Le symposium du 50e anniversaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) s’est ouvert le 22 novembre à N’Djaména, au Tchad. Globalement, les échanges visent à poursuivre les efforts fournis par les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), pour une croissance vigoureuse, inclusive et créatrice d’emplois. 

Les participants à l’ouverture des travaux, le 22 novembre 2022 à N’Djaména. © Gabonreview

 

Lancées depuis le 17 novembre par une série d’activités connexes, les festivités du cinquantenaire de la Banque des États de l’Afrique centrale ont atteint leur point culminant. Le symposium du 50e anniversaire de l’institution sous-régionale s’est ouvert, le 22 novembre à Ndjaména, sous le thème «Résilience des économies de la Cemac à l’aune des réformes monétaires et financières». Ouvrant les travaux, le ministre d’Etat tchadien en charge de la Production et la Transformation agricole est revenu sur le contexte particulier dans lequel se tient cet évènement. 

«Nous célébrons aujourd’hui le cinquantenaire de la BEAC dans un contexte extrêmement difficile. Alors que la conjoncture mondiale ne cesse de se détériorer, nous restons confrontés à des défis majeurs qui menacent la stabilité et le développement de notre sous-région. En effet, la crise économique et sociale engendrée par la pandémie du Covid-19, s’est accentuée avec l’impact de la guerre de l’Ukraine. Nos pays se trouvent ainsi exposer à une insécurité alimentaire grandissante et doivent faire face à la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’Energie. Au Tchad comme dans d’autres pays du monde, nous subissons de plein fouet les effets du changement climatique, qui se traduisent par des phénomènes telles que les sécheresses récurrentes ou encore les inondations. Ces réalités affectent considérablement les productions agricole et halieutique, exacerbant la pauvreté ainsi que les conflits entre les différentes communautés», a affirmé Médard Laoukein Kouraya.

Médard Laoukein Kouraya et Abbas Mahamat Tolli pendant leurs discours. © Gabonreview

Impulser une croissance vigoureuse

«Ces préoccupations vitales, ajoutées à toutes les contingences économiques et financières, aussi bien externes qu’internes, handicapent fortement les économies dans leurs efforts visant à impulser une croissance vigoureuse, inclusive et créatrice d’emplois. Ce sont là quelques enjeux fondamentaux sur lesquels il me semble important de se pencher en ce moment historique où nous dressons le bilan de 50 ans de coopération au sein de l’Union monétaire de l’Afrique centrale. Je note avec satisfaction que les question de la résilience des économies de la Cemac soit le thème du symposium qui nous rassemble aujourd’hui, et soit révélateur de l’impérieuse nécessité de s’inscrire dans une dynamique dévolution et d’adaptation pour répondre aux exigences d’un monde où les chocs deviennent de plus récurrents et d’ampleur croissante», a-t-il ajouté. 

Dans ce sens, le Gouverneur de le BEAC a souhaité la poursuite des efforts pour poursuivre la résilience visant à surmonter les contrecoups de la crise sanitaire, avec l’appui des institutions communautaires internationales. «Ces efforts doivent se poursuivre pour créer les conditions propices à une croissance économique forte, durable et inclusive. Face à la sévérité de  la crise liée à la guerre en Ukraine, nous devons rester attentifs aux menaces qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages. Nos équilibres intérieurs et extérieurs demeurent encore fragiles, bien que les perspectives macroéconomiques soient globalement favorables. En tout état de cause, les chocs exogènes qui ne cessent d’ébranler nos pays soulignent la nécessité d’achever les réformes structurelles du programme de réformes économique et financière de la Cemac : c’est la voie à suivre pour renforcer la résilience de notre sous-région et gagner le pari de l’émergence», a affirmé Abbas Mahamat Tolli.

L’industrialisation des chaines de valeurs

En effet, a-t-il ajouté : «La résilience économique se trouve au cœur des nos préoccupations communes. Elle est vitale pour nos économies. C’est ce qui justifie la pertinence du thème de ce symposium». Quatre sessions vont rythmer les travaux : «Partage d’expérience des dirigeants de la BEAC sur les principaux enjeux et défis de leurs mandatures», «Chocs extérieurs et résilience des économies de la Cemac : Apports des réformes monétaires et financières engagées au cours de la dernière décennie», «Coordination et normalisation des politiques monétaires et budgétaires face à la résurgence des tensions inflationnistes» et «Prévention, traitement et résolution des crises bancaires».

«Les différentes sessions prévues nous permettront d’échanger sur l’actualité du monde économique et financier, de tirer les leçons des mutations intervenues ces dernières années et identifier les voies les plus appropriées pour assurer la transformation structurelle de  nos économies vers l’industrialisation des chaines de valeurs et la création d’emplois», a conclu Abbas Mahamat Tolli.

 
GR
 

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