Face au caractère inopérant des sessions criminelles spéciales et au risque d’une instauration de l’impunité quant aux crimes dits rituels, l’Observatoire national de la démocratie suggère la mise en place d’une commission chargée d’en recenser tous les cas depuis 22 ans et prône le classement de cette catégorie de délits en crimes contre l’Humanité.  Gabon crimes rituels

L’Observatoire national de la démocratie (OND) s’étonne, comme Gabonriew (Cf. Sessions criminelles, crimes rituels : les limites de la méthode Ouwé), de ce que les sessions criminelles spéciales, ouvertes le 7 mai au tribunal de première instance de Libreville avant de se poursuivre du 14 au 31 mai à Oyem et 21 au 31 mai à Lambaréné, ne débouchent sur rien de ce qui était attendu par l’opinion publique. En effet, hormis le sénateur du département du Komo Kango, Gabriel Eyéghé Ekomie, personne d’autre de haut placé n’a été cité, indexé ou inquiété au cours de ces sessions spéciales. L’opinion nationale a pourtant une conviction intime : les crimes dits rituels sont commandités par des acteurs politiques. Ce qui est corroboré par leur recrudescence à l’approche d’une élection cruciale ou de la formation d’un nouveau gouvernement. C’est à cet effet que l’ONG dirigée par Dieudonné Minlama Mintogo a publié, il y a quelques jours, un communiqué d’une pertinence qui en interdit la césure et force à sa publication intégrale.

Le communiqué de Presse de l’OND sur les crimes rituels au Gabon

«Faisant suite au documentaire sur les crimes rituels au Gabon diffusé par la Chaine de télévision Française Canal +, au choc et à l’indignation créé par ce reportage au sein de la communauté nationale et internationale, le Président de la République a convoqué une importante réunion impliquant les forces de sécurité, les membres du gouvernement et les représentants du corps judiciaire.

Au terme de cette importante concertation, il a été décidé de l’organisation par la Cour Criminelle des Sessions extraordinaires  au niveau des différentes capitales provinciales du Gabon pour, enfin, solder tous les dossiers concernant les crimes rituels restés depuis plusieurs années en souffrance dans les casiers de nos tribunaux.

Cette décision, a été fortement saluée par la communauté nationale et internationale. Pour les parents des victimes, cette démarche du Président a créé un grand espoir et la possibilité de voir les assassins, les commanditaires et les marabouts, responsables de ces crimes répondre de leurs actes.

A mi-parcours, de cette ambitieuse opération de justice initiée par le Président de la République lui-même, force est de constater que l’espoir a fait place à l’amertume, au désespoir. En effet, en dehors de l’affaire «Eyéghé Ekomie», la quasi-totalité des dossiers jugés concernent les crimes passionnels, les accidents… très loin du motif qui a suscité la mise en place de ces sessions extraordinaires.

Par, ailleurs le fait que les dossiers à mettre en jugement soient sélectionnés par les magistrats par «tirage au sort», laisse perplexe plusieurs observateurs avertis, sur la fiabilité, l’équité, la rationalité, la logique, l’efficacité et les motivations de ce type d’exercice … N’est-il pas plus logique et plus fiable d’organiser ces procès en tenant compte simplement de l’ordre chronologique ?

Au moment, où les informations qui nous parviennent des prisons font état de fortes pressions que certains commanditaires exerceraient sur les assassins, n’est il pas aussi à craindre que les même commanditaires puissent «agir» au niveau de certaines sphères à l’occasion de ces fameux tirage au sort ?

Dans tous les cas, au vue de l’importance stratégique, qu’occupent les crimes rituels dans notre système politique et administratif …Et du positionnement des commanditaires au sein de l’appareil de l’État ainsi que dans le système sécuritaire, la majorité des gabonais pensent que ce dossier est largement au-dessus des capacités de notre Justice.

Aussi, devant l’impossibilité des autorités gabonaises à faire aboutir ce dossier et soucieux de protéger la vie et de mettre définitivement fin à ce génocide bien «encadré», nous demandons :

  • À la Communauté Internationale de classer les crimes rituels au Gabon en «Crime contre l’Humanité» et de créer un tribunal spécial chargé de juger tous les cas des crimes rituels enregistrés au Gabon  de 1990 à 2012 ;
  • Au Président de la République et au Gouvernement de créer une commission tripartite, gouvernement-Société Civile –Organisations internationales en charge de Droits de l’Homme, chargée de recenser tous les cas des crimes rituels au Gabon de 1990 à nos jours.»
Fait à Libreville le 26 mai 2012
Pour l’Observatoire National de la Démocratie
Dieudonné Minlama Mintogo
 
 

3 Commentaires

  1. okeba maxime dit :

    Très bonne observation. Vivement que cette proposition voit le jour.

  2. l'enfant du pays dit :

    Bien pense,mais helas,comme vous avez pu le constater ce dossier brulant n’aboutit a rien.tout simplement,ceux qui doivent juger ne peuvent le faire simplement parceque,ils ont en fance les barrons de la repulique.c’est claire,ne nous voilons pas le visage.Je pense en revanche,qu’I’ll faut associer la justice internationale par le biais de la c.p.I d’y venir faire des enquetes avec de la societe civile et les 0.N.G c’est tout.Sinon on va touner en rond et j’ai peur que cela puisse continuer.Alors,faisons de cette histoire et battons nous preserver la vie humaine qui est tres tres chere.

  3. Fight Against Ritual Killings Gears Up in Gabon · Global Voices dit :

    […] identify all instances of ritual killing that have occurred in the the last 22 years and for the recognition of such offences as crimes against humanity [fr]. Gabon Review notes in that post that people in high power should not get away[fr] with […]

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