Le Gabon vient de vivre un moment électoral qui laisse un goût amer. Alors que la transition démocratique promettait un renouveau, les pratiques observées lors de cette campagne électorale révèlent des dérives préoccupantes qui questionnent la sincérité des engagements pris envers le peuple gabonais. Face à cette situation, le coordonnateur des programmes de l’ONG IDRC Africa s’interroge sur l’origine des fonds distribués durant la campagne et critique l’indifférence face aux revendications sociales. Il appelle le président Oligui Nguema à prendre des mesures contre « l’imposture » qui gangrène l’administration.

Hervé Omva s’interroge sur l’origine des fonds distribués durant la campagne et critique l’indifférence face aux revendications sociales. © D.R.

 

Au lendemain du scrutin législatif et local du 27 septembre 2025, Hervé Omva, coordonnateur des programmes de l’ONG IDRC Africa, a exprimé sa déception face au déroulement de la campagne électorale et aux résultats du vote. Il dénonce notamment le retour massif de pratiques clientélistes et l’indifférence des candidats face aux préoccupations sociales.

Hervé Omva s’interroge sur la résurgence soudaine, « en quelques jours », de la distribution de billets de banque accompagnée de matériel de campagne (tee-shirts, casques, affiches) dans le Grand Libreville et l’arrière-pays. « D’où vient cet argent ? », questionne-t-il, pointant du doigt une pratique qui avait pourtant semblé s’estomper ces derniers temps.

Le responsable d’ONG déplore également le bilan humain de cette période électorale, marquée par «des dizaines d’accidents de circulation, des pertes en vies humaines et des blessés», une situation qu’il juge «déplorable» et qui aurait été «passée sous silence».

L’indifférence face aux revendications sociales

L’une des principales critiques d’Hervé Omva porte sur le silence des candidats face aux mouvements sociaux. Il évoque notamment le cas de chômeurs et d’entrepreneurs qui campent «depuis des semaines» devant l’Assemblée nationale et la mairie de Libreville. «Pourquoi les cris des chômeurs et entrepreneurs ne sont-ils pas entendus ? Pourquoi les appels, les pleurs et la misère de ces jeunes (…) sont-ils ignorés ?», s’interroge-t-il.

Selon lui, « aucun candidat n’a pris la peine de s’enquérir de cette situation honteuse qui ternit l’image de la Vème République». Une accusation particulièrement dirigée contre «ceux qui hier encore faisaient partie de la société civile, des activistes et des analystes de la diaspora», désormais engagés en politique.

Un danger pour la Vème République

Hervé Omva estime que les résultats de cette élection « prouvent qu’il y a un groupe de mauvais joueurs bien assis dans des fauteuils douillets aux côtés du chef de l’État », ce qui constituerait « un danger pour notre vivre ensemble et pour la Vème République ».

Le coordonnateur de l’IDRC Africa appelle le président Brice Clotaire Oligui Nguema à «prendre des mesures rigoureuses pour mettre en fin à cette situation d’imposture qui risque de mettre en mal la concrétisation des engagements pour le développement et la transformation de nos matières premières».

Dans des propos particulièrement véhéments, il qualifie cette élection de « puanteur incroyable » et avertit : «Le mouvement des Gabonais de souche, d’adoption et d’ailleurs vous suit de très près. Ils vous connaissent jusqu’à la moelle épinière et, au moment venu, se chargeront de vous mettre en échec et mat». La journée du 27 septembre 2025 restera, affirme-t-il, comme «le jour où notre administration a gâché l’espoir de tout un peuple avec la complicité de ceux qui n’étaient pas aux affaires hier».

 
GR
 

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