignitaire de la Nyanga est décédé le 11 mai 2018, à 77 ans, à la Polyclinique du Dr. Chambrier des suites d’une longue maladie.

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Libreville était tristounette en cette journée du 11 mai où certains célébraient les 37 ans de la mort de Bob Marley. Les «esprits» avaient en effet couvert la capitale gabonaise d’un voile. C’est un peu plus tard dans la journée que l’on apprenait le décès à la polyclinique Chambrier de cet ancien grand commis de l’État. Etienne Moussirou, un grand nom de la scène politique nationale sous le parti unique et un peu plus tard.

Après quelques années passées au cabinet du président de la République, Omar Bongo, où il sera tour à tour Conseiller puis directeur de cabinet, Étienne Moussirou fera son entrée au gouvernement Mébiame le 17 avril 1975. Ingénieur-économiste, il y occupera les fonctions de ministre du Commerce et de l’Industrie, un poste sur lequel il sera reconduit en novembre 1975 et en février 1978, lorsque le département ministériel change de dénomination pour devenir le ministère du Commerce et du Développement industriel, avant de devenir, en 1980, ministère du Commerce, du Développement industriel et de la Promotion des petites et moyennes entreprises. Il deviendra ministre d’État en 1984.

Au ministère des PME dont il sera le tout premier titulaire, il met en place des dispositifs destinés à inciter les Gabonais à se lancer dans la création d’entreprises. Le Fonds d’aide et de garantie aux PME (FAGA) sera ainsi créé sous sa houlette, ainsi que l’Agence gabonaise de Promotion des PME (PromoGabon) dont il initiera le processus de création. Dans le même temps, cette personnalité formée au communisme dans les pays de l’Est sera, durant de longues années, membre du Bureau politique, alors organisme d’influence du Parti démocratique gabonais (PDG).

Évincé du Gouvernement en 1990 après avoir été, dès octobre 1988, ministre d’État en charge des Transports, de l’Aviation civile et Commerciale, Étienne Moussirou sera nommé, en avril 1992, président de l’une des institutions créées par la Conférence nationale de mars-avril 1990 : le Conseil national de la Communication (CNC). Il en sera donc le premier président et restera à ce poste jusqu’en mai 1995. Une «incompréhension», un «malentendu», avec le chef de l’État de l’époque, l’amèneront à quitter ses fonctions cette année-là au profit de Pierre-Marie Dong.

Dès lors, il quittera la scène, préférant recevoir ses amis chez lui autour d’une bouteille de vin de palme qu’il semblait affectionner énormément. Cet épicurien, né le 25 mars 1941 à Mayumba dans la Nyanga, était connu pour son humour sarcastique et sa grande générosité.

 

 
 

3 Comments

  1. Patrick ANTCHOUET dit :

    Etienne Moussirou n’a jamais été cité dans des faits de concussion, de corruption ou d’enrichissement illicite. Un grand homme s’en est allé.

  2. Patrick ANTCHOUET dit :

    A la manière d’un Ogouliguendé qui sera resté ministre pendant quinze ans, Etienne Moussirou a servi son pays avec amour, fidélité et loyauté. Et bien qu’évincé du CNC, il n’a jamais parlé, n’a jamais divuls=gué quelque secret que ce soit. A ce grand bonhomme, l’Etat doit rendre un hommage officiel. Pourquoi ne pas organiser pour lui une partie des obsèques au CNC qu’il avait contribué à mettre en place ?

  3. Tata dit :

    Voilà une étoile de l’histoire du Gabon qui s’éteint pour briller dans le firmament éternel. M. MOUSSIROU, un homme que j’ai connu dans mon enfance, comme un type d’un autre genre. Il incarnait la réussite tant morale que sociale de la génération de mon père. L’avoir ne s’est jamais résumé, pour lui, à quelque argent ou compte en banque. Son avoir, c’était Ses innombrables rapports à l’être, quel qu’il soit… Comme l’a dit M. P. ANTCHOUET, voilà un MONSIEUR qui tire sa révérence sans bruit ni tapage des scandales financiers qui caractérisent les politiques actuelles. Lui, était riche d’Amour pour son pays, et, on peut les compter, ceux qui ont dit “NON” à BONGO-Père du haut de son éclat dictatorial. Aussi aimait-il à dire la Vérité, pour donner aux générations futures la clair vision de notre société désormais embarquée dans un train à multiples vitesses.
    Voilà l’Homme parti ! Voilà une histoire gabonaise qui s’abaisse…pour surement donner des bourgeons de LIBERTE. RIP M. Etienne MOUSSIROU

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