Alain-Claude Bilie-By-Nze, le président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) et ancien Premier ministre, a rejeté lors d’une conférence de presse, le 1er avril, le nouveau Code de la nationalité. Il le juge à la fois mal conçu dans son fond et contestable dans sa méthode. Selon lui, ce texte «n’est pas bon à la fois par son contenu, mais aussi par la forme». Ce qui fait qu’il a appelé à «le réécrire en recherchant un consensus».

Le président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) et ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, le 1er avril 2026, à Libreville. © GabonReview

 

Lors de sa conférence de presse animée, le 1er avril, en présence des responsables des partis alliés tels que le PGP, REAGIR, PDN et le PSE, l’ex-chef du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze, président du Parti Ensemble pour le Gabon (EPG), s’est prononcé sur le nouveau Code de la nationalité qui alimente actuellement le débat dans le pays. Sur le fond comme sur la forme, Alain-Claude Bilie-By-Nze a relevé les points d’achoppement avant d’appeler à la réécriture consensuelle de ce texte. 

Une critique de la forme et du fond et un refus de la catégorisation des Gabonais

L’ancien Premier ministre a d’abord reproché au gouvernement d’avoir choisi la voie de l’ordonnance pour un texte qu’il estime trop grave, pour être traité dans la précipitation. À ses yeux, «un texte, comme celui dont nous parlons, est fondamental, puisqu’il touche à la question de la nation et de la nationalité». En conséquence, estime-t-il, «le passage en force n’est pas une bonne chose»  et il aurait fallu «mieux prendre du temps pour la discussion, le temps pour le dialogue». Il a donc dénoncé un «passage en force» qu’il oppose à l’esprit même d’un débat républicain.

Le cœur de son objection tient à la rupture de l’égalité que le texte introduit, selon lui, entre les citoyens. Il affirme qu’un Code de nationalité ne peut pas créer «des catégories de Gabonais», c’est-à-dire des Gabonais de première et de seconde zone, certains pouvant exercer toutes les fonctions, et d’autres, non. Il a illustré son propos en relevant qu’il est inacceptable qu’un Gabonais puisse «être militaire, prendre des balles pour défendre la nation», sans pouvoir pour autant «être commandant ou directeur des opérations», ou qu’un autre soit empêché d’accéder à la magistrature en raison de son mode d’acquisition de la nationalité.

Le danger du retrait discrétionnaire et appel au consensus national

Quelques membres du directoire d’EPG. © GabonReview

Poursuivant ses observations sur le contenu de ce nouveau Code de la nationalité, Bilie-By-Nze a également jugé inacceptable la disposition qui donnerait au chef de l’État la faculté de retirer la nationalité à un compatriote. Il y voit une menace politique majeure, car cela reviendrait, a-t-dit, à laisser à «l’appréciation d’un autre être humain» le pouvoir d’ôter ce que «Dieu et l’histoire» ont donné. Il est allé encore plus loin en soutenant que retirer la nationalité, c’est «ôter la vie civique, la vie politique, la vie sociale» à une personne, et donc d’ouvrir la voie à une forme de mise à l’écart civique.

Pour lui donc, le texte doit être revu sans délai dans un cadre apaisé et ouvert, en associant des experts et des acteurs variés. Il plaide pour que les parlementaires «aient la possibilité de revoir ce texte», en appelant au besoin «les spécialistes : sociologues, anthropologues, historiens, juristes», afin d’aboutir à «un vrai consensus national». Par ailleurs, il a refusé de faire de cette question «un débat partisan» et a insisté à ce propos. «Nous ne sommes pas favorables à ce qu’on crée des différences entre les Gabonais», a-t-il déclaré.

Une identité nationale à protéger

Le rejet du Code de la nationalité du président d’EPG s’inscrit dans une défense plus large de l’identité nationale et de l’égalité des citoyens devant la loi. Il a rappelé que «le Gabon n’appartient à personne» et que nul ne peut s’arroger le droit de décider seul de l’identité des autres. «Nous ne pouvons pas laisser à un être humain, le pouvoir de nous enlever ce que Dieu nous a donné», a-t-il dit, avant de conclure que le pays doit préserver une nationalité unifiée, juste et non discriminatoire.

Trois autres sujets ont également été évoqués lors de cette rencontre avec les médias, à savoir la demande de la publication de la liste des personnes et personnalités ayant bénéficié de l’amnistie accordée à ceux ayant fait le coup d’État du 30 août 2023, la recherche des explications concernant les marchés publics passés de gré à gré et sur l’affaire île Mbanié.

 
GR
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire