L’ancien Premier ministre Casimir Oye Mba a appelle Ali Bongo Ondimba et Jean Ping à se parler, pour sortir le Gabon de l’impasse.

L’ancien Premier ministre Casimir Oye Mba, le 26 mai 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Quelques invités à la déclaration. © Gabonreview

A la faveur d’une déclaration faite à la Chambre de commerce de Libreville, le 26 mai, le vice-président de l’Union nationale, Casimir Oye Mba, a invité Ali Bongo Ondimba et Jean Ping à se dépasser et se hisser «au niveau des exigences de la situation actuelle, qui appelle un déblocage».

Cet appel qui corrobore l’avis de maître Louis Gaston Mayila, selon laquelle : «il est indispensable qu’Ali Bongo Ondimba et Jean Ping, s’asseyent pour dialoguer», n’attend pas falsifier l’histoire, encore moins nier l’évidence. «Non, non ! Je le redis encore. Ali n’a pas gagné; c’est Ping qui a gagné ! Mais Ali a pris le pouvoir ; il est assis sur le fauteuil ; il est au Palais. Le Gabon est bloqué et les Gabonais avec lui», a affirmé Casimir Oye Mba.

Soucieux du Gabon et conscient de ne pas détenir tout seul la réponse ou les solutions à la crise qui paralyse le pays, l’ancien Premier ministre propose de se référer au passé politique récent, au cours duquel des adversaires résolus du pouvoir ont consenti à discuter pour arriver à un accord politique pour sauver le pays d’une crise sans précédent. A titre d’exemple, Casimir Oye Mba a cité entre autres, Simon Oyono Aba’a et le Morena qui ont favorisé la tenue de la Conférence nationale en 1990 ; Pierre-Louis Agondjo et Paul Mba Abessole pour les Accords de Paris en 1994  et Pierre Mamboundou pour les Accords d’Arambo en 2006.

© Gabonreview

«Ces précédents nous interpellent, pour cette fois-ci aussi, débloquer le Gabon. Ils m’interpellent moi ; ils vous interpellent ; ils interpellent tous les Gabonais. Mais, disons-le aussi. A l’évidence, ils interpellent d’abord et surtout Ali Bongo et Jean Ping. Ce sont en effet les deux principaux protagonistes de la crise actuelle. Ils le sont parce que Jean Ping a été élu, pour diriger le pays, et que Ali Bongo Ondimba s’est emparé du pouvoir et l’exerce», a affirmé Casimir Oye Mba.

L’organisation d’une convergence entre les réflexions issues des deux dialogues initiés indépendamment par Ali Bongo Ondimba et Jean Ping, serait une piste qui mériterait d’être examinée, selon le vice-président de l’Union nationale. Ce dernier admet qu’ «ayant la légalité pour lui, Ali Bongo pourra certes transcrire les idées de son dialogue dans des textes qui s’imposeront à tous. Mais les gens de Ping n’étant pas à Angondjè, il manquera à ces échanges la capacité d’enclencher dans les esprits le processus de l’apaisement qui, à mes yeux, doit demeurer le but à rechercher. J’espère que cette donnée politique sera correctement appréhendée par le pouvoir».

Si une discussion devrait avoir lieu entre Ali Bongo Ondimba et Jean Ping pour débloquer la «crise politique gravissime» qui immobilise le pays, ces deux acteurs devront, selon l’ancien gouverneur de la BEAC, «fermer leurs oreilles aux incitations de leurs faucons respectifs ; dépasser leur propre personne ; faire sur eux-mêmes des sacrifices, pour sortir le Gabon de l’impasse».

L’assistance à la déclaration de Casimir Oye Mba, le 26 mai 2017. © Gabonreview

La vocation de cette rencontre est de se parler et parle de tout pour refonder la nation gabonaise. «On va parler de tout ce qui fait problème entre nous, de tout ce qui a conduit au blocage du pays. C’est évidemment très vaste et complexe car, il s’agit en fait de repenser les fondements de notre vivre-ensemble, pour éviter de voir les mêmes maux réapparaître demain matin. Des réflexions utiles ont été menées depuis longtemps dans les cercles divers (administrations, partis politiques de tous bords, syndicats, associations, corps religieux, etc.). On peut, on doit s’y référer».

