Problème de gouvernance, divergences d’approche, absence de stratégie concertée… Le rassemblement prôné par le leader de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) relance le débat sur l’unité de l’opposition.

Créée en réponse aux résultats contestés de la présidentielle d’août 2016, la CNR ne s’est jamais dotée doter d’outils et mécanismes de fonctionnement. © Facebook/Jean-Ping-en-images

 

Les observateurs l’ont dit et redit : la viabilité de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) n’a jamais été garantie. Déjà, à la veille de la tenue du Dialogue d’Angondjé convoqué par Ali Bongo, certains de ses membres avaient fait entendre leur musique. Au terme du Dialogue national pour l’alternance voulu par Jean Ping, d’autres avaient milité pour un panachage des conclusions. Au fil du temps, ces dissonances ont créé la cacophonie. Ces doutes se sont mués en stratégies divergentes. Si les positions se sont éloignées, la fracture s’est creusée. Au lendemain de l’appel au rassemblement du 03 novembre dernier, le débat sur l’unité de l’opposition est relancé. Depuis août 2016, cette question n’a jamais été aussi prégnante.

Dissensions

Créée en réponse aux résultats contestés de la présidentielle d’août 2016, la CNR ne s’est jamais dotée doter d’outils et mécanismes de fonctionnement : ni ses objectifs, ni son organisation interne, ni les modalités de prise de décision encore moins les engagements de ses constituants n’ont été consignés. Certains organes, notamment la conférence des présidents ou le cabinet du «président élu», ont bien été mis en place. Mais, tout cela est demeuré informel, pas du tout structurant.  Si des projets de charte et de statuts ont été ébauchés, ils sont très vite tombés aux oubliettes, de nombreux membres les jugeant «lourds, confus, trop personnalisés et pas assez prospectifs». À leurs yeux, ces documents transformaient la CNR en un parti hiérarchisé.

En un mot comme en mille, la CNR est minée par des problèmes de gouvernance. N’ayant jamais pu s’accorder sur la définition d’une coalition, ses constituants se sont illustrés par des comportements diamétralement opposés. Dans leur rapport au «président élu» comme dans les relations interpersonnelles, ils n’ont pas toujours eu la même approche.  Ne s’étant pas mis d’accord sur les objectifs, ils n’ont pas su concevoir une stratégie concertée. Lors de la campagne contre la révision constitutionnelle ou à la faveur des élections couplées d’octobre dernier, cela s’est fortement ressenti. Pour les uns, il fallait avant tout «revendiquer la victoire du 27 août 2016». Pour les autres, il était plutôt question de s’organiser pour faire face, avec des chances de succès, à d’autres joutes politiques. Entre foi du charbonnier et pragmatisme, les positions sont progressivement devenues irréconciliables.

Plan de bataille

Pour le leader de la CNR, cette situation est loin d’être idéale. Elle est même de nature à parasiter son appel au rassemblement. Assourdissant à souhait, le silence de ses alliés du 16 août 2016 laisse songeur. A ce jour, aucun d’eux n’y a répondu : ni Guy Nzouba Ndama, ni Casimir Oyé Mba, ni Léon Paul Ngoulakia encore moins Zacharie Myboto n’ont jugé utile de se prononcer. C’est dire si le plus dur est à venir. Pourtant, c’était le principal enseignement de la dernière présidentielle : pour espérer rassembler le pays, l’opposition doit préalablement surmonter ses divisions. Autrement dit, pour conquérir le pouvoir, elle doit réaliser son unité. Or, cette perspective n’a jamais été aussi éloignée. Déconstruite dans le vacarme, à grand renfort d’oukases et à coup d’excommunications à l’emporte-pièce, la CNR navigue en eaux troubles. A s’y méprendre, le contexte actuel rappelle celui d’avant la candidature unique. N’en déplaise aux sectateurs de tout poil, Jean Ping ne peut s’en satisfaire.

S’il veut se donner une chance de faire prospérer son appel du 03 novembre dernier, le leader de la CNR doit commencer par ressouder ses rangs. Si on ne peut lui reprocher de rechercher un lien direct avec le peuple, on doit l’encourager à se rapprocher d’autres responsables politiques. Aux appels lancés à la cantonade, il doit préférer la concertation. À la forfanterie de supporters zélés, il doit opposer l’humilité et l’abnégation. Surtout, il doit définir des objectifs clairs, réalistes et compris par tous. Pour ainsi dire, il lui faut sortir d’une logique protestataire pour construire un plan de bataille. Vaste chantier.

