En conférence de presse, le 1er avril, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a également placé la question des marchés publics, passés de gré à gré, au cœur de sa charge contre la gouvernance publique au Gabon. Face à la presse, le président d’Ensemble pour le Gabon (EPG) a dénoncé une pratique qu’il juge contraire aux engagements de transparence. Il a ainsi indiqué que «plus de 93% des marchés passés dans notre pays (…) ont été passés de gré à gré», sans appel d’offres, et représentent plusieurs milliers de milliards de francs CFA.

Des techniciens sur le chantier d’une route en béton dont les travaux ont été lancés après les événements d’août 2023. © GabonReview

 

Au regard des chantiers et autres investissements engagés par l’Exécutif depuis la Transition, la question de la transparence dans la passation des marchés publics s’impose. À l’occasion de sa conférence presse, le 1er avril, l’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a relevé les manquements concernant ces marchés publics dont on ignore les montants, les entreprises, etc.

Une attribution des marchés «à des amis», «à des copains», «sans étude préalable»

Pour le président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), cette situation révèle un grand écart entre les promesses officielles et la réalité de l’action publique. Il a rappelé qu’«on nous a promis la transparence», «la bonne gouvernance», «la fin des passe-droits» et «le retour à l’orthodoxie financière et budgétaire», avant d’opposer à ces annonces l’ampleur des marchés attribués hors procédure normale. Il a insisté sur la définition même du gré à gré, qu’il présente comme une attribution des marchés «à des amis», «à des copains», «sans étude préalable» et «sans avoir de financements sécurisés».

L’ancien Premier ministre, président d’EPG, Alain-Claude Bilie-By-Nze. © GabonReview

Ses exigences ont été précises et sans détour. Bilie-By-Nze a voulu savoir «quels sont ces marchés passés de gré à gré?», «quelles sont les entreprises bénéficiaires ?», avant de réclamer les noms responsables des sociétés, des actionnaires, des véritables propriétaires et «naturellement, l’identité des gérants». Selon lui, cette exigence n’est pas seulement administrative. Elle relève de la bonne compréhension, de la lutte contre la corruption, de la lutte contre les passe-droits et d’un impératif de responsabilité publique. Ceci d’autant plus que plus de 2023 à aujourd’hui, 93% de ces marchés, représentant plusieurs milliers de francs CFA, sont passés sans appels d’offre.

Un problème de système, d’éthique et de souveraineté budgétaire

Le leader d’EPG a également inscrit sa demande dans un contexte de contrainte financière et de pression internationale. Il a soutenu qu’au moment où le pays se trouve «dans une situation forcée, avec le FMI», il est essentiel que ces marchés soient connus. Pour lui, il ne s’agit donc pas d’un simple débat politique, mais d’un sujet que l’État ne pourra pas durablement esquiver.

L’ancien Premier ministre a présenté cette passation massive des marchés de gré à gré comme un problème de système, d’éthique et de souveraineté budgétaire. Son souhait est donc que l’on dise enfin au pays «quels sont ces marchés» et «qui est concerné», afin d’écarter toute «forme d’amnistie à la carte» des pratiques financières. Dans logique de dénonciation générale de l’opacité, la transparence n’est pas une option, mais une obligation démocratique.

 
GR
 

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