Flanqué d’un escadron de gendarmes cagoulés, Me Mhintcho Soufiano, huissier de Justice, a perquisitionné, le 13 octobre, le domicile Jean Ping à Libreville, en vue d’une saisie de ses biens mobiliers et immobiliers. L’affaire est liée à une amende 600 millions de francs CFA lui ayant été infligée pour diffamation, à l’issue du procès perdu contre à Hervé Patrick Opiangah  il y a plus de deux ans.

Jean Ping et son avocat Jean Rémy Bantsantsa (à droite) expliquant les mobiles de la descente de l’huissier de Justice, le 13 octobre 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Conduite par Me Mhintcho Soufiano, un huissier de justice, une cohorte de plus de 25 éléments de gendarmerie nationale, armés, encagoulés et transportés par un camion, une Jeep et un Land Cruiser, a effectué une descente, ce 13 octobre en matinée, au domicile de Jean Ping sis au Charbonnages à Libreville. Selon le candidat à l’élection présidentielle d’aout 2016, l’huissier et les gendarmes sont «arrivés pour (lui) faire signer un acte de saisi des biens mobiliers et immobiliers».

Les biens ayant fait l’objet de la saisie. © Gabonreview

L’affaire concerne, a expliqué Jean Ping, un procès perdu, il y a plus deux ans, contre le président de l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (Udis), par ailleurs conseiller du président Ali Bongo, Hervé Patrick Opiangah. En effet, après avoir été victime, le 12 janvier 2015  chez lui aux Charbonnages, de l’attaque d’un groupe de jeunes gens passé ensuite aux aveux, Jean Ping avait, lors d’une interview consécutive à cette tentative de vandalisation de son domicile, accusé Hervé Patrick Opiangah d’en être l’instigateur.

Lésé, le président de l’Udis avait esté en justice. A la suite d’un jugement, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine avait été condamné pour diffamation et sommé de verser un montant de 600 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts au conseiller du chef de l’Etat. Un montant dont le recouvrement par le président de L’Udis avait débuté presqu’aussitôt, aussi bien dans les banques gabonaises que françaises. 100 à 150 millions de francs CFA ont été prélevés à cet effet.

Estimant n’avoir pas encore recouvré la totalité du montant, Hervé Patrick Opiangah a entrepris de commettre un huissier à la saisie des biens immobiliers et mobiliers de Jean Ping. Selon Jean Rémy Bantsantsa, l’avocat de Jean Ping, la saisie des biens mobiliers concerne l’habitation de Jean Ping, son quartier général situé également aux Charbonnages et du mobilier. Une dizaine de véhicules appartement au leader de l’opposition gabonaise a également été listée. Si, dans un délai d’un mois, la somme restante n’est pas versée à Hervé Patrick Opiangah, tous ces biens seront saisis. Une pratique qualifiée d’intimidation par Jean Ping. Selon le président de la Coalition pour la nouvelle République, la spectaculaire descente a été orchestrée par un «pouvoir un aux abois placé à la tête d’un état voyou». Ayant indiqué que la descente musclée aux Charbonnages s’est faite sans mandat de réquisition de la force publique, pourtant employée à l’occasion, Jean Rémy Bantsantsa ironise et compare les 600 millions réclamés à Jean Ping aux 1000 euros (650 000 francs CFA environ) que doit payer Pierre Péan, tout récemment condamné pour diffamation aux détriment d’Ali Bongo.

Auteur : Jean Thimothé Kanganga

 

 
 

35 Commentaires

  1. Très respectable GRAND MAITRE. dit :

    C’est normal , il doit répondre de ses fautes devant la loi . Force reste à la loi. Nul n’est soustrait devant la loi . OK ?

    • Lol dit :

      Heureusement pour certains que le ridicule ne tue pas… La bêtise des tenants du pouvoir actuel assassine cependant le pays à petit feu… Applaudis par de pauvres gens trop contents de ne pas avoir de cervelle.

      • Nkembo dit :

        Si on avait tous la même explication du mot ” ridicule ” je crois que Ping ne devrait même plus se présenter en public.

        • Guy Romuald Mabicka dit :

          Suffit-il de maîtriser simplement l’explication du mot “ridicule”? En ses 157 à 162, le code pénal stipule que “quiconque se rendra coupable de diffamation envers un particulier, soit par discours, cris ou menaces proférées dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou affiches exposés aux regards du public, sera puni d’un emprisonnement de 3 mois à un an et d’une amende de 24 000 à 300 000 francs, ou l’une de ces deux peines seulement”. C’est en application de ces dispositions que le syndicaliste a été condamné à Tchibanga pour diffamation d’un procureur (zélé aussi) à un emprisonnement et à une amende de 300 000 francs. Le tribunal de Libreville a-t-il un code pénal différent de celui qu’on applique à Tchibanga? Arrêtons de distraire les gens et de continuer à ternir l’image du Gabon, surtout en ce moment de pleine discussion avec la communauté internationale. Je comprends pourquoi vous applaudissez la sordide explication du procureur qui dit que pour rendre visite à un détenu, il faut au préalable justifier de votre parenté. Toi qui te fais appeler Nkembo, il sera interdit de rendre visite à un ami si tu ne présentes pas, par exemple, le livret de famille.

