L’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima s’est prononcé, dans un post publié le 21 décembre sur Facebook, sur le projet de révision constitutionnelle présenté le 18 décembre en Conseil des ministres. S’il note que «les constitutions ne sont point des tentes dressées pour le sommeil», il relève dès l’entame de son propos que «nous voyons déjà s’élever dans le pays la diffusion d’un sentiment de malaise, de perplexité, de désarroi, d’angoisse, d’inquiétude et de colère qui affecte la plupart des Gabonais tant les points inscrits à l’ordre du jour de ce projet de révision sont troublants».

L’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima estime qu’«il n’est pas utile de triturer la Constitution à moins que cette opération ne cache des intentions inavouables». © D.R.

 

Raymond Ndong Sima s’est prononcé le 21 décembre sur la révision de la Constitution présentée le 18 décembre, lors du Conseil des ministres. A la suite de plusieurs autres leaders politiques et de la société civile, il estime que même si le bien-fondé de cette modification n’est pas pour l’heure exposé, ce projet «ne vise pas à améliorer notre métabolisme politique, social ou moral».

L’ex-Premier ministre estime que le Parti démocratique gabonais (PDG) dispose, en l’état actuel, des majorités nécessaires à l’Assemblée nationale et au Sénat pour gérer toute transition qui s’avérerait nécessaire. «Il n’est donc pas utile de triturer la Constitution, à moins que cette opération ne cache des intentions inavouables», a-t-il dit, avant d’ajouter que «cette entreprise ne semble pas non plus viser le renforcement des principes de la République conçue pour fonder la liberté et l’égalité pour les citoyens à la construction d’une chose commune qui ait autorité légitime pour donner forme à leur vie».

Au contraire, l’ancien candidat à la présidence de la République souligne qu’«avec ce projet, on voit combien nous nous sommes éloignés de la perspective d’une conscience commune et du sentiment d’une chose commune à se partager». Ce dernier fait remarquer que «les modifications projetées sont si importantes que, si le projet était maintenu, il faudrait alors les faire adopter par voie référendaire pour leur donner une assise démocratique et les entourer d’un minimum de consensus, autrement une telle modification, accoucheuse d’arbitraire se trouverait préparer des droits despotiques à un petit groupe de personnes qui mettraient en cause les institutions et les principes sur lesquels les Etats modernes s’appuient, avec confiance, pour se régénérer par le haut».

L’ex-Premier ministre souligne également que l’initiative du gouvernement surprend et appelle plusieurs questions. «Pourquoi le gouvernement lui-même soulève-t-il la question de la vacance du pouvoir et propose-t-il d’en modifier l’architecture ? Pourquoi le gouvernement relance-t-il lui-même une polémique sur la capacité et l’incapacité du président de la République alors que cette question semblait s’essouffler avec la reprise, par ce dernier, d’une activité diplomatique plutôt soutenue et l’organisation récente à Libreville du dernier sommet de la CEEAC ? Que reproche-t-il au schéma actuel de gestion de la transition en cas de vacance du pouvoir ? Quelle est la légitimité d’un Sénat sur le départ de discuter et de statuer, dans le cadre d’un congrès à venir à très bref délai, sur des questions qui engagent durablement l’avenir institutionnel du pays ?».

Des questions auxquelles le gouvernement est appelé à apporter des réponses, tant la levée de bouclier sur ce projet est intense et menace la cohésion sociale, et partant la République. Car, insiste Raymond Ndong Sima, «les adaptations de convenance de la Constitution à des schémas subjectifs relèvent de manipulations dangereuses» et qu’«il n’y a pas de meilleur moyen d’introduire dans un pays comme le nôtre de l’instabilité, de compromettre le futur que de neutraliser les institutions par des constructions qui rendent impossible tout changement et imposent un intenable statu quo».

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Gayo dit :

    C’est toi qui aime nous chanter le respect des institutions n’est ce pas? Alors que ceux qui les incarnent sont des fourbes et des bandites qui eux-memes n’ont aucune dignité et ne respectent rien. Avec un ego surdimensionné, tu continues à faire cavalier seul pendant que d’autres plus humbles que toi essaient de taire leurs differences et mener des actions de mobilisation communes. Quand on te rendras a nouveau ton mepris lorsque a nouveau se presentera l’opportunité d’une candidature unique pour essayer de tourner la page de cette gestion plus qu’inique et egoiste ,tu vas encore mener des actes de sabotage seul contre la majorité de ceux qui essaient de conjuguer leurs efforts, bien que parfois avec maladresse et manquement et savent au moment venu se taire quand leur voix est mise en minorité pour maintenir la force de la cohesion utile au renversement d’un tel monstre qu’est le regime Bongo. Tu dois taire ta commedie Ndong Sima. Tu es Juda qui va voir l’ennemi la nuit. Meme si par un heureux hasard tu etais sincere dans l’opposition, les gabonais ne peuvent suivre et compter un loup seul qui n’a aucune strategie credible pour federer et qui en meme ne se voit pas rejoindre les autres qui marchent deja ensembles. On voit meme les jeunes du nouveau parti (ils representent la nouvelle generation) se rapprocher de tous les leaders de l’opposition. Mais toi on a du mal a cerner ta strategie de l’isolement qui ne menera nulle part et qui n’a aucune influence. Tu as cru en 2016 que le statut d’ancien premier ministre allait te suffire pour voir les gabonais te rejoindre. La realite est qu’il faut etre avec les autres et poser des actes pour naturellement se demarquer en tant que leader. Ce qu’avait fait Monsieur Ping qui plus que tout autre personne avait mérité sa place de leader et que tu continues de jalouser dans ta sorcellerie. Connaissant ta susceptibilité pour quelqu’un qui veut gerer le pays, je sais que ce commentaire va te faire tres mal NDONG SIMA.

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