Pour Casimir Oye Mba, il s’agit d’un problème gabonais, pour lequel il reviendrait aux Gabonais d’inventer ensemble les solutions à ce problème, de trouver les pistes de sortie de crise. «C’est à nous aussi de convenir du cadre et des modalités de nos échanges. Nous devons montrer que nous sommes majeurs. Je ne pense pas qu’il faille s’en remettre à d’autres, charger la communauté internationale d’inventer des solutions à notre place. Je ne suis d’ailleurs pas sûr qu’ils y soient disposés. En revanche, je suis sûr que la communauté internationale est prête à nous accompagner, à jouer le rôle de facilitateur, de médiateur en quelque sorte. Nous devons donc le leur demander ; ils ne peuvent pas s’y refuser», a-t-il préconisé.

 
 

22 Commentaires

  1. mmwanedimbu dit :

    Les précédents dialogues ont apportés quoi,au juste?

  2. espoir dit :

    Bonne analyse de la situation Mr CAM mais le gabon n’est la propriete de personne.comprenez que c’est la colere, le ras-le-bol du peuple de voir les memes gens a la tete du pays qui bloque le pays et non la baisse du prix du petrole.en plus si les deux protagonistes doivent s’assoir comme vous le dite sa veut dire que le gabon ne connaitra jamais l’alternace et qu’on accepte d’avancer comme sa. mais donc prenez alors les decisions entre vous meme hommes politiques et ne faites plus les elections au gabon pour consulter l’avis du peuple.comme sa on deviendra comme la libye a l’epoque de kadafi ou il ny avait point d’election.

  3. C'est moi dit :

    quand j’ai écouté ce monsieur j’ai tout de suite reconnu les propos d’Ali Bongo.il reprend exactement les arguments d’Ali Bongo la seul différence est qu’il affirme que PING a gagné les élections; mais cette affirmation jeté un peu sans conviction , tout le monde voit bien qu’il le fait pour faire bonne figure auprès de ceux qu’ils veut convaincre. OYE MBA est une marionnette utilisé à souhait par le pouvoir et ce depuis toujours…quelle déception!!!

  4. lelion dit :

    trêve d’hypocrisie Casimir.as tu un seul instant pensé qu’Ali puisse faire des concessions? sais tu qu’ils sont à la fête depuis hier comme si ils avaient réussi à un examen? si tu veux aller à la soupe, dis le franchement. Ali ne sait pas que son pays est bloqué. lui et ses affidés vivent un autre Gabon. que pouvons nous faire? attendre que sa progéniture prenne le relai.

  5. BEYEME dit :

    Mr C.O.M,

    Comment comptez-vous faire pour que le voleur et le volé puissent s’asseoir et discuter ensemble? Brillant économiste que vous êtes, pensez-vous que c’est la situation politique qui a amené nôtre économie dans l’abîme? Ne tirez-vous pas les sonnettes d’alarmes quant à la gestion scandaleuse des finances publiques, déjà au 1er septennat et avant l’élection présidentielle? Avez-vous oublié subitement les reproches faites à Ali au sujet de la très grande implication de son DC dans la gestion du trésor public.
    Quelle absurdité de penser que la situation politique actuelle peut être régler par les gabonais eux-mêmes. Alors, pourquoi demander l’accompagnement de la communauté internationale?
    Sans vous manquer de respect, prenez doucement la retraite et profitez du bon qui vous reste.

  6. Mvelegneh dit :

    Cet homme est pitoyable/Il insinue que le probleme du Gabon c’est Ali Bongo et Jean PING ,c’est quoi ce raisonnement? Il reconnait que c’est PING que le peuple a élu a plus de 60% de surfrages/si y a probleme c’est entre Ali Bongo et le Peuple Gabonais et pas avec PING/Si le dialogue d’Ali comme on l’entend est un succès alors ou est encore le Probleme? Expliquez au Peuple que vous avez opté pour la monarchie des Bongo pour qu’il aille se prosterner aux pieds de votre roi/De OYE MBA en tant qu’acteur politique comme il le dit si bien,nous attendions autres choses que des traitrises.Jean PING et le Peuple vont se battre…pour la liberation du Gabon.

  7. BEYEME dit :

    Les conclusions du dialogue se présentent comme un mélange subtil dans lequel le pouvoir a lâché du lest, sans céder sur l’essentiel. Comment comprendre que le mandat présidentiel reste de 7 ans renouvelable indéfiniment mais à 2 tours? Vous comprenez bien M. OYE MBA que cet type n’est pas prêt à partir et qu’il compte se maintenir là comme son père. Qui en paie le prix cher? Les populations gabonaises dans son entièreté.
    ALORS COMMENT PARLER AVEC CE GENRE DE PERSONNAGE?

