A mi-parcours du processus de désignation des responsables des universités et grandes écoles publiques du pays, le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, a fait, ce 22 juin 2018, le bilan de ces désignations, annonçant que parmi les trois candidatures désignées à l’Université Omar–Bongo, le gouvernement devra choisir le recteur de cette académie.

Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, le ministre d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique face à la presse le 22 juin 2018. © Gabonreview

 

Gabonreview : Quel bilan à mi-parcours des Conseils d’administration des universités publiques ?

Moukagni-Iwangou : Je suis particulièrement heureux pour faire ce point, à date, du processus de désignation des recteurs des universités et des directeurs généraux des grandes écoles. C’est une réforme en profondeur qui doit être portée à l’attention des Gabonaises et des Gabonais qui doivent absolument accompagner et suivre le processus de construction du pays par les Ecoles, par les universités. Nous avons à ce jour huit établissements d’enseignement supérieur. En l’occurrence trois universités (l’Université Omar-Bongo, l’Université des sciences de la santé, l’Université des sciences et techniques de Masuku). L’Université Omar-Bongo a démarré le processus. Nous avions sept candidats qui ont été auditionnés par le jury en Conseil d’administration et au terme de cette série d’auditions, il appartenait au jury de dégager les trois meilleures candidatures, selon ce que les termes de référence ont indiqué. Au terme de cet exercice trois noms se sont dégagés. Il s’agit de monsieur le recteur sortant, Marc-Louis Ropivia, le professeur Charles Mba Owono et enfin le Professeur Hugues Moukaga. Sur la base de l’excellence, il appartiendra ensuite au gouvernement, à sa discrétion de nommer le recteur de notre université et ce recteur sera au moins l’un des trois. Après l’UOB, le tour devait revenir à l’université des Sciences de la Santé d’Owendo. Sur le site, trois candidatures avaient été initialement déposées. Malheureusement l’une d’entre elle a été retirée. Il ne restait  en lice que le Pr. Bouguikouma et le Pr. Louembé. A ce titre, une disposition pertinente du décret indique en effet que chaque fois que nous sommes en présence de moins de trois candidatures, le Conseil d’administration doit sursoir à statuer et relancer l’autorité de tutelle pour qu’elle puisse rouvrir l’appel à candidature, de sorte à atteindre le minima requis. Devant ce constat de carence, l’audition des candidats au rectorat du l’USS n’a pas pu avoir lieu, elle a été différée. Saisie en tant que tutelle, j’ai pris un arrêté qui lance les appels à candidature dans un délai de sept jours au terme desquels nous aviserons. Cette situation qui a prévalu à l’USS, a malheureusement été éprouvée à l’Institut universitaire des sciences de l’organisation Sophie Ntoutoume Emane. Toute chose qui a conduit exactement au même traitement.

Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, face à la presse. © Gabonreview

Au niveau de l’UOB, pourquoi les noms des trois candidats retenus n’ont pas été publiés depuis le Conseil d’administration?

Je pense que cela a été une méprise. Il était bon en ce qui me concerne, puisque c’est à moi que reviens la responsabilité de diriger les jurys, que j’en réfère au gouvernement pour savoir si nous nous réservions à la fin pour faire le bilan du processus ou si on pouvait le faire à date. Et vous savez que le gouvernement est saisi selon certaines procédures auxquelles il a fallu sacrifier. Maintenant, le gouvernement est partant dans ce contrat de la transparence. Si vous le consentez, nous ferons le point au sortir des urnes.

Que dire du cas de l’Ecole normale supérieure?

Dans la programmation initialement arrêtée, nous aurions dû tenir ce 22 juin 2018 le Conseil d’administration préparatoire de l’ENS. Entendu que c’est une pratique nouvelle qui fonctionne sur le principe participatif, nous invitons à la définition du règlement intérieur, les enseignants eux-mêmes.  Et c’est avec eux que nous convenons des règles qui vont être appliquées à leurs auditions. Seulement voilà, l’ENS est placée sous la double tutelle de l’Enseignement supérieur dont elle relève a priori et du ministère de l’Education nationale qui est leur exclusif employeur. Dans ces conditions, parce que nous ne voulons laisser personne sur le trottoir, nous avons pensé qu’il était bon de reculer pour que l’Education nationale nous retrouve et qu’ensemble nous conduisions ce processus. A sa décharge, mon collègue en charge de l’Education nationale est pris dans l’exigence du baccalauréat et nous pensons que quoi que la tâche soit rude, nous allons la mener ensemble parce que le bateau de la République doit absolument avancer sur des eaux plutôt apaisées.

Si nos souvenirs sont bons, il  semble qu’au départ, il était convenu que ce sont les enseignants qui devaient élire, jusqu’au final, les recteurs des universités.

C’est encore l’Etat qui devra avoir le dernier mot dans cette désignation. Qu’en est-il?

Non, il n’y a jamais eu revirement. Par contre, il est nécessaire que je reprécise. Nous sommes partis du système classique qui qualifie le gouvernement dans la nomination des premiers responsables des établissements de l’enseignement supérieur. Nous pensons que ce système a vécu qu’il était bien de repartir vers les enseignants d’abord pour qu’ils désignent le périmètre de l’excellence auprès de leurs représentants. C’est donc à ce titre-là que cette réforme me parait utile parce qu’elle implique d’abord l’enseignant lui-même qui a besoin de se reconnaitre dans le candidat à la gouvernance de l’université. Il faut d’ailleurs savoir que les différents candidats doivent, au-delà des CV, des grades universitaires, de l’expérience professionnelle, proposer un programme de gouvernance institutionnelle. Autrement dit, ils doivent présenter l’université qu’ils proposent à leurs collègues. Le tour des universitaires est important à cet égard parce que ce sont eux qui se reconnaissent dans les projets ou ne se reconnaissent pas du tout. Lorsque les universitaires ont fait le choix de leurs collègues qui les paraissent les plus aptes à répondre aux aspirations qui sont les leurs, le gouvernement n’a aucune peine et se trouve, me semble-t-il, dans un environnement sécurisé pour désigner, nommer celui que les collègues ont désigné. C’est un système, je dirai hybride, mais qui ne disqualifie personne parce qu’aidant le gouvernement qui met les moyens, et crée les structures. J’estime donc qu’il est mieux de gagner à plusieurs que de gagner seul. Et c’est pour cette raison que le gouvernement a pris sur lui de reculer pour mieux sauter avec les Gabonais.

