Pour n’avoir mis en place aucune politique visant à limiter la prolifération des malades mentaux sur les voies publiques à Libreville, la ministre d’Etat à la Santé a récemment été blâmée par le Général d’armée Grégoire Kouna, commandant en chef de la Garde républicaine (GR), qui l’a instruite de s’y atteler.

En mai 2017, un malade mental a tenté de s’inviter dans le cortège d’Ali Bongo sur le boulevard du bord de mer à Libreville (illustration). © D.R.

 

Après plusieurs années de déni et d’inaction, le sujet de la prolifération des malades mentaux dans les rues de Libreville et d’autres localités du pays semble enfin intéresser les autorités. Le président de la République lui-même serait préoccupé par «ce phénomène récurent à caractère agressif pour certains et causant des dommages parfois irréparables». Il souhaiterait que des solutions soient trouvées. C’est en tout cas, ce qu’il ressort de la correspondance adressée, le 16 mai dernier, par le Général d’armée Grégoire Kouna à Denise Mekam’ne, la ministre d’Etat en charge de la Santé.

L’intérêt soudain du commandant en chef de la GR pour la présence croissante des malades mentaux dans les rues de la capitale n’est pas anodin. En réalité, un événement l’y a forcé : la traversée du boulevard du bord de mer par un malade mental durant le convoi d’Ali Bongo, en mai dernier. Ayant enfin mesuré l’ampleur et la dangerosité du phénomène, le patron de la GR n’a pas manqué de se plaindre auprès de la ministre de la Santé de ce qu’«aucune stratégie d’encadrement n’est visible pour les paisibles citoyens dont la quiétude est souvent perturbée».

Comme galvanisé par son entretien avec le chef de l’Etat sur le sujet, dans sa correspondance, le Général Grégoire Kouna s’est laissé aller à donner des instructions à la ministre d’Etat. Il lui a rappelé son «devoir de tout mettre en œuvre pour pallier cette situation désobligeante», non sans espérer d’elle qu’elle s’implique «sans réserve» en vue de venir à bout du phénomène.

Si au ministère de la Santé l’intervention du cochef de la GR a été moyennement appréciée, il n’en demeure pas moins que ses «instructions» à la ministre ont permis de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Celle des populations n’ayant jamais été entendue. La correspondance du Général Kouna, selon des sources internes, a été transmise au directeur adjoint du Centre psychiatrique de Melen par le secrétaire général adjoint 1 du ministère de la Santé. Le gouvernement attend des réponses de la part des patrons de cette structure en proie à des difficultés logistiques depuis plusieurs années, au point qu’elle a dû fermer des mois durant, en raison des conditions de travail et d’accueil exécrables.

 
 

7 Commentaires

  1. Corto maltese dit :

    Vu comme le pays est gere, on peut estimer que de nombreux malades mentaux sont au gouvernement

  2. Ari dit :

    Le commandant en chef de la GR G. Kouna blame la ministre d’Etat a la Sante D. Mekam’ne parce que un malade mental a traverse le cortege d’Ali en mai dernier. Whouaaa!!!
    Les deranges mentaux sont dans les rues de nos cites depuis des decennies cheres autorites. Ali et son General ne s’en rendent compte que maintenant?

    Et puis, le General a le courage de blamer la ministre d’Etat parce que c’est une femme ou quoi? Aurait-il le meme courage s’il s’agissait d’un homme? Pourquoi n’est-il pas alle chez le Premier ministre (symboliquement le chef du gouvernement)?
    Je conseillerais a Mme Mekam’ne d’aller blamer egalement le General Kouna sur le comportement de ses hommes en uniforme et en etat d’ébriété dans les rues, leurs postes, et les bars des quartiers.

    Cheres autorites (Ali, Kouna, Mekam’ne et consort) vous etes d’une cécité incroyable, et c’est le moins que je puisse dire. Car que faut-il faire pour attirer votre attention face aux problemes de notre societe?
    Par exemple, etes-vous au courant des crimes rituels ou faudra-t-il attendre qu’un jour un des membres de vos familles soit retrouve egorge et extirpe de ses organes genitaux pourqu’enfin vous vous reveillez de votre sommeil lethargique sur cette question?

    En tous cas vous ne meritez pas d’avoir des charges publiques du pays, car vous etes totalement irresponsables. Demissionnez!!!

  3. TREAZS dit :

    “La traversée du boulevard du bord de mer par un malade mental durant le convoi d’Ali Bongo, en mai dernier.” Donc cet événement les autorités n’auraient pas pris conscience de phénomène??

  4. Matho dit :

    Au fait, longtemps avant cet incident, n’y a t-il pas eu mort d’homme du fait d’un malade mental au carrefour “gigi” du coté d’Akanda? C’était donc moins grave?

  5. La pensée dit :

    Les problèmes de santé publique intéressent maintenant le cochef de la GR? Curieux…on aurait bien aimé l’entendre et le voir réagir sur la question des crimes rituels qui sont de plus en plus récurrents dans notre cher pays. La proximité professionnelle ou familiale qu’il pourrait y avoir entre le Chef de l’Etat et le cochef de la GR ne donne à ce dernier aucune préséance devant un ministre de la République quel qu’il soit. C’est une règle administrative de base qu’on intègre lorsqu’on bien saillant et un peu cortiqué. Qu’à cela ne tienne il s’agit là d’un phénomène que le gouvernement doit prendre à bras le corps.

  6. diogene dit :

    Le Bongoland à l’instar de tous les pays fascistes espère régler les problèmes en les cachant.

    Les malades mentaux sont parqués, parfois enchaînés, toujours maltraités, mal ou pas nourris dans des hôpitaux que seul le panneau à l’entrée justifie.

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