  8. Perroquet gris dit :

    Chers Hommes politiques à qui le GABON a tout donné, vous etes indignes de ce pays, vous etes indignes des milliers des gabonais qui ont payé de leur vie dans l’espoir que notre pays connaisse enfin la joie de l’alternance et de la démocratie. Plusieurs parmi vous étaient présents au QG lorsque Bongo a decidé tel un fou d’en finir avec la population qui manifestait pour son droit légitime de choisir librement ses dirigeants. Vous etes hors du temps monsieur Oye MBA, vous ne mesurez pas ce qui ce joue actuellement, vous ne mesurez pas les enjeux du moment sinon vous n’auriez jamais appelé le peuple (Ping) à s’agenouiller devant son bourreau! Depuis 90 l’opposition, le peuple a fait des concessions, depuis 93 l’opposition gagne des elections et Bongo s’impose par la force et au nom d’une pseudo paix de brave, au nom d’un pseudo retour à la sérénité on a toujours invité le peuple à fumer le calumet de la paix! Pourquoi devrions nous avoir plus que les putschistes le souci de la paix, pourquoi devrions nous à chaque fois pardonner à nos bourreaux, ces gens qui n’ont jamais, au grand jamais envisagé même dans leur rêve les plus fous qu’ils perdent les élections en dépit du bilan famélique qu’ils traînent? Ce qui se joue aujourd’hui c’est la libération du pays, ce qui se joue c’est le choix entre la démocratie et la monarchie, oui la monarchie car si bongo qui est entrain d’expérimenter la répression tout azimut s’impose il le fera encore et encore jusqu’à ce qu’un de ses enfants reprenne la main. Suffit de lire les conclusions du pseudo dialogue pour comprendre qu’il n’envisage qu’une chose, s’éterniser au pouvoir. Mandant renouvelable à souhait, nomination de 6 Juges de la cour constitutionnelle sur 9. Si vous etes fatigués de lutter cher Oye MBA rentrez vous reposer à zamaligue mais le peuple lui dit NON! NON à l’imposture NON à la Monarchie. Si faute de dialogue avec les putchistes le pays doit s’enliser, que Ping sache qu’il a la bénédiction de tous les patriotes pour rendre ce pays ingouvernable.

  9. La sagaie dit :

    Ce monsieur n’aura donc pas fini de nous démontrer son inconstance? est-il conscient que beaucoup d’entre nous savons depuis qu’il est le “Watch” malgré lui, du succès de Jean Ping, qu’il servirait d’écran de fumée pour Ali?
    Sa 3ème défection, aura fini de dévoiler son mépris du Peuple.
    Il ne sert à rien de pavoiser. Ceux sont les peuples qui font les dirigeants! et vous avez raison de souligner que c’est Jean Ping que le Peuple a choisi…
    Moins habile en politique qu’ali et encore moins que le mogabo qui veut sortir Ali.
    Changez de logiciel, le Peuple gabonais voit clair!
    Donc pour sa proposition: “sagaie populaire”!

  10. diogene dit :

    Celui qui crée des blocages, doit actionner le déblocage.

    Des accords cités, il ne reste que des cendres froides, appeler à de nouveaux accords ne résout ni l’usurpation depuis plus de 25 ans de la présidence par la famille Bongo, ni la crise sociale, ni la crise politique,n’aboutit pas à une meilleur répartition des richesses, ne réduit toujours pas la misère et l’exploitation…

    Un citoyen est élu, un autre prend le pouvoir, qui décide ?

  11. Le Vénérable de la Loge dit :

    Le grand problème c’est PING qui refuse de reconnaître la victoire D’ALI. Il est trop arrogant ce ping des lacs. Excusez moi mais c’est ma pensée . J’ai dit .

  12. mooble01 dit :

    Cam la classe fait tout preserver ses intérêts économiques acquis sous Bongo père. Il ne veut pas que la pharmacie/laboratoire de sa fille connaisse le même sort que le maïsha !

  13. Nkembo dit :

    Si Oye Mba sort de sa réserve,c’est parcequ’il sait et est convaincu que
    Ping n’a pas de plan B.

    • Jean Charles MASSE dit :

      @Nkembo, l’âme d’un peuple est son vote.

      Le vote est l’expression démocratique la plus accomplie, la plus noble mise en oeuvre par l’homme.

      Au demeurant, aucune alternative n’est opposable à un choix régulièrement et librement exprimé par le Peuple Souverain.

      Et aucun “plan B”, fut-il de “Ping” et ou de “Oye Mba”, ne saurait valoir un tel choix.

