Gabon : Franceville lance la bataille du manioc
Le gouvernement gabonais a remis, le 22 avril 2026, des équipements agricoles à 66 bénéficiaires dans le Haut-Ogooué, première étape d’une stratégie nationale visant à faire du manioc le levier de la souveraineté alimentaire du pays.

Le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, lors de la remise d’équipements aux bénéficiaires. © AGP
C’est dans la capitale du Haut-Ogooué que le Gabon a choisi de donner le coup d’envoi de sa nouvelle politique agricole. Le 22 avril 2026, le ministre de l’Agriculture Pacôme Kossy et sa collègue des PME, Zenaba Gninga Chaning, ont présidé à Franceville la remise d’équipements aux 66 lauréats d’un appel à projets dédié à la filière manioc dans cette province du sud-est du pays.
Selon l’Agence gabonaise de presse, l’initiative est le fruit d’un partenariat entre le gouvernement gabonais et plusieurs organisations internationales — le PNUD, l’UNOSSC et le Fonds IBSA regroupant l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud — emblème d’une coopération Sud-Sud revendiquée. Lancé du 10 décembre 2025 au 4 janvier 2026, l’appel à projets a suscité 97 candidatures, dont près des deux tiers émanaient du Haut-Ogooué lui-même. Parmi les retenus figurent 44 producteurs individuels, 18 coopératives, 3 sociétés coopératives de production et une PME.
Au-delà des équipements, un accompagnement technique est prévu : des agents du ministère assureront un suivi de terrain, après avoir eux-mêmes bénéficié d’une formation dispensée par des experts sud-africains. Une dimension humaine que l’ambassadrice d’Afrique du Sud, Pamela Nutetela, a placée sous le signe de l’égalité de genre et de l’implication de la jeunesse.
Quatre axes de la stratégie nationale

Les membres du gouvernement posant avec quelques bénéficiaires des équipements agricoles, le 22 avril 2026 à Franceville. © AGP
Prenant la parole, le ministre Pacôme Kossy a inscrit cette initiative dans une stratégie en quatre axes : atteindre la souveraineté alimentaire, étendre progressivement la démarche à d’autres filières — igname, maïs, soja, fruits —, garantir un développement équilibré entre les provinces, et ancrer la coopération internationale dans la durée. «La transformation du pays doit se construire dans toutes les provinces», a-t-il martelé.
Un discours en résonance avec celui de la représentante résidente du PNUD, Rokya Ye Dieng, qui a rappelé que le manioc, consommé par plus de 90 % de la population gabonaise, occupe une place centrale dans les systèmes alimentaires du pays, particulièrement dans le Haut-Ogooué.
Franceville n’est donc qu’un début. Le gouvernement entend répliquer ce modèle dans les autres provinces, faisant de cette cérémonie le point de départ d’une ambition nationale qui place l’agriculture au cœur du projet de transformation économique du Gabon.












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