L’annonce par l’ambassadeur, Haut représentant du Gabon en France, Flavien Enongoué, d’assister des personnalités gabonaises dans des actions judiciaires engagées à Paris et sa réaction sur la décision de la justice française d’enquêter sur d’éventuels crimes contre l’humanité perpétrés au Gabon, enflamment la toile «gabonaise» qui s’interroge sur l’action de ce diplomate.

Flavien Enongoué, Ambassadeur, Haut représentant du Gabon en France, n’a pas encore présenté ses lettres de créances et subi déjà des critiques pour ses actions. © D.R.

 

Depuis l’annonce par l’ambassadeur du Gabon accrédité en France d’assister Edouard-Pierre Valentin et Crépin Gwodock dans l’action judiciaire qu’ils ont engagée contre leurs «agresseurs», et à la suite de sa déclaration sur la qualification de «crime contre l’humanité», retenue par la juge française d’instruction, annonçant d’éventuelles enquêtes sur cette affaire; le diplomate est pris pour cible sur le Net. La plupart de ses détracteurs et contradicteurs insistent sur le fait qu’il n’a pas encore présenté ses lettres de créances pour entreprendre ces actions.

Nommé au poste d’ambassadeur, Haut représentant du Gabon en France et auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à l’issue du Conseil des ministres du 27 février 2017, le nouvel ambassadeur du Gabon n’a pas, depuis lors, présenté ses lettres de créance. Cependant, il est à Paris depuis le 5 juin dernier pour sa prise de fonction. Les diatribes contre Enongoué, l’accusent particulièrement de «violer ou d’ignorer la Convention de Vienne de 1961», en s’exprimant publiquement alors qu’il n’a pas encore présenté ses lettres de créance.

Sur ce plan précis, «En France, la pratique en vigueur voudrait que les lettres de créance soient présentées au Chef de l’Etat par l’ambassadeur accrédité, lors d’une cérémonie qui a lieu dans le salon des ambassadeurs à l’Elysée. C’est la réception de ce document officiel par le Chef de l’Etat français, qui officialise la nomination et l’accréditation de l’ambassadeur. Avant cette cérémonie, un ambassadeur nommé par son gouvernement, mais qui comme Flavien Enongoué, n’a pas encore officiellement été accrédité par le pays hôte, ne peut pas demander d’audience au Chef de l’Etat ou du gouvernement, ni aux présidents des Assemblées», précise une source diplomatique.

Selon la même source, cette procédure a été bel et bien suivie par l’ambassadeur du Gabon. Arrivé à Paris le 5 juin 2017, une note lui a été remise par le Chef-adjoint du protocole du Quai d’Orsay (Ministère des Affaires étrangères), lors de la visite de courtoisie qu’il lui a rendue au 26 bis Avenue Raphaël, le 7 juin 2017. Au cours de cette rencontre, les copies figurées de ses lettres de créance et de rappel de son prédécesseur (Germain Ngoyo Moussavou) lui ont été présentées, conformément à la procédure en vigueur en France.

Les sorties querellées du Haut représentant du Gabon en France enjambent-elles le dispositif de cette procédure ? Le Vade-mecum des ambassadeurs en vigueur en France ne le dit pas explicitement. Selon ce document un «ambassadeur nouvellement accrédité en France peut, en pratique, dès son arrivée, exercer certaines fonctions, établir des contacts et mener à bien son travail avant la remise de ses lettres de créance au président de la République, qui peut intervenir plusieurs mois après le début de sa mission». Ce dernier peut agir et même accorder des interviews tout en «observant une attitude générale de réserve et de prudence». Ici, tout dépend de ce qui s’entend par «attitude générale de réserve et de prudence», puisque ces expressions ne sont pas explicitées. Sous ce regard l’un des indicateurs qui pourrait situer le débat, serait sans doute la réaction de l’Etat accréditaire face aux actions menées par Flavien Enongoué.

Si le Quais d’Orsay n’a pas émis de réserve sur les sorties de cet ambassadeur qui n’a pas encore présenté ses lettres de créance, cela suggère implicitement que les «petits pas» du Haut représentant du Gabon en France se situent à l’intérieur du pourtour de la légalité en la matière.

 
 

8 Commentaires

  1. Emenon dit :

    Le pauvre!Un parachuté qui n’a rien dans la tête.

    • messowomekewo dit :

      C’est excessif de dire que Mr F. Eningoué n’a rien dans la tète, c’est un diplomé de philosophie, je crois qu’il dispensait même des enseignements à l’UOB un moment. En revanche on peut estimer que la diplomatie n’est pas son domaine,malheureusement pour notre pays.

  2. Airborne dit :

    Flavien, tu as pas fait des etudes en diplomatie, les bienseances cela s”apprend, on t’a bombardé à Paris pour defendre les interets de la famille Bongo ou bien pour t’occuper des gabonais de l’etranger qui sont laissés pour compte. En plus tu n’es pas fichu de decarcasser à presenter tes lettres de creances à Macron, le President Français, tu t’occupe des futilités de agressions verbales du beau pere de BOA, alors qu’au Gabon ce sont des agressions aux cocktails par des laches et des vouyous qui operent dans les tenebres engagoulés. J’ai comme l’impression qu’il te manque des choses à faire pour un ambassadeur en france, il y a du bouleau

  3. Toujourlà dit :

    Bonjour

    Gens de Loi
    La question c’est,
    une ambassade (donc représentation
    d’un pays et de ses ressortissants auxquelles
    elle doit assistances)
    peut elle légalement, moralement ou dans l’esprit de la diplomatie
    porté assistance à un compatriote (fut-il dieu le père)
    contre un autre compatriote ?
    …si oui, celà ne fait-il pas de ces derniers, fut-ils hors la loi du pays d’accueil,
    des “demi compatriotes”…?

    Merci

  4. MEYE dit :

    Mon frère ou ma soeur Toujourslà. Tu as posé une bonne question.
    Que les juristes et autres diplomates répondent.

  5. le pecheur dit :

    En la matiere monsieur valentin et monsieur gwodwock ne sont pas en mission offficielle pour commenecr puisqu’ils sont administrateurs de societes privees ah Gabon (CGG-R). Dans les faits ils ne sont pas en mission “officielle” pour le compte de l’Etat Gabonais. Pourquoi doivent-ils a prioro, beneficier de l’appui et de la protection de l’Ambassade du gabon contre d’autres Gabonais. En la matiere, seule peut etre une conciliation serait possible. C’est choquant de voir que plus personne ne se cache devant des evidences “evidentes”

  6. yaali dit :

    des amateurs, les gars s’ennuient

  7. Bruno Mihindou dit :

    http://www.gabonreview.com , pourquoi jouez-vous avec la vérité à ce point?

    En France, la cérémonie de remise des lettres de créance est organisée généralement deux ou trois fois par an et permet au président de la République de recevoir de nombreux ambassadeurs.

    Depuis la présidence de Mac Mahon, la cérémonie se déroule dans le Salon des Ambassadeurs, au rez-de-chaussée du palais de l’Élysée.

    La date d’arrivée sur le territoire français détermine l’ordre de remise des lettres de créance par chaque ambassadeur lors de la cérémonie. Avant la cérémonie, les ambassadeurs nommés par leur gouvernement, mais qui ne sont pas encore officiellement accrédités par le pays hôte, ne peuvent pas demander d’audience au chef de l’État ou du gouvernement, ni aux présidents des assemblées, ni même donner d’interviews liées à leur fonction. Ils peuvent en revanche prendre leurs fonctions au sein de leur ambassade.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Lettres_de_cr%C3%A9ance

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