 
 

19 Commentaire

  1. SERGE MAKAYA dit :

    Guy Nzouba Ndama, Casimir Oyé Mba, Léon Paul Ngoulakia, Zacharie Myboto sont des profito-situationnistes entraînant la nation dans les abîmes et le chaos. Jean Ping ne peut pas compter sur eux. Ils ont quittés le Navire. Ils auront honte d’y revenir. pitié !

    Le seul qui me parait fidèle et crédible, c’est Jean Eyeghe Ndong.

    Bien sur, n’oublions pas ceux et celles qui n’ont pas pris part à cette nouvelle MASCARADE des législatives.

  2. SERGE MAKAYA dit :

    C’est la POLITIQUE DU VENTRE. C’est tout. Rien d’autres…

    Et c’est PIRE au PDG… Pitié !

  3. MBA dit :

    Roxanne BOUENGUIDI=Jean GASPARD NTOUTOUME AYI

    Tu n’es pas plus humble que Jean PING,va serrer la main tendue au nom du peuple Gabonais et range ton égo surdimensionné!

    • François Ndjimbi dit :

      M. Ntoutoume Ayi a souvent publié ici des tribunes libres n’ayant rien à voir avec le style, la méthode, l’agencement des idées ou le champ lexical de Mlle Bouenguidi. Pour comparaison, les textes de M. Ntoutoume Ayi sont consultables à loisir ici et ce Monsieur n’a jamais eu besoin de se masquer pour publier ses idées.
      La suspicion gratuite est devenue une preuve ou un spectacle d’intelligence au Gabon. Vous vous croyez intelligent en postant ici, à chaque fois qu’il est question de Jean Ping, votre ritournelle mal intentionnée. C’est la dernière fois que nous validons votre sempiternel commentaire attribuant à M. Ntoutoume Ayi des écrits dont il ne saurait répondre ni devant un tribunal, ni devant Dieu. Merci de continuer à nous suivre.

      • inongo dit :

        Revenir à la lucidité est un exercice nécessaire et un impératif. Toute fanatisation du débat est un plongeons stupide et gratuit dans le gouffre de la bêtise.

      • MBA dit :

        Eh ben dis-donc,piqué au vif? En plein dans le mil?

        Menace de censure d’un piètre citoyen peu ou pas intelligent,et qui n’a que “sa ritournelle ma intentionnée”?

        L’absence de tribune pour nous donner à nous la possibilité de nous exprimer dans ce pays ne vous suffit pas? Il vous faut marcher allègrement sur les traces de la HAC?

        Cher compatriote M.NDJIMBI,moi MBA vos menaces à la liberté d’expression ne m’effraie guère…

        En fait j’en rigole,tant et tant que vous le savez,ni celui que vous venez défendre avec maladresse,ni vous n’êtes les premiers à utiliser des noms d’emprunts pour signer des articles dans la presse!

        In fine,vous êtes un homme mesuré dans la vraie vie,comme votre frère d’ailleurs,nous suivons Gabonreview depuis le début,prière de rester vous-mêmes! Je n’ai pas insulté Jean Gaspard NTOUTOUME AYI,je l’ai démasqué derrière ce faux profil,par son style,son rythme et même son souffle qui transparaît deriière les écrits de Roxane BOUENGUIDI,quel est ma faute,à quel moment ai-je dévié du “regimen morum”?

        • gabonreviewadmin dit :

          Personne n’a été piqué au vif et ce n’est pas la première fois que nous réagissons ainsi à vos accusations, à votre suspicion sans fondement. Nous ne bannirons personne de cette plateforme. Simplement, nous ne validerons plus de commentaires attribuant à M. Ntoutoume Ayi, les écrits de quelqu’un d’autre.

          Pour l’essentiel, vous n’avez démasqué personne et nous persistons : Jean Gaspard Ntoutoume Ayi n’est pas Roxane Bouenguidi ! A plusieurs reprises, et toujours lorsqu’il est question de Jean Ping, nous avons posté littéralement la même mise au point pour le même genre de posts. Rien n’y fait, certains de nos lecteurs, peut-être toujours vous, continuent d’attribuer à M. Ntoutoume Ayi les écrits de Mlle Bouenguidi. Pourquoi donc ne pas s’en tenir au seul contenu de l’article ? A quelle vindicte cherchez vous à livrer M. Ntoutoume Ayi ? Pourquoi, afin de vous faire une opinion définitive, ne vous livrez-vous pas à l’analyse comparée de textes que nous suggérons ?

