En dépit de son échec personnel aux législatives dans le département de l’Okano à Mitzic, et malgré la «débâcle» de son parti, Démocratie nouvelle (DN), lors de ce scrutin, ainsi qu’aux locales à travers le pays, l’actuel ministre délégué à la Protection sociale et à la Solidarité nationale se présente comme un allié fidèle du président de la République. Il n’entend pas cesser de proposer ses états de service à Ali Bongo, tant que celui-ci aura besoin de lui.

Jonathan Ndoutoume Ngome, en septembre 2018, à Oyem. © Gabonreview

 

Gabonreview : Considéré comme l’un des alliés d’Ali Bongo Ondimba, votre parti n’a obtenu aucun siège aux législatives de cette année. Serait-ce la fin de Démocratie nouvelle, deux ans après sa création ?

Jonathan Ndoutoume Ngome : Deux ans effectivement après la création de DN, on ne peut pas parler de sa disparition du fait des mauvais résultats au processus électoral en cours. En effet, DN n’a pas encore achevé son processus d’implantation de ses structures de base à travers tout le pays. Il faut même louer les efforts et le courage de notre parti qui a présenté plusieurs candidats dans plus de la moitié des provinces du Gabon. Ce qui n’est pas le cas de plusieurs partis politiques qui existent depuis 1990.

Autrement dit, notre échec au processus électoral en cours est riche d’enseignements pour permettre à DN de multiplier les efforts dans le sens de son implantation à travers le pays pour affronter des futurs échéances électorales avec beaucoup plus d’assurances à travers une offre politique qui rassure les Gabonais.

Au regard de la situation actuelle, qu’est-ce que Démocratie nouvelle peut encore proposer aux Gabonais et a fortiori au chef de l’Etat ?

Nous sommes allés aux élections législatives et locales actuelles dans un contexte de transition ou d’exception relative à la mise en pratique des réformes issues des négociations politiques d’Angondjé. De ce fait, l’offre politique de DN n’a pas été appréciée à sa juste valeur. Cela va nous prendre du temps pour clarifier notre positionnement politique comme parti qui incarne les valeurs républicaines et progressistes excluant ce fait les extrémismes de tout bord et certaines positions figées qui ne font pas avancer le pays.

Nous avons décidé de travailler avec le président Ali Bongo dans sa vision d’ouverture afin que tous les fils et toutes les filles du Gabon contribuent au développement du pays. Pour ainsi dire, notre apport au président ne peut se juger exclusivement aux résultats électoraux. Il faut surtout apprécier cet apport dans notre contribution à l’apaisement sociopolitique du Gabon.

La stratégie mise en place par le PDG durant les législatives et municipales de 2018 montre à suffisance que ce parti n’a besoin ni de béquilles ni d’attelles politiques pour l’aider à asseoir son hégémonie. A quoi servez-vous alors ?

Je ne porterai pas de jugement de valeur sur la stratégie du PDG qui semble lui réussir pour le moment. Pour notre part, il nous faut faire un effort d’implantation et surtout un effort de regroupement au niveau des partis d’opposition dont la dispersion explique en partie la débâcle électorale actuelle. Les partis d’opposition doivent comprendre que la règle élémentaire en politique n’admet pas les divisions mais plutôt une mutualisation de moyens humains pour espérer avoir des résultats probants. Autrement dit, les divisions actuelles de l’opposition, la non implantation actuelle de ces partis, et les égaux des leaders constituent les points faibles de cette opposition. Il est plus que temps qu’on arrive à la création des grands regroupements pour les partis d’opposition qui partagent la même vision de la société.

Sur le plan personnel, comment entrevoyez-vous votre carrière politique au sein de Démocratie nouvelle et au sein du gouvernement ?

Je suis un des membres fondateurs de DN et je n’entends pas abandonner mon bateau parce qu’il a pris un peu d’eau, le plus dur n’est pas de tomber mais il faut savoir se relever en prenant acte des erreurs commises. Quant à mon avenir au sein du gouvernement, il est déterminé par les plus hautes autorités en tête desquelles le président de la République, chef de l’Etat, son excellence Ali Bongo Ondimba.

L’efficacité d’un membre du gouvernement ne tient pas forcément à sa réussite ou à son échec au cours d’un scrutin. Mon échec aux législatives ne représente rien face à l’estime que j’ai de voir, pour une fois, un processus électoral au Gabon jugé positif grâce aux réformes que nous avons engagées lors du dialogue politique. Pour ainsi dire, la réussite de l’organisation des élections au Gabon est plus importante que la défaite d’un acteur.

En tant qu’individu, pensez-vous avoir les compétences et les aptitudes pour servir davantage notre pays au sein du gouvernement ?              

Il est difficile de porter un jugement de valeur sur soi. On ne peut pas non plus se déprécier à travers un échec à une élection. Autrement dit, Alain Juppé qui a perdu les législatives en France 2007, ne serait plus revenu sur la scène politique en France. J’estime être au début de ma carrière politique qui certainement connaitra des hauts et des bas. Ce n’est pas pour autant que je dois cesser de proposer mes modestes états de service à la République tant que le Chef de l’Etat aura besoin de moi aux responsabilités.

 
 

10 Commentaires

  1. Faux et Archi-faux Monsieur le Ministre. Vous avez été battu sans appel à l’élection législative évitez maintenant de perdre votre âme.
    Vous ne pouvez pas dire que vous un inconditionnel de l’usurpateur Ali Bongo; si vous l’étiez réellement, vous ne vous seriez présenté contre un candidat du parti au pouvoir.
    Le principe posé était le suivant : Tout ministre battu à l’élection doit quitter le gouvernement. Arrêtez donc de jouer au lèche bottes, retournez à L’UOB ou vous serez plus utile. NE PERDEZ PAS VOTRE DIGNITé.

  2. gabonrepublicain dit :

    Quand on est opposant du ventre, c’est tout à fait normal!

  3. Serge Makaya dit :

    Allié inconditionnel d’un ASSASSIN. Pitié !

  4. BSerge Okogo dit :

    L’adage selon lequel”il n’y a que les imbéciles qui ne change pas d’avis”ne tient pas la route ici. Nous sommes en présence d’une escroquerie intellectuelle. Monsieur le Ministre Ndoutoume était un farouche opposant à Ali Bongo pendant l’élection présidentielle de 2016. Il ne peut pas avoir changé du jour au lendemain.En tout état de cause, Démocratie Nouvelle est un parti satellite du PDG.

  5. Ngouss Mabanga dit :

    c’est quoi ta plus value….?

  6. Faridou dit :

    En politique il ya tjrs 4 mots qu’il faut jamais oublier.je site:{ne,jamais,se faire, prendre.} pourquoi chercher à blâmer le docteur.

  7. espoir dit :

    Bien sur qu’il doit etre blame.ce type doit encore se regarder dans son miroir pour voir qu’il s’est trompe de route.

  8. kololupemba dit :

    Ce n’est pas à lui de se déclarer allié inconditionnel de Ali16. C est plutôt à Ali de le constater. Quand vous dis que ministre ça vous change un homme heinn.ce type est passé de grand vilipendeur d Ali sur les plateaux télé à amoureux d Ali dans les colonnes de journaux. C’est grave docteur ?

  9. bidumsang dit :

    Tout simplement triste de lire ce que je que lis pour recevoir en écho cet appel de ”Mitzic ” qui sonne comme une envie de réclamer coûte coûte son maintien dans le gouvernement…

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