Le nouveau cycle d’arrestations pour «délit d’opinion » des partisans de l’alternance, a vivement été condamné le 9 septembre par les membres du Rassemblement héritage et modernité (RHM). Ils appellent Ali Bongo au ressaisissement et au respect de la constitution.

Le président de Rassemblement héritage et modernité (RHM), et ses compagnons. © Gabonreview

 

Très peu surpris par la tournure que prend la crise générale qui affaiblit le pays depuis huit ans déjà, les membres du Rassemblement héritage et modernité (RHM), à la faveur d’une déclaration faite par leur président, Alexandre Barro Chambrier, le 9 septembre au siège du parti, ont appelé Ali Bongo Ondimba, au ressaisissement.

«Où en est notre pays ? Où va le Gabon désormais ?», ont-ils interrogé, au regard de la multiplication des agissements arbitraires du régime en place. Le RHM estime que le temps semble lui donner raison, sur la base de sa déclaration du 27 juin 2015, sur les «dangers des dysfonctionnements internes au sein du PDG, la gouvernance catastrophique du Gabon, le climat politique délétère créé dans le pays par une engeance de profito-situationnistes dont Ali Bongo Ondimba était désormais captif».

Le pays est plongé dans une dangereuse spirale : perte de crédibilité, repli de l’investissement direct étranger, fermetures d’entreprises, chômage, grèves à répétition dans tous les secteurs d’activités et paupérisation grandissante de la  population.

Et comme si ces maux n’étaient pas déjà assez assommant pour le pays et son économie, le régime s’est permis d’exacerber les affres de la violence politique pré et post électorales : violences verbales, intimidations, interdiction de sortie du territoire, ainsi que les arrestations des compatriotes et membres de la coalition, devenues «systématiques, au mépris de la loi et des droits fondamentaux consacrés par la Constitution de la République gabonaise».

Pour Alexandre Barro Chambrier, «les Gabonais n’ont pas soif de vengeance, ils ont soif de justice et de démocratie, pas plus qu’ils n’ont soif d’égalité de chances mais d’égalité des droits : le droit au respect de l’expression de leur pensées et de leurs idées, le droit au respect de leur intégrité physique et de leur dignité, le droit à la sécurité de leurs biens, le droit à l’emploi, le droit à la santé et l’éducation de qualité».

Le RHM estime que «le pays est plus divisé que jamais. Le roi est désormais nu. Aux obsèques de l’émergence, le voilà seul dans le char funéraire, les chevaux de trait ont disparu, la procession des courtisans, plus duplices que jamais, s’effrite chaque jour, les arrestations tous azimuts produisent pleinement leur effet. L’angoisse se métastase au sommet de l’appareil d’État…chaque ministre, transi de peur, tentant discrètement de s’assurer que son nom ne figure pas sur la très longue liste savamment pulsée, dans une subtile et pernicieuse, campagne de chuchotement orchestrée par le pouvoir lui-même».

Aucun pays ne peut se construire et émerger dans ces conditions, estime le parti crée par les dissidents du PDG. RHM demande à Ali Bongo de faire cesser «le climat de terreur» qui prévaut désormais dans le pays et surtout à respecter les prescriptions constitutionnelles auxquelles il a souscrit, à travers son serment.

 

 
 

3 Commentaires

  1. gaboma dit :

    Alexandre Chambrier vous êtes mieux placé pour savoir qu’hier, aujourd’hui comme demain il ne sert absolument à rien de demander à Ali Bongo de respecter un quelconque serment. Sa ne lui ressemble pas. Plus rien ne fera comprendre à sa majesté Ali Bongo que le respect de la loi et du serment va de l’honneur et de la crédibilité du roi et donc de la légitimité. Que seuls la justice et l’équité consolident tout pouvoir. La seul invitation qui vaut la peine c’est lui demander de partir avant que la foudre s’abatte sur lui et toutes sa famille. Il n’est pas encore tard, s’il ne peut partir pour sauver sa propre vie, qu’il le fasse pour ne pas d’avantage compliquer la situation de la famille Bongo dont il a davantage sali le nom à l’intérieur, comme à l’extérieur du pays.

  2. doukdouk dit :

    Au devant de la marche, il y avait Barro, Michel Menga, Eyeghe, Masavala et Oyougou, pourquoi les 2 derniers et non les premiers cités ?

  3. OLSEN dit :

    Ils arrêtent les personnalités politiques qui ne sont pas très populaires pour éviter l’embrasement leur fin est proche.

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