        • Lol dit :

          Et Ali s’enterrait vivant lui-même avec ses faux diplômes, son faux acte de naissance et sa fausse popularité et légitimité!

        • BEYEME dit :

          Si on avait tous la même explication du mot “honte” je crois aussi que ton ali devrait disparaître de la scène politique tant nationale qu’internationale. L’incapacité de ton type à gérer à peine 1.8 million d’habitants lui fait prendre des décisions qui je l’espère et surtout le souhaite, l’amèneront (lui seul et pas le Gabon avec) vers les méandres de la désuétude.

    • Sameline dit :

      Il y a une justice qui dit le droit au Gabon ? Peut on vraiment et sans passion repondre par l’affirmative a cette question ? Ouvrons les yeux parceque chaque citoyen est interpellé par ce qui se passe dans ce pays.

  2. Olsen dit :

    Essayez et on verra! Vous parlez mais jamais vous n’agissez bande de cancres. PING est le président élu n’en déplaise.

  3. Gabonais de Rien dit :

    Savez-vous au moins ce que signifie le mot perquisition?

    Depuis quand un Huissier procede-t-il a une perquisition ?

    Vous voulez faire concurrence a Gabon télévision ou quoi ?

  4. espoir dit :

    Nous vivons vraiment dans un etat voyou ou les mercenaires comme opiangah pense que le combat est gagne contre le peuple.oui tout le monde sait que tu es un sanguinaire qui sert le pouvoir.Ping a accompli dans sa vie ce que toi tu ne seras capable de faire meme apres mille annees de salaires de sang.prenez meme tout de lui mais cela ne vous servira a rien a toi et votre chef putchiste parceque nous on ne reculera jamais et parceque on vous haira a jamais.

  5. Fiona Fiona dit :

    Mais, Cet huissier est vraiment un cabot… Il a déjà été jeté en taule par son maître Ali Bongo et il continue… Vraiment…. A ceux qui ont oublié, suivez ce lien https://www.gabonreview.com/blog/succession-bongo-ondimba-mohamed-mhintcho-soufiano-sous-mandat-de-depot/

    • joly dit :

      Qu’il ait été en prison où est le lien avec l’affaire ci dessus présentée?
      Le gabonais ne cessera jamais de m’étonner avec sa bêtise.
      Que gagnons nous, gabonais, dans l’affaire ? RIEN
      Laisser les se battre

  6. Mimbo dit :

    Déjà,demain m’effraie.Qui dira que nous ne l’avions pas vu venir?

  7. Romulus dit :

    L’actuel extraterrestre ”ministre” de la justice n’est pas loin de cette inspiration. Il est prêt à toute sorte d’abomination pour être là ou il y a l’argent.

  8. Charly dit :

    … 600 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour diffamation … Aucune justice au monde ne demanderait un tel montant pour les faits cités … Même pas pour les Présidents des grandes puissances … Le ridicule doit avoir des limites … le monde nous observe … peu de dignité fera du bien … Ne nous enlever pas la fierté de nous présenter en tant que gabonais …

  9. observateur dit :

    Mais cette maison qui va être saisie ne lui appartient même pas. C’est la maison de Pascaline Bongo bref…
    Je passe seulement.

  10. TARA dit :

    Autant il est claire que Mr Ping ne veut pas se soumettre aux lois du pays et fait ce qu’il veut quand cela l’enchante ce qui n’est pas digne d’un homme qui veut être chef d’état autant je m’insurge contre cette somme demandée 600 millions ?? est on sérieux ??? comment peut on condamné quelqu’un pour cette somme pour ce motif? lorsqu’on voit qu’en France pour un motif similaire le président ALI est condamné à 650 000 FCFA le Gabon c’est pas la France ok mais à 600 millions près???

    y’a t’il un précédent dans ce sens au Gabon ?? c’est simplement exagéré la justice doit être libre et juste et la sur ce fait la justice gabonaise envoie un mauvais message.

    • BEYEME dit :

      Très sincèrement, ne vois-tu pas que c’est plutôt un règlement de compte? Comme ali ne peut pas pour l’instant atteindre PING par voie légale(élection libre), alors il emploie tous les superflus pour éliminer un potentiel adversaire. Le QG servira à effacer toutes les preuves des actes commis en 2016, la saisie des autres biens servira elle aussi à ruiner financièrement M. PING.
      Au moins une fois tara et moi sommes d’accord sur un point.
      bon dimache ngouala

  11. Che Guevara dit :

    Que dit la loi sur les peines encourues en cas de diffamation ?
    ——-
    Article 284 du Code Pénal gabonais :

    ” Quiconque, hors les cas prévus aux articles 157 à 162, se rendra coupable de diffamation envers un particulier, soit par discours, cris ou menaces proférées dans des lieux ou réunions publics, soit par des imprimés vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou affiches exposés aux regards du public, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de 24 000 à 300 000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
    La diffamation commise de la même manière envers un groupe de personnes qui appartiennent, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée sera punie d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de 50 000 à 500 000 francs lorsqu’elle aura pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou habitants.”
    —–
    AU GABON, CETTE AMENDE A ÉTÉ REVUE PAR UNE JUSTICE AUX ORDRES POUR PASSER A 600.000.000 F (SIX CENT MILLIONS DE FRANCS CFA). C’EST LA PEINE ENCOURUE PAR JEAN PING DANS UN PROCÈS EN DIFFAMATION CONTRE UN APPARATCHIK DU POUVOIR.

