De toutes les assemblées générales tenues par l’Onep le 13 décembre 2014, celle de Port-Gentil, QG de ce syndicat, a été la plus houleuse, avec des accusations contre un conseiller du président de la République et de graves menaces sur le terminal pétrolier du Cap Lopez qui permet aux bateaux d’évacuer la production pétrolière du Gabon vers le marché international.

Les membres du bureau national de l’Onep, le 13 décembre 2014 à Port-Gentil. © Gabonreview/Louis Mbourou
Les membres du bureau national de l’Onep, le 13 décembre 2014 à Port-Gentil. © Gabonreview/Louis Mbourou

 

Après l’échec des discussions avec le gouvernement sur les préalables, l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a organisé des assemblées générales dans les villes de Libreville, Gamba et Port-Gentil, le 13 décembre dernier. Pour le bureau national, il était question de rendre compte à la base et demander la conduite à tenir suite au blocage noté à l’issue des discussions avec le Premier ministre, chef du gouvernement.

Vue partielle des délégués présents lors de l'Assemblée générale. © Gabonreview/Louis Mbourou
Vue partielle des délégués présents lors de l’Assemblée générale. © Gabonreview/Louis Mbourou

Le conclave de Port-Gentil, animé par le Secrétaire général adjoint, Sylvain Mayagui Binet, a donné lieu à des joutes orales d’une violence qui témoigne de l’exaspération de la base devant «le mépris affiché par le gouvernement qui au lieu de régler les problèmes posés par l’Onep préfère faire venir des bateaux remplis de carburant pour faire face à la pénurie observée après le lancement du mouvement de grève». Un «constat» fait par un délégué du personnel qui accuse directement le conseiller stratégique du chef de l’État, Arnaud Engandji, ancien membre du bureau national de l’Onep, d’être à l’origine de cette situation. «Aujourd’hui c’est un ancien de l’Onep qui supervise, de nuit le chargement des camions citernes à Libreville. C’est le même Arnaud Engandji qui, sur sa page Facebook, annonce l’arrivée d’autres bateaux pour ravitailler la capitale. C’est à croire que le gouvernement veut nous avoir à l’usure. Il est temps que nous prouvions à monsieur Engandji qui croit connaître les points faibles de l’Onep que nous avons plus d’une corde à notre arc», a lancé le même délégué, visiblement très remonté. «Notre syndicat est aujourd’hui à la croisée des chemins. Son destin se joue maintenant. Il est clair que tout est mis en œuvre pour nous affaiblir. Un grand complot a été mis sur pied avec les anciens membres du bureau national afin de réduire à jamais l’Onep au silence. Alors, il est grand temps que tous les membres du bureau national qui se trouvent encore à Libreville rentrent à Port-Gentil pour mettre en application notre plan B», a soutenu un autre délégué du personnel.

Toutes les interventions durant cette assemblée générale, ont ainsi opté pour le durcissement du mouvement afin de «contraindre le gouvernement à plier». «Qu’attendons-nous pour fermer le Cap Lopez ? Pourquoi laissons-nous nos pères et grands frères déjà à la retraite reprendre les postes des grévistes pour relancer la production ? Pourquoi ne suivons-nous pas l’exemple de la Sogara qui est en arrêt total depuis le début de la grève ? Pourquoi certains adhérents de l’Onep travaillent-ils alors que d’autres sont en grève ?» s’est interrogé un autre encore dans une salle survoltée. Il a fallu au secrétaire général adjoint beaucoup de tact pour calmer les esprits échauffés et dissuader les adhérents de se rendre au Cap Lopez comme ils l’avaient décidé pour fermer le terminal et mettre ainsi un coup d’arrêt à la production.

Un comité de crise a donc été mis en place dont la mission est de mettre sur pied une série d’actions à mener à partir de ce lundi 14 décembre. Ces actions jugées stratégiques n’ont pas été dévoilées mais certaines indiscrétions évoquent la radiation du syndicat des adhérents non grévistes, des démarches empêchant les retraités de remplacer les grévistes, l’organisation des grands piquets de grève pour stimuler la mobilisation et éventuellement la fermeture du terminal du Cap Lopez.

«Nous poursuivrons notre mouvement de grève jusqu’à la satisfaction des quatre préalables contenus dans le préavis déposé sur la table du gouvernement. Tous les travailleurs du secteur pétrolier et activités connexes sont prêts à aller jusqu’au bout même si le prix à payer s’avère lourd», a déclaré, pour conclure, le secrétaire général adjoint, Sylvain Mayagui Binet.

Les quatre préalables énumérés dans le préavis adressé au gouvernement concernent la suspension des prélèvements pour le compte de la Caisse nationales d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), la réintégration des deux délégués du personnel de Perenco licenciés au lendemain de la grève de 2013, l’expulsion de l’actuel directeur des opération de STSI Boccard, Richard Lechien, qui a licencié 53 employés et la présence des responsables du groupe Oil Libya à la table des négociations. De tous ces points, les deux derniers ont trouvé un écho favorable aux yeux du gouvernement.

 

 
 

18 Commentaires

  1. olivier dit :

    la fameuse publication sur facebook
    Arnauld Engandji
    Yesterday at 02:20 · Libreville, Gabon ·

    INFOS STOCK CARBURANT

    Essence:

    pas la peine de courir d’ici la fin de la journée tout revient à la normale toutes les stations seront livrées.
    Donc évitez de faire la queue pour rien. S vous allez vers 16h ça devrait être plus fluide.
    Le ravitaillement a commencé hier vers 22hrs donc plusieurs stations sont déjà approvisionnées

    Gasoil

    Comme indiqué dans la presse, fortes perturbations attendues aujourd’hui et demain.
    Un bateau et 16 camions sont attendus dans la nuit et demain matin a LBV.

