Pour discuter du modèle financier sportif actuel, le ministre des Sports a réuni le 18 décembre le Comité national olympique. Les différentes parties se sont entendues sur un rééquilibrage du FNDS et une éventuelle collaboration du secteur privé pour booster le milieu sportif.

Le ministre des Sports s’adressant au Comité national olympique le 19 décembre au Palais des sports de Libreville. © Gabonreview

 

Le sport au Gabon, d’aucuns l’assurent, se porte mal. Entre manque de résultats et désillusion des supporters, les fédérations pointent du doigt un manque de moyens financiers qui mettrait à mal les efforts consentis. Pour discuter du modèle financier sportif, le ministre des Sports, Alain-Claude Bilie-By-Nze a réuni le 18 décembre le Comité national olympique (CNO), qui est pour le compte de toutes les fédérations sportives, le représentant attitré pour l’Etat et les fédérations. «Pour leur présenter la réalité du moment, j’ai tenu à ce que le département qui s’occupe des dépenses du ministère fasse le point», a déclaré Alain-Claude Bilie-By-Nze à l’issue de la rencontre.

Selon lui, le ministère des Sports a procédé à l’attribution des subventions. Cependant, la procédure au niveau du Budget et du Trésor n’a pas pu aboutir pour certaines fédérations. «La seule fédération aujourd’hui qui a une instance au niveau du Trésor, c’est la Fédération du sport scolaire et universitaire. Les autres fédérations sont encore dans l’attente d’un aboutissement heureux de la démarche qui a été engagée. Donc, cela justifie aujourd’hui le fait que la plupart des fédérations n’aient toujours pas commencé leurs activités sportives et bien entendu, la plus en vue étant la Fédération de football à travers la Linaf», a-t-il signifié y voyant «un vrai souci».

La rencontre a donc permis aux différentes parties de s’accorder sur trois éléments principaux qui pourraient amener à changer cet état de fait. «Le premier c’est que l’Etat a mis en place un outil de financement du sport qui est le Fonds national du développement du sport. Il faut arriver aujourd’hui à déplafonner le fonds dont le plafond est maintenant à 5 milliards et quelques», a indiqué Alain-Claude Bilie-By-Nze. Selon le président du CNO, Léon Paul Folquet, ce déplafonnement devrait permettre à toutes les fédérations de bénéficier de quelques financements.

Vues de la séance de travail du Comité national olympique avec le ministre des Sports le 19 décembre. © Gabonreview

En effet, ont-ils fait savoir, les fonds dédiés au sport ne sont pas reversés à toutes les fédérations. D’où la nécessité d’un rééquilibrage du FNDS. «La seconde chose c’est de rééquilibrer les financements. 80% des ressources du fonds aujourd’hui, malheureusement financent le seul football. Il faut arriver à rééquilibrer de sorte que les autres disciplines sportives bénéficient d’un soutien de l’Etat aussi modique soit-il», a souligné le ministre des Sports. Pour le président du CNO, ce rééquilibrage permettra aux fédérations d’«au moins participer au développement de notre sport».

Le dernier point, concernait quant à lui, le renforcement du FNDS par l’intervention du secteur privé. «Ce n’est pas facile. Il faut déjà que le sport fonctionne normalement, attire le public, attire les acteurs qui le pratiquent», a exprimé Léon Paul Folquet. Cet état de fait, fait planer pour l’heure, le spectre d’une saison blanche sur le championnat national de football et Alain-Claude Bilie-By-Nze a dit tout faire «pour qu’il n’y ait pas une année blanche».

«J’ai indiqué que si nous ne réunissons pas les ressources suffisantes, et donc le bon modèle, il n’est pas effectivement exclue une année blanche. Encore une fois, le but du jeu n’est pas simplement d’organiser les matchs. Le but du jeu est de faire qu’il y ait une véritable politique sportive», a souligné le membre du gouvernement. Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, «il n’y a pas de politique sportive sans financement». «Que ça soit un financement partiel de l’Etat ou un financement total des entreprises, on ne peut pas financer le sport uniquement sur le budget de l’Etat. (…) Le tout Etat dans le sport n’est plus possible».

Auteur : Alix-Ida Mussavu

 
 

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