Atelier de restitution sur les futures aires protégées : vers un cadre national renforcé de conservation
Afin de présenter les propositions issues des études fauniques, floristiques, socio-économiques et de la cartographie participative, ainsi que les éléments juridiques liés au processus de création des Aires protégées et conservées (APC), un atelier de restitution s’est ouvert ce jeudi 4 décembre au ministère des Eaux et Forêts à Libreville.

Photo de famille à l’occasion de l’ouverture de l’atelier de restitution sur les futures aires protégées et conservées. © GabonReview
Organisé avec l’appui du WCMC-ONU Environnement et de Panthera, cet atelier s’inscrit dans la dynamique du nouveau cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. L’objectif est clair : mettre à la disposition du ministère chargé de la création des aires protégées des lignes directrices actualisées, harmonisées et validées par l’ensemble des partenaires du secteur. Ces orientations devraient aboutir, à terme, à l’adoption d’un texte réglementaire encadrant la désignation des APC au Gabon. L’événement, prévu sur deux jours, réunit administrations publiques, partenaires techniques, organisations de conservation et acteurs scientifiques. Ensemble, ils examinent les travaux menés sur la biodiversité gabonaise, les dynamiques humaines, ainsi que les perceptions et besoins des communautés locales.
Dans ce sens, le directeur général adjoint de la Faune et des Aires protégées, Philippe Ongouli, a rappelé l’importance stratégique de cette démarche : «Depuis plusieurs décennies, notre pays a fait le choix d’inscrire la gestion durable de ses ressources au cœur de son modèle de développement. Aujourd’hui, dans un contexte marqué par la mise en œuvre du cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, nous devons affirmer notre capacité à contribuer activement à l’Objectif 30×30, qui engage les nations à protéger au moins 30 % de leurs terres, eaux intérieures et océans d’ici 2030».
Il a également souligné que les lignes directrices proposées reposent sur trois piliers essentiels, à savoir : les études socio-économiques, pour mieux comprendre les dynamiques humaines et les impacts sociaux des mesures de conservation ; la cartographie participative, afin d’intégrer les savoirs locaux et les usages traditionnels dans la délimitation des espaces et les inventaires fauniques et floristiques, indispensables pour documenter l’état de la biodiversité et orienter les décisions de gestion. Ces outils, selon lui, permettront à la DGFAP de disposer d’un référentiel technique robuste pour comparer les projets, évaluer leur avancement et identifier ceux à intégrer dans les 30 % d’aires protégées nationales.
Associer davantage les communautés : un impératif pour la réussite

Le directeur général adjoint de la Faune et des Aires protégées, Phillipe Ongouli, ouvrant l’atelier de restitution, le 4 décembre 2025 à Libreville. © GabonReview
Selon les responsables présents, les standards internationaux ont beaucoup évolué, notamment sur la gouvernance et la création des aires protégées. L’enjeu est désormais d’assurer des processus inclusifs, fondés sur l’adhésion des populations. À cet effet, le directeur technique de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), le commandant Kakoua Atsima Jean Louis, a rappelé ceci : «La conservation n’a de sens que si elle bénéficie aux humains. Au début, l’ANPN était surtout focalisée sur la protection face à la forte prédation. Aujourd’hui, nous savons qu’il faut associer les communautés locales. Elles vivent depuis toujours avec la ressource et connaissent mieux que quiconque les pratiques qui garantissent sa durabilité», explique-t-il en précisant qu’un service dédié à l’implication communautaire au sein de l’ANPN permet désormais de prendre en compte ces savoirs dans la mise en œuvre des projets.
En outre, comme l’a souligné le porteur du projet création aire protégée et conservée, Christopher Orbeu, «permettre d’avoir un référentiel que la DGFAP puisse utiliser pour pouvoir évaluer l’avancement des projets et de pouvoir comparer les différents projets qu’il faut poursuivre», c’est là tout l’intérêt de cet atelier.
Ainsi, à l’heure où le monde se mobilise pour préserver 30 % de ses espaces naturels d’ici 2030, le Gabon réaffirme sa place de leader environnemental. Et si les lignes directrices élaborées lors de cet atelier voient le jour dans un cadre réglementaire solide, elles pourraient bien devenir la pierre angulaire d’un nouveau modèle gabonais de conservation : plus scientifique, plus inclusif et résolument tourné vers l’avenir.
Thécia Nyomba (Stagiaire)













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