          Nous le répètons, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a souvent publié des tribunes sur nos pages web et, tel qu’on le connaît, il n’est pas du genre à se masquer pour décliner ses idées. Voyez :

          https://www.gabonreview.com/blog/tribune-libre-enfin-par-jean-gaspard-ntoutoume-ayi/

          https://www.gabonreview.com/blog/tribune-leffondrement-de-la-tour-de-pise/

          https://www.gabonreview.com/blog/tribune-libre-on-ne-lache-rien/

          Merci de continuer à nous suivre.

          • natty dread dit :

            ”Pourquoi, afin de vous faire une opinion définitive, ne vous livrez-vous pas à l’analyse comparée de textes que nous suggérons ?” La réponse est dans la question, l’analyse comparée est un exercice de haut vol qui demande beaucoup d’efforts, ores, on vit dans une époque de raccourcis intellectuels, de corned-beef de pensées, et autres billevesées de ragoûts à 2 balles!!! Même le simple fait de lire et de comprendre un texte devient hors de portée pour le commun des mortels…

      • natty dread dit :

        François, j’espère que les lecteurs internautes auront compris ta prosodie…ça fait du bien!

  4. Michel Bouka Rabenkogo dit :

    LA NATURE FAIT SA TOILETTE AUTOUR DE JEAN PING. BWETE. /

  5. Ngouss Mabanga dit :

    je préfère cette table de vampire que celle du PDG.

  6. Mba Rolenga dit :

    @Serge Makaya,
    Gardez vous de penser qu’il s’agit d’un jeu ici. Nous parlons d’une situation qui conditionne nos vies. Cela fait 50 ans que Bongo et Cie sont des maîtres absolus de ce pays et pour en venir à bout, il faut tout autre chose que du fanatisme tous azimuts où des écrits insuffisamment pensés. Ping ne réussira jamais seul où du moins avec le seul Eyeghe Ndong. Pendant qu’on y est pourquoi ils ne prennent pas le pouvoir? Il ne faut pas s’interdire de penser. Il n’y pas de Vade-mecum en politique. Sans Union et un schéma de conquête réaliste, rien de sortira de ce marasme
    Compatriotement vôtre,

  7. SERGE MAKAYA dit :

    Merci pour vos messages. Je voudra ajouter ceci : croyez-vous à la conversion d’un homme, oui ou non ? Il y a bien des anciens présidents qui se sont convertis comme Mathieu Kérékou ou Muhammadu Buhari.

    Moi je crois à la sincérité de Jean Ping. Et en plus, il nous a fait savoir qu’il ne fera qu’un seul mandat. Qu’il achève le sien usurpé pendant 2 ans par BOA. Ce qui veut dire qu’il ne lui reste que 5 ans. Et en 5 ans, qu’il fasse des réformes INSTITUTIONNELLES sa PRIORITÉ. Car nous avons véritablement d’institutions SOLIDES. Il peut y arriver avec l’ensemble des Gabonais. Ne dit-on pas que le linge sale se lave en famille ?

    Moi je propose déjà ceci : le président pourra se représenter une seconde fois SEULEMENT. Au plus, donc, deux mandats, comme aux USA. Et il faudra réduire la durée du mandat présidentiel à 5 ans. C’est l’idéal. Il faudra aussi limiter le POUVOIR PRÉSIDENTIEL. Ça évitera des dérives de toutes sortes.

  8. Mamiwata dit :

    Il faut peut-être chercher ailleurs que dans la pseudo démocratie à l’occidentale, les solutions durables qui permettront le vivre ensemble au Gabon. Il faut peut-être commencer à exister, à agir vraiment plutôt que de commenter l’actualité gabonaise sur la base des schémas occidentaux. Jean Ping et Ali Bongo ont la lourde tâche de cristalliser les voies sans issues que nous affectionons tant. Ils ont au moins le mérite de faire le job correctement. Disserter sur la bêtise ne la changera pas rien. Exprimer l’ignorance est un crime contre l’humanité. Taisons-nous et écoutons la voie du silence. Celle qui crie jour et nuit, réveilles toi homme,accomplis ton destin. Et bannis loin de toi, cette psychologie antropophage qui te fait croire que le mal c’est autrui.

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