Pour l’opposition gabonaise, le refus du pouvoir d’annoncer la date officielle des prochaines élections législatives est une stratégie pour l’endormir et l’empêcher de préparer au mieux le scrutin, alors que le PDG semble, lui, plus informé sur le sujet que d’autres partis.

Au Gabon, la date de la tenue des législatives reste inconnue. © aljazeera.com

 

Trois mois après l’entrée en fonction officielle du bureau exécutif du Centre gabonais des élections (CGE), la date des prochaines législatives n’est pas connue. Ni la structure présidée par Moïse Bibalou Koumba ni le ministère de l’Intérieur ne communique sur la question, au point de susciter des doutes auprès de l’opposition, à l’instar du Rassemblement héritage & modernité (RHM) qui y voit «un silence coupable», que son président impute principalement au gouvernement. D’autant que tout semble prêt pour l’organisation de ce scrutin, en partant de la mise en place du CGE jusqu’à l’adoption d’une dotation budgétaire y relative, en passant par l’opération de révision des listes électorales et la mise à disposition du matériel électoral.

«C’est à croire que le pouvoir redoute la tenue de ces élections», a déclaré, mardi 31 juillet, Alexandre Barro Chambrier, qui soupçonne les autorités de jouer à un jeu dont sera victime l’opposition, en l’occurrence celle dite radicale. Pour le président de RHM, le pouvoir «cherche à surprendre l’opposition en organisant le scrutin dans la précipitation». Il en veut pour preuve que ces derniers jours, comme pour tenter de déstabiliser ceux qui ne comptent pas parmi ses soutiens, «le gouvernement distille au compte-goutte, dans les réseaux sociaux et par l’intermédiaire de certaines agences de presse quelques informations sur la liste électorale alors que l’opinion attend la publication, par les voies officielles, du calendrier d’ensemble des opérations électorales».

Pendant que RHM comme d’autres attendent que soit communiquée la date officielle de la tenue des législatives, du côté du Parti démocratique gabonais (PDG), les réunions de préparation initiées par le secrétariat général se multiplient au siège de Louis à Libreville. Le 30 juillet dernier, le parti d’Ali Bongo et Lambert Noël Matha (ministre de l’Intérieur) tenait d’ailleurs une «réunion stratégique pour la préparation des élections générales avec les secrétaires nationaux». Le parti au pouvoir semble avoir plus d’informations que les autres, au point d’évoquer, presqu’en l’affirmant, que le gouvernement optera plutôt pour des élections générales (législatives et locales).

A RHM, on ne compte pas se laisser surprendre. «Toutes ces manœuvres sont vouées à l’échec. Le peuple gabonais aspire au changement et à l’alternance. Il est déterminé à rééditer son vote d’août 2016 en sanctionnant massivement la majorité PDG qui a étalé au grand jour son échec dans la conduite des affaires publiques. Cette détermination s’exprimera quel que soit le moment retenu et quelques soient les combinaisons envisagées», a déclaré Alexandre Barro Chambrier.

 
 

10 Commentaires

  1. Rév. Pasteur Israël Nahum dit :

    Législatives 2018 : Le pouvoir tente-t-il d’endormir l’opposition ?
    Le problème ce n’est pas l’opposition, car l’opposition est réellement prête mais pas le parti au pouvoir. L’hésitation au quelle ils font face (pedegistes) est né de la crise électorale de 2016. Et à cause de l’illégitimité du pouvoir en place le fossé est grand entre Ali Bongo et le peuple gabonais (la base électorale), car à arme égale la majorité ne peut pas gagner cette élection face à une opposition qui a bien affutée ses armes électorales, c’est-à-dire au travers des urnes. Ali Bongo tente à tout prix de la gagnée loyalement mais il sait qu’il va la perdre : Alors il tente de minimiser la situation, en créant cette voici une fraude massive.
    Vive Dieu et Vive le Gabon
    Rév. Pasteur Israël Nahum

  2. Adolf Mosséssé dit :

    L’espoir de “Réconciliation” projeté par l’Union Européenne à travers les élections législatives, est en train de voler en éclat.
    Quant au Révérend Père Louis Gaston Mayila, il peut toujours continuer à prêcher sa “Réconciliation Nationale dans le désert.
    Ali Bongo, son PDG et associés, ont toutes les cartes en mains pour remporter haut les mains les élections législatives comme le disait Brice Lacruche… de quoi ont ils peur ? Lambert Noel Matta a t-il perdu la formule magique de la fraude ?

  3. Ikobey dit :

    Les chiens peuvent aboyer la caravane passera !

  4. Serge Makaya dit :

    Et quand je pense qu’une institution comme le FMI est sur le point de prêter à ce gouvernement de KK plus de 50 millions d’euros… C’est la preuve que la France et la plupart des pays de l’Occident soutiennent les régimes totalitaires d’Afrique. Mais nous ne nous laisserons pas manipuler par ces gens, cette bande de francs maçons. Le diable est vraiment aux commandes du monde. Lol !

    • Paul Bismuth dit :

      Il vous fallait sincèrement un article sur des prêts d’argent concédé par le fmi au Gabon pour vous en convaincre ?! Réveillez-vous, mon ami. Ces dictatures obscurantistes desservent la cause de ceux qui les financent. Et chez nous ça remonte aux “indépendances”.

    • Ikobey dit :

      Heureusement que le FMI prête un peu d’argent, cet argent ira nourrir les familles gabonaises.
      Honte à ceux qui veulent la politique du pire, qui ne souhaitent que la misère pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Ceux qui souhaitent plus de malheur , qui font tout pour saborder le pays !
      Ils est temps que les Gabonais se rendent enfin compte qu’il y a ceux qui servent le pays tant bien que mal, et ceux qui manipulent notre jeunesse et tentent désespérément de détruire tout ce que nous avons chèrement acquis depuis 50 ans.

      • Okoss dit :

        Ikobey
        Le Gabon est 1 pays immensement riche.nous n avons pas besoin de faire la manche.quelle honte.
        Qu est ce qu on ,a acquis en 50 ans.les techniques de détournement et enrichissement illicite .akiee, que c est triste de lire ton poste

    • Ikobey dit :

      @Makaya
      crois-tu qu’en dictature tu pourrais déverser toutes tes bêtises ?

  5. moutou1 dit :

    Une élection ne peut réconcilier un peuple. BOA a pris les armes pour tirer sur le peuple qu’il prétend gouverner dè lors rien ne pourras être comme avant.
    Il finira par payer. le sang des êtres humains ne peut être lavé par une élection ou par l’achat des opposants.

  6. Paul Bismuth dit :

    Entre un pouvoir dictatorial et obscurantiste, et une oppostion tout aussi obscurantiste en plus d’être populiste, je vote blanc. Je sais bien que ce vote blanc,même en atteignant des sommets, n’engendrera aucune prise de conscience de la part d’Ali et sa bande, mais j’exhorte vraiment les compatriotes à emboîter le pas. Car aucun de ces hommes (qu’il soit de la majorité ou de l’opposition) n’a réellement compris ce qu’on appelle l’intérêt collectif.

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