Bilie-By-Nze : Me Eyue Bekalé dénonce une entrave aux droits de la défense
Le silence pesait. Pendant que ses confrères du collectif multipliaient les sorties médiatiques, Maître Gisèle Eyue Bekalé se taisait. L’avocate d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, opposant politique et ancien Premier ministre arrêté puis placé en détention, a finalement accepté de répondre à GabonReview. Trois questions, sans détour : son rôle dans la défense, les conditions réelles de détention de son client, y compris l’accès à ses avocats, et ce qui se joue en coulisses pour faire bouger le dossier. Lecture !

Me Gisèle Eyue Bekalé, avocat au barreau du Gabon. © D.R.
GabonReview : Vous êtes habituellement connue comme l’avocate de l’ancien Premier ministre, Alain Claude Bilie-By-Nze. Mais, depuis son interpellation, on a plutôt entendu deux de vos confrères et pas vous. Que se passe-t-il ?
Me Gisèle Eyue Bekalé : Je suis effectivement l’avocat habituel de Monsieur l’ancien Premier ministre, Alain Claude Bilie By Nze. Et contrairement à ce que vous dites quatre avocats sont constitués et non deux pour la défense de ses intérêts. Je n’ai pas pris la parole depuis son placement en garde à vue, puis en détention préventive parce que nous ne pouvons pas tous prendre la parole en même temps, au risque d’être inaudibles. Je suis bien présente dans cette procédure.
Après ce qu’on a cru être une mise en isolation, les choses semblent avoir évolué avec la délivrance, le 23 avril, des permis de communiquer. Qu’en pensez-vous ?
Faute d’informations certaines, je ne suis pas en mesure de vous donner une réponse réelle et sérieuse sur un éventuel placement en isolément. En revanche, délivrer des permis de communiquer aux avocats, une semaine après le placement en détention préventive, est un obstacle à la libre communication de l’avocat avec son client. Cela porte manifestement atteinte au droit de la défense.
Au-delà de ce qu’on voit et entend, y a-t-il des actions spécifiques que vous menez pour aboutir à la fin que vous souhaitez dans cette affaire ?
Pour ma part, j’étais certaine que le Procureur de la République allait classer cette affaire sans suite. Lorsque ce dernier a décidé d’ouvrir une information, j’étais aussi certaine que le premier juge d’instruction allait prendre une ordonnance de refus d’informer dès lors que les faits, tels qu’il en ressort, ne constituent pas une infraction pénale.
Je ne croyais pas non plus qu’il allait être placé sous mandat de dépôt puisque cette option est donnée au juge d’instruction lorsqu’il n’a pas d’autres alternatives et si l’ordre public a été gravement troublé. Dans le cas d’espèce, 18 ans plus tard, il n’est plus question de cela. Face à toute cette problématique juridique, j’ai décidé d’interjeter appel contre l’ordonnance de placement sous mandat de dépôt. En tout état de cause, mes confrères et moi-même allons mettre tout en œuvre pour faire libérer notre illustre client.












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