Dans la foulée de la dissolution de l’Assemblée nationale et de la nomination d’un  nouveau gouvernement suivi de sa prestation de serment devant le président de la République, le leader de l’Union pour la nouvelle République, Louis Gaston Mayila, a dénoncé, le weekend dernier, un gouvernement actuel émanant d’une Assemblée nationale inexistante, une «crise institutionnelle» et une dérive vers un «système monarchique».

Louis Gaston Mayila. © D.R.

 

Le président de l’UPNR a commenté, le samedi 5 mai 2018, les dernières décisions de la Cour constitutionnelle ayant impacté le fonctionnement des institutions, notamment l’interruption des activités du gouvernement et la dissolution de l’Assemblée nationale.

Dans ce contexte ayant induit la démission du gouvernement le 1er mai, Me Louis Gaston Mayila, ancien ministre d’Omar Bongo et avocat, estime qu’il revenait au seul chef de l’Etat de prononcer la dissolution de la chambre haute du Parlement. Et d’invoquer l’article 19 de la Constitution disposant : «seul le président de la République peut prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale».

L’ancien président du Conseil économique et social (CES) s’est également interrogé sur les capacités du Centre gabonais des élections (CGE) à organiser des élections dans les meilleurs délais, après la dissolution de l’Assemblée nationale. Louis Gaston Mayila met en exergue, cette fois, à l’article 19 selon lequel «les élections générales doivent avoir lieu 30 jours au moins et 45 jours au plus après la publication du décret portant dissolution». Autrement dit, l’Assemblée nationale ayant été dissoute le 20 avril, les élections devraient théoriquement avoir lieu le 30 mai.

Indexant la Cour constitutionnelle, Me Mayila estime qu’au lieu de se limiter à «donner ses éclairages, ses orientations, son interprétation et ainsi laisser au président de la République le soin de tirer les conséquences de sa décision», après la saisine du Premier ministre, elle a plutôt prononcé  la dissolution de l’Assemblée nationale, transférant par ailleurs ses pouvoirs au Sénat. De même qu’elle a indiqué la nomination d’un nouveau gouvernement qui ne sera responsable que devant le président de la République. Une décision jugée «inédite dans l’histoire de notre pays». Et Me Mayila de se demander dans quel type de régime nous sommes, indexant une confusion des pouvoirs. Pour lui, le nouveau gouvernement n’a pas lieu d’être. Ce d’autant que les bases sur lesquelles il a été mis en place ne sont pas précises et qu’il n’existe désormais ni majorité, ni opposition, sachant que le gouvernement doit être, en principe, le reflet d’une majorité à l’Assemblée nationale.

Enfin, comme d’autres personnalités avant lui, Louis Gaston Mayila parle de «crise institutionnelle» s’accompagnant de la construction d’un «système monarchique». Pour mettre fin à ces crises, il a appelé les acteurs politiques à une concertation dont le but serait de mettre en place un processus de «réconciliation nationale»  afin de rétablir une nouvelle République.

 
 

5 Commentaire

  1. Mikouma Paul dit :

    La Chambre haute du Parlement est le Sénat. L’Assemblée Nationale est la première Chambre.

  2. BSerge Okogo dit :

    l’Assemblée Nationale est la chambre basse. Avec la constitution Ali Bongo, l’Assemblée nationale ne pourra ni contrôler ni censurer le gouvernement.

  3. L’actualité politique et économique du Gabon est suivi de très près par le monde entier. Et si Ali Bongo a commis une erreur stratégique en nommant Mr Jean de Dieu Moukagni au poste de Ministre ? car en croyant affaiblir Jean PING, Ali Bongo s’est tiré tout seul une balle dans les pieds. Ali Bongo démontre une fois plus à communauté internationale, sa capacité de trafic d’influence et de corruption. Comment peut-on travailler sereinement avec une personne qui vous a non seulement traduit en justice, principalement devant la Cour Pénale Internationale,
    mais parcourue les provinces du Gabon et les grandes capitales européennes pour critiquer preuves à l’appui les massacres commis par Ali BONGO contre son peuple ? Combien de millions de francs CFA Ali Bongo a sorti des caisses de l’état pour chercher à déstabiliser Jean PING ? Cela s’appelle de la “CORRUPTION ACTIVE” et ça ne paye pas aux yeux de la communauté internationale. La descente aux enfers d’Ali Bongo se poursuit lentement mais surement.

  4. okia dit :

    Il a tout fait, tout eu … personne ne l’écoute, et il continu … Bizarre !!

Poste un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D'INFOS MATINALES DE GABON REVIEW