Dans une publication au vitriol mise en ligne le 14 novembre, l’ancien ministre et docteur en droit Ali Akbar Onanga Y’Obegue dénonce avec virulence le verdict condamnant Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin à vingt ans de réclusion criminelle. Il parle d’un «scandale d’État», d’un «procès politique» et d’une «violation spectaculaire du droit», accusant la Cour criminelle spécialisée de s’être livrée à une manipulation institutionnelle destinée à produire un choc médiatique plutôt qu’à établir la vérité judiciaire.

«L’histoire jugera ce procès, et elle ne jugera pas les accusés. Elle jugera ceux qui ont transformé la justice en outil de vengeance et la vérité en instrument de domination», dixit Ali Akbar Onanga Y’Obegue © D.R.

 

Sous la plume acérée de l’universitaire, le procès du 12 novembre apparaît comme une pièce à charge dirigée contre un clan plutôt qu’une démarche impartiale au service de la justice. Pour lui, ce jugement ne représente pas une avancée dans la lutte contre la corruption, mais l’acte révélateur d’une justice instrumentalisée par le pouvoir. Derrière chaque argument, la même idée revient comme un leitmotiv : ce procès n’aurait pas cherché la vérité, mais l’effet politique.

«Ce n’était pas un procès. C’était une opération politique»

D’entrée de jeu, Onanga Y’Obegue décrit «un procès d’une brutalité procédurale inédite», marqué par une «condamnation à vingt ans de réclusion criminelle» rendue dans des conditions qu’il juge irréalistes. Il s’indigne : «Comment un dossier prétendument constitué de 2 188 pages peut-il être examiné et jugé en deux jours seulement ?»

Il accuse la Cour d’avoir «jugé avant de lire, condamné avant d’examiner, tranché avant d’évaluer», dénonçant un jugement destiné à «impressionner l’opinion et clore un chapitre embarrassant». Pour lui, le calendrier politique a remplacé le temps de la justice : «Ce n’est pas un procès. C’est une formalité politique.»

L’une des attaques les plus frontales concerne l’absence de preuves matérielles. Onanga Y’Obegue affirme : «Aucun ordre signé par Noureddin Bongo. Aucun acte administratif signé par Sylvia Bongo. Aucune pièce comptable opposable. Aucun virement tracé. Rien

Pour lui, le jugement repose sur «des témoignages à charge arrachés à d’anciens collaborateurs cherchant à se protéger». Il évoque aussi la violation totale du droit de la défense, rappelant que les accusés «n’ont jamais pu recevoir leurs avocats durant près de deux ans», supprimant toute possibilité de contradictoire.

«On a sacrifié deux individus pour dissimuler les responsabilités réelles»

L’universitaire invoque ensuite une impossibilité juridique : «Madame Sylvia Bongo n’a jamais exercé de fonctions dans l’appareil étatique… Elle était Première dame, un statut protocolaire sans existence légale.» Dès lors, dit-il, «condamner une complice présumée sans désigner l’auteur principal» viole le droit pénal.

Le Docteur en droit, enseignant à la FDSE de l’UOB estime que ce procès a simplement «fabriqué des coupables commodes pour masquer la survie du système», concluant que «ce procès restera dans l’histoire du Gabon comme un moment de fracture et de mensonge».

Dans une phrase qui résonne comme un jugement moral, il prévient : «Lorsqu’un État sacrifie la vérité pour conforter son pouvoir, il renonce à sa propre dignité

 
GR
 

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