    ÉTAT DE DROIT OU ÉTAT DE VOYOUS ?

  12. Olsen dit :

    600 millions de dommages et interêt c’est inédit. Il n’y a qu’au GABON qu’on peut assister à des choses pareilles.

  13. aldo dit :

    Nous sommes dans un État voyou et c’est lamentable.Chaque jour ces gens nous fond perdre la petite fierté d’être gabonais. Une amande aussi grotesque prouve quelle type de justice il y a dans ce pays,

  14. dikoka dit :

    aaah la aussi les gars ce trop chaire quand même hein 600 million oooh

  15. Panglos dit :

    Pour qu’un Etat existe en tant que tel, la condition sine quanon c’est l’existance d’un peuple. Or, le peuple gabonais n’existe pas. Il n’y a donc pas d’Etat, ni de Président, ni de Gouvernement! Vous ne pouvez pas me dire le contraire parce qu’une frange de la population de ce pauvre petit pays tropical cautiionne la bêtise et la forfaiture. Un dirigeaant étranger avec une double nationalité (française et gabonaise) avec des origines douteuses; qui la plupart de son temps hors du pays; qui accepte que son pays soit envahi par une vague d’immigrés, etc. Et nous le suivons aveuglement…C’est tout simplement ahurissant!

  16. michel dit :

    ce n’est pas uniquement la diffamation mes les biens détruits qui sont l’objet de cette somme

  17. ETERNITE dit :

    1.000.000€ comme amende pour diffamation….nous avons touché le fond et continuons à creuser …

  18. OPIANGA ONTINTE dit :

    On ne succombe pas à la première instance du tribunal. Si PING estimait que le montant demandé par les juges de fonds à savoir 600 millions de nos dolès, il aurait du faire appel de la décision. mais vraisemblablement ce Monsieur est entouré des avocats du siècle dernier.
    La cours de cassation pourrait vérifier en l’espèce si la décision appliquée à PING, est anticonstitutionnelle, donc le premier juge d’instance n’a pas bien lu la loi. Mais comme Ping est riche par sa filiation à pascaline Bongo Ondimba et compagnie, il n’a pas un vrai doctorat pour l’informer que la première décision est attaquable à la cour d’appel. On ne succombe pas à la première mouture bon sang.
    Le riche ne compte pas l’argent!

  19. Panglos dit :

    Le Gabon étant une maison de verre, tout se sait. Les beaux parents de Ping veulent simplement faire croire au commun de mortels gabonais qu’ils peuvent le punir en lui enlevant tout ce qu’ils lui ont donné. Foutaises des foutaises!

  20. le revelateur dit :

    pitié pitié et pitié encore pour mon pauvre Gabon, même nous autres qui avons cassé et coulé les bics depuis le CP1,on réalise la stupidité chaque grandissante de BOA et ses sbires, la loi gabonaise serait elle clientéliste voir variable au gré des clients.A extorquer 600 MILLIONS DE DOLES pour diffamation, c’est tout simplement pathétique.Ce montant serait-t-il le même si le délit avait été commis par quelqu’un d’autre que le Président PING? Le président PING, à titre d’information pour Mr OPIANGA n’est pas seulement puissant parce qu’il pourrait avoir un peu d’argent mais surtout parce qu’il a le peuple gabonais avec lui.
    alors, que BOA ses vautours comprennent qu’ils peuvent tout voler au président PING, mais jamais ce qu’il a de plus cher: le peuple gabonais

  21. global vision dit :

    c’est le prix a payé pour un traître cela ne nous regarde pas Ping a trahi le Bongo il a manqué de respect a Pascaline voila la réponse,ne détourner pas nos regards aux vrais problèmes qui ruine nôtre pays. Ping et milliardaire 600 millions c’est comme 10 mille pour lui, il vie dans le luxe il se fait traité en Europe ces enfants en l’avenir assure,par le détournement de biens de peuple en complicité avec le bongo il a volé rendu une partie de la population esclave, ils n’ont que a se déchiré entre eux même

  22. Fredlionnel dit :

    Normalement la decision du montant n’a rien d’anticonstitutionnel, car la loi ne fixe que le montant a payer au tresor, mais le plaignant a le droit de fixer le montant de l’indemnité qu’il veut pour le prejudice subit. C’est le role des avocats de contester et au juges d’apprecier.

  23. Barro M.J dit :

    Personne n’est au dessus des lois… qu’il paie sa dette

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