Quinze ans après son installation, le Réseau de l’Administration Gabonaise à Oyem sort enfin de sa torpeur. Sous l’impulsion de l’ANINF, cette infrastructure en fibre optique, longtemps endormie, devient le premier maillon d’une révolution silencieuse : celle d’un État qui reprend le contrôle de ses territoires par le numérique. À l’heure où la décentralisation s’apprête à redistribuer les cartes du pouvoir local, la souveraineté digitale n’est plus un slogan. Elle se câble, province par province.

Les techniciens de l’ANINF à pied d’œuvre à Oyem, pour l’activation du Réseau de l’Administration Gabonaise (RAG) dans la province du Woleu-Ntem. © D.R.

 

A Oyem, dans la province du Woleu-Ntem, le Réseau de l’Administration Gabonaise (RAG) est désormais opérationnel. Cette mise en service marque une avancée importante dans le déploiement effectif des infrastructures numériques de l’État à l’intérieur du pays.

Installée depuis 2010, cette infrastructure publique interconnectée en fibre optique était restée jusqu’ici inactive. Son activation ouvre désormais la voie à une meilleure connectivité des administrations publiques locales et à une circulation plus fluide, plus rapide et plus sécurisée de l’information administrative.

© ANINF

Au cœur de cette dynamique se trouve l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF), bras opérationnel de l’État en matière d’infrastructures numériques publiques. Sous l’impulsion de son Directeur Général, M. Alberto Wenceslas MOUNGUENGUI MOUDOKI, l’Agence poursuit la mise en œuvre, sur l’ensemble du territoire, d’infrastructures stratégiques destinées à soutenir la transformation numérique de l’administration et à consolider la souveraineté digitale du Gabon.

Cette dynamique s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, qui a fait de la souveraineté digitale un axe majeur de la refondation de l’État. Maîtriser les réseaux de l’administration, sécuriser les échanges publics, rapprocher les services numériques des territoires et garantir à l’État un meilleur contrôle de ses infrastructures critiques, tels sont les fondements de cette ambition nationale.

A ce jour, plusieurs administrations de la ville d’Oyem bénéficient déjà de cette connectivité, notamment la Mairie Centrale d’Oyem, le Commissariat d’Oyem et le Palais de Justice d’Oyem. Cette mise en exploitation permet d’améliorer les conditions de travail des services publics, de renforcer la coordination administrative et de préparer l’intégration progressive de nouveaux usages numériques au sein des administrations concernées.

L’activation du RAG dans les provinces apparaît aujourd’hui comme une nécessité stratégique. Elle prend une importance particulière dans le contexte de l’entrée en vigueur pleine et entière, en 2026, de la loi sur la décentralisation. En transférant plusieurs prérogatives de l’administration centrale vers les collectivités locales, cette réforme impose une réorganisation des modes de gestion publique au niveau territorial.

Dans ce nouveau cadre, les collectivités locales seront appelées à gérer des compétences accrues, avec des exigences plus fortes en matière de traitement de l’information, de coordination administrative, de traçabilité, d’archivage, de partage sécurisé des données et de continuité du service public. Dès lors, la digitalisation des processus locaux devient un enjeu central. Or, cette transformation ne peut se faire sans une infrastructure de base fiable, sécurisée et maîtrisée par l’État.

C’est précisément tout l’intérêt du RAG. En offrant un réseau public dédié aux administrations, il constitue le socle technique indispensable à la digitalisation progressive des processus administratifs locaux. Il permet de connecter les services déconcentrés et les collectivités territoriales à une même architecture numérique, cohérente, sécurisée et souveraine. Il contribue ainsi à réduire les disparités territoriales en matière d’accès aux infrastructures numériques publiques.

A travers cette action, l’ANINF confirme son rôle central dans l’accompagnement de l’État et des collectivités locales vers une administration plus moderne, plus connectée et plus performante. La mise en service du RAG à Oyem n’est donc pas un simple raccordement technique. Elle constitue une étape concrète dans la construction d’un État numériquement souverain, capable d’appuyer la décentralisation par des outils adaptés aux réalités et aux exigences des territoires.

L’activation du réseau se poursuivra progressivement au profit des autres administrations de la localité, avant son extension à d’autres entités publiques, dans la continuité de l’ambition nationale de maillage du territoire par des infrastructures numériques publiques robustes et durables.

 
GR
 

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