 
 

7 Commentaires

  1. Moi dit :

    Quand Moukagni fait du Mbarantsouo…

    Dans aucune université où les choses marchent, le recteur et les chefs de départements tiennent leurs légitimités de leurs paires et non d’un gouvernement même quand il est légal et légitime, et non d’un président même quand il n’ pas falsifié ses diplômes. Quelle légitimité a un Ropivia, le futur ex recteur si ce n’est son appartenance au PDG? Il y a qu’à voir le portrait d’ali bongo dans son bureau…une véritable aberration !

  2. Freeman dit :

    avions sept candidats qui ont été auditionnés par le jury en Conseil d’administration et au terme de cette série d’auditions, il appartenait au jury de dégager les trois meilleures candidatures, selon ce que les termes de référence ont indiqué. Au terme de cet exercice trois noms se sont dégagés. Il s’agit de monsieur le recteur sortant, Marc-Louis Ropivia, le professeur Charles Mba Owono et enfin le Professeur Hugues Moukaga. Sur la base de l’excellence, il appartiendra ensuite au gouvernement, à sa discrétion de nommer le recteur de notre université et ce recteur sera au moins l’un des trois.”
    Question: ”
    Si nos souvenirs sont bons, il  semble qu’au départ, il était convenu que ce sont les enseignants qui devaient élire, jusqu’au final, les recteurs des universités.

    C’est encore l’Etat qui devra avoir le dernier mot dans cette désignation. Qu’en est-il?

    reponse

    • GabomamaGm dit :

      Le régime Bongo est une vraie sorcellerie. Dans un pays où depuis plus de 50 ans le président tient l’administration et l’économie avec sa famille avec qui il dirige comment voulez-vous l’instauration d’une véritable démocratie et d’une culture du mérite à tous les niveaux? Ils ne veulent pas donner le pouvoir au peuple qui pourtant le mérite. Les enseignements des universités sont des cadres suffisamment éclairés et qui certainement sont de loins mieux placés que les gouvernants pour savoir ce qui est mieux pour l’éducation et la recherche dans notre pays. De grâce faite sortir la gestion des établissements d’enseignement y compris et de recherche y compris la politique des bourses d’etude de la politique et laisser les enseignants eux-mêmes. L’enseignement et l’adéquation formation-emploi se porterai mieux. Le régime Bongo ne peut survivre sans inféoder toute l’élite du pays. Ce qui est nocif pour notre progrès.

  3. Freeman dit :

    En définitive comment est désigné le recteur d’une université ou d’une grande école?

    ” Eh ben. …les enseignants élisent sur la base d’au moins trois candidatures. Les trois premiers sont retenus. Le Gouvernement ….ou peut-être même la Cour Constitutionnelle désigné parmis ces trois derniers candidats ….Le fameux vainqueur (sic ). ”

    Ne soyez pas surpris que le troisième (dernier) devienne premier. Mais soyez rassurer, la volonté des enseignants est respectée (re-sic ) car c’est là le résultat sorti des urnes de la très très démocratique République du Gabon. …..

    Eh….Dja qui t’a poussé dans cette “galère”!!! un homme qui il ya encore quelques jours avait un discours clair et cohérent …à subitement un langage acrobatique à donner de la nausée …pouah!!!

  4. Aze dit :

    Les 1er intervenants ici font du blabla …
    L’élection a eu lieu. Le gouvernement ne fera que entériner le vote des enseignants.

    • BEYEME dit :

      @Aze,

      Au terme de cet exercice trois noms se sont dégagés. Il s’agit de monsieur le recteur sortant, Marc-Louis Ropivia, le professeur Charles Mba Owono et enfin le Professeur Hugues Moukaga. Sur la base de l’excellence, il appartiendra ensuite au gouvernement, à sa discrétion de nommer le recteur de notre université et ce recteur sera au moins l’un des trois.
      Parfois il faut bien lire, relire le texte avant de dire ce que vous insinuer par blabla…
      Merci de bien lire mon post ci-dessous et vous comprendriez certainement beaucoup de choses qui ont un sens.

  5. BEYEME dit :

    Monsieur le Ministre, le crabe avait fini par gaspiller la danse à cause de ses nombreuses pattes. Et ce que vous nous expliquer est complètement contradictoire voir même utopique à mon sens. Vous êtes juriste et pas universitaire raison pour laquelle vous balbutiez sur ce dossier. Et si vous n’y prenez pas garde, cela serait votre premier contrat d’échec vis-à-vis des enseignants, étudiants, en partant du Gouvernement vampirique auquel vous êtes le représentant.
    Pourquoi voulez-vous que ce soit le gouvernement (donc vous) qui puisse nommer le Recteur en ce qui concerne l’UOB et l’USS? Pourquoi ne laissez-vous pas cette imminente charge aux universitaires eux-mêmes et si possible aux différents représentants des étudiants? Vous qui prônez l’égalité des chances et la démocratie pour tous, alors laissez les autres s’exprimer tout en vous apportant des résultats. Mon dieu !

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D'INFOS MATINALES DE GABON REVIEW