    La circulation commencera à se normaliser dans la soirée de demain.

    A ce stade et en fin d’après midi vous aurez du stock dans quelques stations de LybiaOil

    Demainen fin d’après midi les stations de PetroGabon seront pleines.

    Lundi toutes les autres stations auront été approvisionnées sauf force majeure.

    Donc organisez vous en fonction de ce programme.

  2. jean-jacques dit :

    Je pense l’avoir déjà dit ici, nous sommes là pour le peuple, tout rentrera dans l’ordre d’ici mercredi .. j’espère que vos congélateurs sont pleins car ce sera difficile pour vous mes amis du pétrole pas de salaire ce mois

  3. Le citoyen libre dit :

    C’est dans facebook que le gouvernement s’adresse aux gabonais ?

    • jean-jacques dit :

      @ Citoyen libre..Prière de prendre le temps de lire le contenu et de comprendre avant de poster ton message…Quel est la partie de l’article qui dit que l’ETAT s’adresse au Gabonais sur Facebook? Nous avons la RTG accessible à tous les gabonais pour faire passer un message..

      Cordialement

      • Surprise dit :

        Jean Jacques, tu as désormais une autre manière de t’exprimer, le niveau est plus élevé, il s’agit de quelqu’un d’autre qui a pris le relais du précédent!!! l’équipe émergente du net pro-Ali!!!

        en tout cas félicitation pour votre job!!!

  4. Dommage dit :

    Que le gouvernement négocie, c’est pas la peine de faire un bras de fer!! je trouve dommage que des anciens de l’ONEP au lieu d’aider les autres à résoudre leur problèmes, veulent les anéantir!!

  5. le kibaguiste dit :

    Le gouvernement ona ondo ne veut rien céder à lonep qui est accusé de soutenir jean Ping. Des camions de l’armée s’approvisionnaient hier en Guinée équatoriale. Le gouvernement veut humilier lonep.

    • Brother dit :

      Brother,

      Malheureusemt, dans notre pays le Gabon seuls n’existent que l’opposition et le PDG…les travailleurs n’existent pas, les chomeurs, les pauvres, les demunis, les malades, les infirmes, les etudiants, etc…n’existent et ne comptent pas.Meme quand il pleut c’est l’opposition qui est derriere…

      • Surprise dit :

        C’est la triste réalité!! nous ne comptons pas! pour peu que l’on donne son avis, on est opposant, si nous réfléchissons un peu, on est encouragé par l’opposition, si nous ne sommes pas d’accord, on est opposants!!!
        vraiment dommage

  6. AALLIIBBIIAAFFRAIS dit :

    Le peuple vous soutiendra dans les jours ou les mois avenir
    Ce qu’il faut a ces bourreaux du peuple c’est l’arret total de la machine,une greve generale fera l’affaire

  7. nnomdzi dit :

    Ces types sont vraiment nés avant la honte quoi.

  8. Bassomba dit :

    @ l’Onep: arrêtez de faire du chantage et soyez réalistes, les autres structures du secteur privé sont à la Cnamgs par décision du gouvernement, vous pensez sérieusement que ce dernier va se tirer une balle dans la jambe en faisant une exception pour vous? Vous vous leurrez! Par ailleurs, étant du secteur privé, vous n’avez pas à demander les têtes des propriétaires des entreprises qui vous emploient, bon sang on est où la?

  9. Kevinolestat dit :

    L’ONEP ce syndicat qui faisait la fierté du syndicalisme au Gabon a vraiment perdu de ses lettres de noblesse. Que des conseillers du Président..le Gouvernement etc..travaillent à résorber une situation de pénurie qui serait du à cette grève c’est ce qu’on appelle du Sabotage?
    La grève est un droit et les adhérents de l’ONEP on le droit de faire entendre leur courroux par tous les moyens légaux en leur possession. Comme il est légale pour ceux qui ne veulent pas faire grève de continuer à bosser.

    Bref…

  10. Ismael Boussamba dit :

    Apparement l’emergence c’est pour une categorie de personnes jouissant du Gabon. Comment faire la sourde oreille aux revendications des gabonais? Et comme toujours la politique du ventre qui caracterise si bien les negros africains. Arnaud Egandji ne fait que confirmer sa nature profonde: homme denoue de tout scrupule, qui n’a que comme valeur l’amour de l’argent au detriment de son honneur. Ce qui m’aflige le plus ce sont ces vieux retraites gabonais qui vont oeuvrer dans l’ombre pour quelques sacs de riz…. Pale representation du futur de l’Afrique.

  11. Ongowou dit :

    Est-ce que les cotisations des agents syndiqués dans l’ONEP sont les seules ressources attendues par le gouvernement au profit de la Cnamgs pour justifier l’intransigeance de ce gouvernement ? Réellement, si je disposais d’une assurance autre, je ne me servirais jamais de la Cnamgs qui pose des restrictions sur certains médicaments, autorise certains cabinets à trainer les pieds devant certains cas, sans compter des procédures alambiquées pour se faire servir. On appelle cette assurance “Moutoucki”, car elle fait surtout dans le bas de gamme. De mon humble avis, chaque citoyen doit choisir librement son assurance selon ses moyens et objectifs. Le but, finalement dans ce bras fer, c’est quoi ? Être assurés ou être regroupés dans la Cnamgs quand on est du petit peuple, tandis que les nantis et hommes politiques (présidents et membres d’institutions, députés et sénateurs avec leurs familles, etc.) se font soigner royalement à l’étranger aux frais de la princesse ?

  12. georges dit :

    Où avez vous mis votre humanisme???? Des gabonais sont viré chaque jour par leur employeur et il y en a qui s’en réjouissent… C’est trist. jean-jacques tu es un dangeureux fanatique.

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