Une nouvelle version du livre du comédien et homme de culture gabonais, Dominique Douma, est accessible sur le marché national. Si la couverture a changé, le contenu de la première édition a, lui, été enrichi mais raconte toujours la même histoire : celle d’un «Mwegni», un étranger pris dans une guerre civile.

Détails de la couverture de Mwegni de Dominique Douma. © D.R.

 

La librairie africaine vient de s’enrichir avec la nouvelle version du roman «Mwegni» de l’artiste gabonais Dominique Douma, rééditée récemment aux éditions Société des Ecrivains, en France. Cette nouvelle version change de la première parue, en 2012, aux éditions Panthéon, d’abord par la couverture et la quatrième de couverture, dont l’illustration est plus colorée et plus représentative de la spiritualité de l’auteur de l’œuvre. Corrigé et enrichie, l’histoire n’est pas moins restée la même, et le livre compte désormais 55 chapitres contrairement aux 29 de la première édition.

Dans la nouvelle version comme dans la première, «Mwegni», retrace le parcours d’un personnage pendant la guerre civile de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville, en 1962, ayant éclaté à la suite d’un match de football. Le narrateur raconte comment les tensions entre Congolais et Gabonais vont en s’aggravant jusqu’à l’explosion.

Alors qu’il n’a qu’une dizaine d’années, membre de l’ethnie Vili, né de parents gabonais originaires de Mayumba, Dominique Douma va échapper de peu à des représailles. L’année suivante, il est contraint de fuir et de se réfugier au Gabon. C’est là que la musique et le théâtre scolaire vont jouer un rôle déterminant dans ses futurs choix professionnels. Entre le Congo-Brazzaville, le Gabon et la France, l’auteur revient sur une trajectoire singulière indissociable des troubles de l’époque, entremêlant chronique sociopolitique et peinture d’une vocation artistique qui ne l’a jamais quitté.

«Il me semble que cette œuvre peut se lire comme la tragédie de l’enfance violée, du voisinage des peuples toujours en conflits comme le montre les guerres qui ont secoué le 20e siècle», pense l’homme de lettres, Rufin Boudjala. Ajoutant que dans ce roman, Dominique Douma interroge la violence qui rend un homme étranger au culte des nations, étranger à soi même comme ses écrivains portant le drame qui divise les peuples.

«Le titre de «Mwegni», qui paraphrase Camus, signifie «étranger» en Vili et en Ipunu. C’est déjà symbolique d’une philosophie de refus d’un monde en perdition, la disparition de l’humanisme Bantu. Un refus comme chez Tchicaya U’Tamsi de cette histoire triste de l’Afrique qui ne vient pas de l’ailleurs mais d’une crise de notre propre monde», explique Dominique Douma. Et de noter la similitude avec des auteurs comme Modiano, Yves Berger.

Dans son livre, l’homme de théâtre relève également le rôle du cargo qui transportait les réfugiés de Pointe-Noire à Libreville. Cargo qu’il qualifie d’embarcation polysémique, et qui montre, selon lui, la puissance créatrice d’un écrivain, pour qui le voyage en bateau est un voyage dans des mondes ténébreux de notre histoire et le cheminement vers le monde initiatique.

 
 

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