La Coalition pour la nouvelle République (CNR) a dénoncé, le 25 août, les dérives du gouvernement Oligui Nguema dans la conduite du processus d’organisation des élections législatives et locales. Par la voix de son président, le professeur Vincent Moulengui Boukossou, la CNR évoque une «organisation chaotique» et relève ce qui fait débat. 

Le président de la CNR, le professeur Vincent Moulengui Boukossou, et quelques membres du groupe, le 25 août 2025, à Libreville. © GabonReview/Capture d’écran

 

Indiquant être fidèle à son rôle de «sentinelle de la République», la Coalition pour la nouvelle République (CNR) a alerté la communauté nationale et internationale sur une gouvernance actuelle qui s’écarte des principes d’un État de droit démocratique. Elle s’appuie sur la «flagrante violation des règles normales de fonctionnement des institutions républicaines», relevant particulièrement les scandales qui entachent l’organisation des législatives et locales du 27 septembre prochain. 

Un «cafouillage organisé»

Dans le texte prononcé par le président Vincent Moulengui Boukossou, la Coalition rappelle que, depuis la transition jusqu’à l’ère post-présidentielle, les «prétendus efforts» de normalisation de la République ont été parasités par des subterfuges politiques et un contrôle militaire excessif. Elle critique ainsi, sans anicroche, la gestion du calendrier électoral et l’organisation du scrutin par la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER).

Ce qui implique qu’elle a dénoncé un «cafouillage organisé» visible notamment dans le chevauchement des étapes électorales et la disparition inquiétante de dossiers de candidatures, citant les cas de Bemvone Be Nze, de Jean Remy Yama à Libreville, ou encore d’Ikabanga à Koulamoutou. Selon ce groupe politique, ces manœuvres traduisent une volonté délibérée des autorités de «décourager les Gabonais, politiquement conscients, d’accomplir sereinement leurs devoirs civiques» et témoignent de la précipitation et de «l’incompétence» à la base des préparatifs.

Légalisation rapide et peu transparente de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) ?

Un autre point d’achoppement concerne le dysfonctionnement des Commissions électorales locales qui «au soir du délai légal de dépôt de candidatures […] ont déserté leurs lieux d’exercice», laissant la gestion du contentieux électoral entre les mains des personnes peu qualifiées. 

Dans ce contexte où ce processus électoral est largement contesté par la classe politique, la CNR fustige également le délai extrêmement court, de 72 heures, imposé pour déposer des réclamations. L’organisation évoque de même le subterfuge de la CNOCER qui «masque les colistiers pour ne publier que la tête de liste». Toutes choses empêchant ainsi la transparence et favorisant le maintien de «transfuges récents des partis politiques» non autorisés.

La coalition évoque en outre la légalisation rapide et peu transparente de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), obtenue en seulement 30 jours alors que la procédure réglementaire exige normalement un délai de plusieurs années. 

Des interrogations sur la régularité du processus

Face à cette situation, le groupe articulé autour du Pr Moulengui Boukoussou souligne que ce parti est constitué majoritairement d’anciens militants d’autres formations, dont la vérification d’appartenance n’a pas été correctement effectuée. Une situation qui soulève des interrogations sur la régularité du processus.

Pour clore son propos, le président de la CNR lance un appel pressant aux autorités pour un retour au respect des méthodes démocratiques, tout en dénonçant la persistance des pratiques héritées de l’ancien régime. Que «le chemin que prend notre pays en matière de gestion démocratique» puisse être corrigé afin de permettre un développement pacifique et serein, a-t-il fait savoir. 

La CNR conclut par ailleurs en énonçant un mot sur le communiqué présidentiel sur les difficultés électorales. Pour elle, cette prise de parole «ne suffit pas à rassurer, tant l’empreinte de la ruse en émane». En définitive, la CNR se montre ainsi sceptique face à la sincérité de l’exécutif.

 
GR
 

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