Tombé malade en octobre dernier, le président Ali Bongo Ondimba a été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Largement commenté par la presse panafricaine, le sujet a été évité par les médias gabonais par peur du châtiment. Le vice-président ayant confirmé l’AVC, retour sur la rhétorique de l’exécutif gabonais et sur l’analyse des vidéos de Rabat par des confrères qui parlent d’hémiplégie du côté droit.

Dans la première vidéo de Rabat, le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba. © Photo agrandie par Afrik.com

 

Enfin, un officiel gabonais, en l’occurrence le vice-président de la République, fixe l’opinion sur ce qui est arrivé au président Ali Bongo à Ryad : un accident vasculaire cérébral. «Personne ne doit se réjouir de la mort ou de la maladie d’un autre, ceux qui n’ont jamais connu un AVC, priez Dieu qu’ils n’en connaissent jamais un. Je ne le souhaiterais à personne, pas même à mon pire ennemi», a lancé Pierre Claver Maganga-Moussavou, le vendredi 7 décembre dernier à Franceville. Le remplaçant succinct d’Ali Bongo au Conseil des ministres du 16 novembre dernier s’exprimait ainsi devant les sinistrés d’une inondation survenue dernièrement à Franceville.

Le saupoudrage de détails est souvent utilisé pour convaincre l’auditoire de la non-gravité d’une situation

Pour sa part, Emmanuel Issoze Ngondet indiquait à la presse, le 4 décembre dernier à l’aéroport de Libreville, que «le chef de l’Etat est conscient. Il reconnaît ses interlocuteurs, il voit bien, il parle bien, sa modulation de ton est bonne». Pour les exégètes de la rhétorique politique et les spécialistes du langage, le saupoudrage de détails est souvent utilisé pour convaincre l’auditoire de la non-gravité d’une situation. Autrement dit, Ali Bongo pourrait avoir des problèmes de vue, de reconnaissance de ses interlocuteurs et d’élocution, le Premier ministre ayant souligné, a contrario, une bonne santé à ces niveaux. L’absence de bande-son sur les vidéos de Rabat a d’ailleurs amené de nombreux commentateurs à conclure à des problèmes d’élocution.

Malgré les assurances données, Maganga-Moussavou qui était du voyage de Rabat, a tout de même lancé une alerte. «Mais, attention ! Je dis bien attention ! Il faut en pareille circonstance, laisser le chef de l’Etat recouvrer, tout le temps qu’il faudra, sa santé. Il ne faut pas se précipiter (…) Et le vice-président d’indexer «ceux qui disent qu’il faut qu’il soit en état, maintenant, au bout d’un mois, de se mettre debout, de gambader…». Ce qui amène, toujours a contrario, à une autre question : le président peut-il donc se tenir debout ? Les vidéos à Rabat ne le montrent en effet qu’assis.

«Gabon, Vidéo : ces images d’Ali Bongo qui accablent Libreville»

Cette position n’a pas manqué d’attiser la curiosité d’Afrik.com, journal en ligne panafricain notamment soutenu par Hervé Bourges et le Groupe Lagardère. S’étant livré à une analyse des vidéos de Rabat, dans un article titré «Gabon, Vidéo : ces images d’Ali Bongo qui accablent Libreville», le site d’information relève que le chef de l’Etat gabonais «qui accueillait ses hôtes avec énergie, debout sur ses deux jambes, en leur serrant la main, une poignée de mains d’une rare fermeté, se limite à rester assis et à installer ses invités avec un simple geste de la main… gauche. Ce qui pourrait en effet confirmer l’hémiplégie du côté droit dont souffre Ali Bongo.»

Abordant le fait que le président n’a été montré, à Rabat, que de profil gauche, le vice-président a laissé entendre à Franceville : «Quand les gens disent on a filmé le président sous un angle, on a fait ceci. Mais, un chef d’Etat ne doit pas être vu sous un mauvais angle, parce qu’il symbolise le pouvoir. Et donc, il doit être bien vu.»

«Gabon : la preuve qu’Ali Bongo est… paralysé»

A ce sujet, dans un autre article intitulé «Gabon : la preuve qu’Ali Bongo est… paralysé»,   Afrik.com qui avait parlé d’AVC avant le vice-président gabonais, revient sur les vidéos «sans le son» de Rabat. Estimant que ces images ne donnent aucune caution sur les aptitudes du président à parler, le média panafricain se demande, «Ali Bongo aurait-il perdu l’usage de la parole ?» Et de faire un focus sur la séquence du président gabonais buvant du lait. «Les mêmes images montrent un verre posé sur la droite du dirigeant, avant que ce verre, saisi à un moment non filmé, ne se retrouve dans la main… gauche du président. Par ailleurs, sur les images, le président (…) affiche une déformation du visage, notamment de la bouche et de l’œil droit qui est un peu sorti de son orbite (voir photo).»

Concluant son analyse des vidéos (agrandies) de Rabat, le journal de l’Agence Afrik.TV conclu que «le chef de l’Etat semble hémiplégique. Donc paralysé. Pour ceux qui ne savent pas, l’hémiplégie est une paralysie d’un coté du corps. Elle peut concerner soit le côté gauche, soit le côté droit. Cette forme de paralysie est causée par un dommage au niveau du cerveau, tel qu’un Accident Vasculaire Cérébral (AVC)». Ce que le vice-président Maganga-Moussavou a confirmé le vendre 7 décembre dernier à Franceville.

 
 

3 Commentaires

  1. Mboung dit :

    « Quiconque a répondu par l’offense à l’offense n’a point à redouter la vindicte du ciel, quiconque se voit, pour prix d’1 imposture, infliger 1 affront, ne reçoit que son dû. » Sophocle

  2. Le reveil dit :

    des esclaves …utilisez vos citations ni bongo ni jean ping …dixit paul mari ngondjou de l’UN

  3. Cathy dit :

    S’accrocher au pouvoir, c’est mépriser le peuple.

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