Les  bureaux exécutifs de l’ONG Citoyens et Actions et du Collectif pour le respect de la Voix  du  Peuple ont organisé une étude post-électorale en vue de cerner les contours des résultats issus des urnes dans la province du Haut-Ogooué. Pour ces deux structures, 70% des militants du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) estiment «impossible» le score obtenu par Ali Bongo Ondimba dans cette localité du Gabon.

Ali Bongo Haut-Ogooue

 

A l’issue de l’élection présidentielle du 27 août 2016, les résultats du 31 du même mois ont permis au président sortant d’arracher aux forceps un second mandat de sept ans. Son score le plus élevé a été enregistré dans sa province natale du Haut-Ogooué, au sud-est du Gabon où il a été crédité de plus de 95% des suffrages exprimés pour un taux de participation atteignant 99,83%.

ONG_Joresse Edou_2Ces résultats ont été contestés. Des émeutes assorties des violences et des destructions de biens ont ainsi éclaté dans le pays. Face ce résultat, l’ONG Citoyens et Actions et le Collectif pour le respect de la Voix du Peuple se sont réunis le 3 septembre 2016 pour évaluer les enjeux de la violence politique qui en ont suivi afin de proposer à l’ensemble des acteurs politiques quelques pistes de solutions pouvant contribuer au retour de l’ordre et de la sérénité.

Des frustrations dans le Haut-Ogooué

Ces structures ont ainsi envoyé des étudiants mener une enquête sur le regard que posent les militants du PDG, originaires de ce cette province, sur les résultats officiels de ladite élection. Elles indiquent alors que les résultats révèlent que 70% des militants du PDG, originaires de cette province, pensent qu’il est impossible pour le candidat du PDG d’atteindre ce score dans  le Haut – Ogooué. Car, pour plusieurs raisons, «le PDG aurait perdu une bonne partie de son électorat dans cette province à cause de nombreuses frustrations qui ont démobilisé plus dun et de la nouvelle configuration politique de la Province».

A propos des nombreuses frustrations, ces associations relèvent des éléments tels que «la mise à l’écart durant la campagne, des personnalités qu’ils sont habitués à voir et qui étaient de vrais rassembleurs tels que Idriss Ngari et Paul Toungui, tous les deux depuis longtemps élus de deux circonscriptions à la représentation nationale». Elles prennent également en compte «l’absence notoire de la direction nationale du parti tout au long de la campagne électorale, ainsi qu’en témoigne la non prise de parole publique de Faustin Boukoubi, l’actuel Secrétaire général du PDG».

Avec cette étude, ces structures expliquent, au regard des données collectées que «la brouille au sein de la majorité présidentielle» a presqu’écarté Jean Boniface Assélé de la campagne électorale dans le Haut – Ogooué, alors que son parti politique, le CLR, y est suffisamment implanté. «Cette situation pourrait également avoir une incidence négative sur les  capacités de mobilisation du PDG dans le Haut–Ogooué», font remarquer ces entités.

La nouvelle configuration politique du Haut-Ogooué

S’exprimant à propos de la nouvelle configuration politique de la province, cette analyse a permis de constater que les militants interrogés soutiennent que la configuration politique de la province du Haut–Ogooué de 2016 n’est pas celle de 2009 et des années précédentes. Car, soutient cette analyse, dans le Haut–Ogooué, la diversité politique est désormais bien enracinée, et elle est incarnée, entre autres, par le parti politique les 7MP et l’entrée remarquable en politique de personnalités telles que Léon Paul Ngoulakia, Albert Yangari, Alfred Nguia Banda, et bien d’autres, à l’instar du syndicaliste Marcel Libama, qui ont rejoint les rangs de l’opposition.

A cela s’ajoute, le rapport de ces ONG ajoute l’appel de la Chambre de commerce, lancé par plusieurs cadres de cette province, à l’initiative de François Banga Eboumi. Ils avaient appelé les  ressortissants du Haut –Ogooué à rejoindre les rangs de l’opposition. «Cet appel aurait fait basculer environ 20% de l’électorat du PDG dans l’opposition», souligne le rapport.

