Le Syndicat des ‘enseignants de la base’ sort de l’ombre et prend la parole
Une nouvelle voix s’élève dans le paysage syndical gabonais. Officiellement présenté le 17 avril 2026, le Syndicat des enseignants de la base (SEB) se veut le porte-étendard d’une profession en quête de justice, de reconnaissance et de meilleures conditions de travail. L’ambition est clairement affichée : faire entendre les enseignants trop longtemps tenus à l’écart et peser sur les prochaines échéances professionnelles.

La présidente du SEB, Honorine Angue Mintsa lors de son discours, le 17 avril 2026. © GabonReview
Le 17 avril 2026 marque un tournant dans le paysage éducatif gabonais avec la présentation officielle du Syndicat des enseignants de la base (SEB). À travers cette initiative, ses membres entendent porter les revendications longtemps restées sans réponse des enseignants dits «de la base».

Les membres du SEB repartis dans les 9 provinces du Gabon. © GabonReview
Prenant la parole lors de cette cérémonie, la présidente du SEB, Honorine Angue Mintsa, a tenu à préciser le sens de cette démarche : «Le syndicat des enseignants de la base que nous avons l’honneur de présenter officiellement ce jour ne procède ni d’une ambition personnelle, ni d’une quête de pouvoir. Il procède d’une nécessité impérieuse, celle de redonner voix, place et considération à celles et ceux qui, trop longtemps, ont été relégués aux marges du système».
Selon elle, la création du SEB est l’aboutissement d’un long parcours fait d’épreuves, de sacrifices et de persévérance, mais également porté par une quête constante de justice et de reconnaissance. Elle a rappelé le rôle fondamental des enseignants dans la société : «Nous sommes ces femmes et ces hommes qui, chaque jour, portent à bout de bras l’école gabonaise. Nous sommes les gardiens du savoir, les transmetteurs des valeurs, les bâtisseurs silencieux de l’avenir national».
Malgré cet engagement, de nombreuses difficultés persistent. La présidente a ainsi soulevé plusieurs préoccupations majeures : «Combien d’enseignants attendent encore la régularisation de leur situation administrative ? Combien exercent sans reconnaissance pleine et entière de leur engagement ? Combien vivent dans l’incertitude malgré des années de services loyaux ?». Face à ces constats, le SEB revendique un choix, celui de rompre avec la résignation et de s’organiser au sein d’une structure crédible et déterminée.
Améliorer durablement les conditions de travail des enseignants
Le syndicat se veut une voix à la fois ferme et responsable, tournée vers la construction plutôt que la confrontation. Il ambitionne notamment de défendre les droits des enseignants, de promouvoir la transparence dans la gestion des carrières et d’améliorer durablement les conditions de travail. «À travers le SEB, nous affirmons avec clarté notre engagement à défendre avec rigueur et constance les droits des enseignants de la base et restaurer la dignité et la considération dues à la fonction enseignante», a indiqué Honorine Angue Mintsa.
Inscrit dans une dynamique de refondation du système éducatif, le SEB privilégie le dialogue avec les autorités. «Notre démarche n’est pas une démarche de confrontation, elle est une démarche de responsabilité», a-t-elle souligné, appelant à des échanges sincères et constructifs en vue de solutions durables.
Composé d’enseignants issus des neuf provinces du pays, le syndicat entend jouer un rôle actif dans les prochaines échéances professionnelles, notamment les élections prévues la semaine prochaine. En conclusion, la présidente a lancé un message fort : «Lorsque la base s’élève avec dignité, c’est tout un système qui est appelé à se réformer. Et aujourd’hui, la base se tient debout devant vous».













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