      Par conséquent, tout processus inscrit à contre-courant de l’expression de cette volonté du Peuple Souverain, tel que regrettablement observé depuis le 28 août 2016 au Gabon, quel qu’en soit la raison, l’origine et ou la nature, doit être annihilé.

      Patriotiquement

  14. Foulou-Menou dit :

    Sincèrement ça ne sert à rien de faire des grandes études, Casimir ÔTE MBA, quelle mouche tsé-tsé t’a piqué. C’est du m’a tu vu? Même un bébé qui vient de naître ne peut pas raisonner comme ça. le blocage du Gabon c’est ali. nous n’en voulons plus. même si Ping dialogue avec ali çà ne changera rien. tout ce qu’ on veut c’est qu’ ali nous colle la paix, qu’ il débarrasse le plancher, et vous allez voir le déblocage. ali ne s’occupe pas des malheur des gabonais. on ne peut pas oublier le carnage qu’ il a eu à faire. s’il veut rester la alors il ne va pas gouverner. ce sera un pantin. Quelle honte pour ali.

  15. l'ombre qui marche dit :

    CAM la classe comme on le disait dans les années 90 j’espère que ce n’est pas comme 2009 où des chefs d’état vous ont demandé de ne pas concourir contre le biafrais si vous ne voulez plus faire parti de la coalition de août 2016 dites le mais au fait vous dites que c’est le peuple majoritaire de l’opposition qui vous avait demandé de partir uni à la présidentielle et que pour l’intérêt supérieur de la nation vous avez accepté est ce que ce peuple majoritaire de l’opposition vous a demandé de parler comme ça? monsieur OYE MBA vous vivez bien avec votre famille avec votre pension de premier-ministre et autres avantages et vous voulez lâcher la résistance? et nous les makaya qui vivotons, subissons le chômage ferions quoi? bon sang monsieur cam le camembert ressaisissez-vous! MANDELA ou LUMUMBA ça ne vous dit rien? d’ailleurs pourquoi aller loin? BENGONE NSI va lui demander conseil comme l’a dit MVELEGNEH le biafrias n’a pas de problème avec PING mais avec les 60% des gabonais qui voté contre lui et cam si c’était toi à la place de PING c’est la même chose

  16. Mr OYE MBA et les autres, vous n’êtes pas le Gabon. vous aviez bénéficié des largesses des bongo et cela n’engagent que vous. Vous venez de prouver une fois de plus que vous n’avez aucune valeur intrinsèque et on ne peut pas compter sur vous. vous êtes une déception pour le Gabon sur le plan politique.
    Quelle éducation pour la jeunesse gabonaise? Quel repère à avoir? cette jeunesse doit Cultiver selon vous le vole, le non respect des institutions, la non considération de la fonction présidentielle, la nonchalance, la médiocrité? et que sais je encore.
    Je suis pour que le pays soit bloqué avec consistance et on verra comment ali va s’en sortir, nombreux ont perdu leur vie, plusieurs familles sont endeuillées depuis Août dernier et ce faux type ose demander un dialogue entre les sensés et les insensés, entre les vrais gabonais et les faux.
    Si rien n’avance dans le pays à qui la faute?

  17. Le paysan dit :

    C’est écœurant de constater qu’il n’y a plus des vrais Gabonais. On demande au volé de négocier avec le voleur. Et ceux qui se disent de la classe politique, sont satisfaits de ratifier le point d’achoppement d’hier, sur le nombre indéfini qu’Ali pourra se présenter aux élections présidentielles. Où sont les vrais Gabonais pour dire non a cette imposture ?

  18. Le chant de l'ogooué dit :

    Les gars arrêtons d’être dans la bulle; ABBO ne va plus cèder le pouvoir à MAO! en tout cas pas pour ce septennat. On dit quelque part que être intelligent c’est avoir la capacité de s’adapter à toute situation, sinon on passe pour un bougnoule. COM a raison, les deux doivent faire table rase et dialoguer. A vous entendre, vous raisonnez comme si vous avez cristallisé le temps. Dans 02 mois, cela fera 01 an que ABBO exerce sa mandature et vous rêvez qu’il puisse se désister, même moi à sa place je ne le ferai pas!

    • le revelateur dit :

      de grace,cher compatriote nous autres nous ne demandons pas à Mr ALI BONGO de nous offrir quoi que ce soit seulement de nous respecter ,de plus votre COM est la personne la moins indiquée pour nous donner la conduite à tenir car il nous démontré son incapacité à faire face à des situations complquées.Son échec à l’investiture du candidat PDG et la démission à la veille des présidentielles 2009 qui s’en est suivie font illustration

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