Cour des comptes : Alex Euv Moutsiangou prend les rênes
Officiellement installé ce 6 octobre en tant que Premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou a affirmé sa volonté de redonner à l’institution sa pleine crédibilité. Conscient des défis qui l’attendent, il place son mandat sous le signe de la responsabilité, de la bonne gouvernance et du renforcement du lien entre justice financière et citoyens.

Alex Euv Moutsiangou s’exprimant, le 6 octobre 2026. © D.R.
Nommé le 12 septembre 2025 par décret n°0374/PR portant nomination et affectation des magistrats, Alex Euv Moutsiangou a officiellement pris ses fonctions ce 6 octobre en tant que Premier président de la Cour des comptes. À cette occasion, il s’est engagé à œuvrer au rétablissement du lien de confiance, aujourd’hui fragilisé, entre les juridictions financières et l’ensemble de l’environnement institutionnel comme non institutionnel.
«C’est avec la respectueuse considération d’un agent public de l’État et d’un citoyen que je vous adresse mes plus sincères remerciements pour le privilège que vous m’offrez de servir notre pays dans les hautes fonctions de Premier président de la Cour des comptes, à la faveur du Conseil supérieur de la magistrature en sa session du 12 septembre 2025», a-t-il déclaré lors de la cérémonie organisée au Palais de justice. Par ces mots, il s’adressait directement au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, également président du Conseil supérieur de la magistrature.
Juge et conseil
Il a rappelé avoir retenu de son discours d’investiture à la magistrature suprême un appel fort à la responsabilité des magistrats envers le peuple, au nom duquel ils rendent la justice. Il a précisé que la Cour des comptes, en sa qualité de juridiction, juge les comptables publics, les ordonnateurs, ainsi que toute personne détenant de manière irrégulière des fonds publics. En tant que conseil du gouvernement et du Parlement, elle émet des recommandations servant d’outils d’aide à la décision dans la conduite des politiques publiques, et dans l’exercice du contrôle parlementaire, notamment sur les finances publiques.
«En tout état de cause, la Cour des comptes doit être perçue comme un acteur central de la démocratie et de la bonne gouvernance», a-t-il affirmé, insistant sur le rôle de l’institution dans le respect de l’État de droit et dans l’usage rigoureux des deniers publics. Toutefois, il a reconnu que la Cour fait face à plusieurs difficultés structurelles : insuffisance de la formation continue des personnels, conditions de travail inadaptées, manque de moyens pour effectuer les contrôles, procédures trop lourdes, organisation interne peu efficiente, outils d’investigation parfois dépassés face à des gestionnaires publics devenus experts dans l’art de maquiller les écritures comptables.
7 piliers de gouvernance
À cela s’ajoutent des mécanismes de recouvrement des débets et amendes encore lacunaires. Succédant à Alain-Christian Iyangui, Alex Euv Moutsiangou a présenté les sept piliers qui guideront son action à la tête de l’institution : fidélité à la République, loyauté, ouverture et humilité, compétence, diligence dans l’exécution des missions, et collégialité dans la prise de décision. Il estime que la Cour doit s’ouvrir davantage à son environnement et que la bonne gouvernance doit devenir une valeur partagée entre tous les acteurs.
«C’est à ce prix que nos juridictions financières pourront restaurer un lien de confiance, aujourd’hui distendu, avec l’ensemble de notre écosystème institutionnel et citoyen», a-t-il conclu. Avant d’ajouter, à l’adresse du chef de l’État : «Nous comptons sur votre soutien indéfectible pour bâtir une justice forte et indépendante, capable de relever les nombreux défis qui nous attendent», a-t-il déclaré.













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