«Au regard de ce qui précède, analyse le texte, il est donc impossible, pour les personnes interrogées, que l’opposition n’atteigne pas un score de 30 à 40% dans cette province».

En ce qui concerne les 30% de personnes interrogées restants, elles sont partagées: 25% d’entre elles estiment confirmer le score annoncé et le juge totalement crédible, pour les  raisons suivantes. La pertinence du projet de société du candidat du PDG, l’adhésion des militants au renouvellement des élites du parti, la campagne de proximité empreinte d’initiatives innovantes menée par les cadres provinciaux du parti, à l’instar de Jean Pierre Oyiba.

En conclusion de cette étude, il est recommandé pour sortir de la crise «la publication des résultats par bureau de vote en s’appuyant sur les procès verbaux de dépouillement rendus publics et signés par chaque représentant de candidat en s’appuyant sur les listes d’émargement et des listes de chaque bureau de vote». Ils souhaitent en outre que ces «opérations soient menées par une Commission multipartite, regroupant la société civile, l’Union européenne, la Francophonie, les représentants des deux parties et la Cenap». Observant par ailleurs les nombreux vides juridiques, ils estiment également que le recours à la Cour constitutionnelle «lèserait systématiquement une partie. Car, dans ce cas précis, relèvent-ils, la Haute cour est juge de forme et non juge de fond». «Il y a donc de fortes chances que la saisine de la dite Cour aboutisse à un rejet», conclue ce rapport.

 

 
 

11 Commentaires

  1. DJEBE dit :

    Je trouve très très très très incohérente vos analyses.

  2. Lounda dit :

    A Djebe moi je trouve incohérents les chiffres d Ali dans le haut ogooue

    • imagine2016 dit :

      embres du cartel
      Lounda,
      tu n’as pas tort, les chiffres d’Ali dans le G2 me laissent dubitative
      bref, j’approuve les 70% des pdgistes qui doutent de la fiabilité du score de leur champion ….Où sont lepositif, jean Nzela et les autres membres du cartel?

  3. Adis faye dit :

    Belle analyse et surtout approche originale que d’aller parler aux pdgistes du haut ogoue. au moins c’est plus crédible que d’expliquer les chiffres staliniens de cette province par un prétendu repli identaire dû aux attaques contre ali.je crois savoir que mm dans sa famille il n’a pas été voté à 99%. Alors recomptez ou publiez, sinon le peuple ira imposer sa souveraineté.

  4. Voilà encore des analyses qui jettent de l’huile au feu. Mais il n’en est rien, le Haut-Ogooué a toujours voté à 100% le candidat PDG, et cela, depuis la nuit des temps. Toutes analyses et commentaires là dessus n’est que pure affabulations.

    • Untek dit :

      Je me demande si vous êtes sérieux dans vos propos ! Vous êtes sûrement un intellectuel mais de grâce ne faites pas de fanatisme ! Je crois que si vous avez fait un peu d’école, vous verrez que statistiquement et probablement, la participation dans le Haut-Ogooué est abusée ! On ne peut pas avoir une moyen nationale de 48% et sans une province I I have eu 99,93% ! C’est infaisable ! Vous manquez de sérieux ! Et je ne mache pas mes mots !

  5. Untek dit :

    Ne soyons pas fous s’il vous plaît ! Tout le monde sait qu’il est impossible d’avoir un taux de participation aussi élevé ! C’est du grand n’importe quoi ! On n’a jamais vu ça quelque part ! Il faut éviter de trouver de fausses raisons ! Ali peut faire 95% mais s’il vous plaît, on insiste sur la participation car c’est incroyable ! Faut qu’on arrête de justifier l injustifiable ! Soyons sincères avec nous-mêmes ! Ce sont de faux chiffres ! C’est une étude cohérente qui a été faite !

  6. Jon Edgard Ping dit :

    Vous faites le bruit pour rien, homo n’a pas gagné, c’est tout!

  7. matangoye dit :

    Vraiment tous les apprentis sorciers vont sortir. Gabonreview vous aussi, vous diffusez maintenant tout. Vraiment.

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