Bureau du Conseil municipal de Libreville : une femme sur sept membres, «une honte», selon Angélina Nongou
Dans une communication rendue publique, mardi 28 avril 2026, l’ancienne candidate aux législatives pour la diaspora, Angélina Nongou épse Leyenberger, a vivement dénoncé la composition du nouveau bureau du conseil municipal de Libreville, installé le 24 avril dernier par le maire central, Eugène Mba. Elle y voit l’illustration d’un déséquilibre persistant et préoccupant quant à la place accordée aux femmes dans les sphères locales de décision.

Le femme politique gabonaise Angélina Nongou épse Leyenberger dénonce la très faible présence des femmes au sein du bureau du Conseil municipal de Libreville. © GabonReview (montage)
L’entrepreneure gabonaise Angélina Nongou épse Leyenberger, ancienne candidate aux législatives et résidant au Sénégal, a dénoncé dans une récente prise de parole la faible représentation des femmes au sein du nouvel exécutif de la mairie de Libreville, pointant un déséquilibre qu’elle juge préoccupant dans les instances locales de décision. Et pour cause : sur les sept postes stratégiques que compte désormais l’équipe municipale, dont le maire central et ses six adjoints, une seule femme figure dans l’organigramme, soit «14,3 % de représentation», selon la femme politique. Une proportion qu’elle juge en décalage avec les discours officiels sur l’égalité entre les sexes.
Concrètement, le nouveau bureau municipal comprend, autour du maire central, Jean-Jacques Kanguet comme premier adjoint, Juste Roméo Mouyopa au deuxième poste, Issa Malam Salatou comme troisième adjoint, Natacha Mengue Mbengue comme quatrième adjointe, Thierry Akendengue N’Kolo au cinquième rang et Félix Andy Makindey Nze Nguema en qualité de sixième adjoint. Sur cette équipe, seule Natacha Mengue Mbengue représente la composante féminine. «C’est une honte !», a lancé Aneligna Nongou, dénonçant ce qu’elle considère comme «une insulte à toutes les Gabonaises» et «la preuve que, malgré les discours sur l’égalité, le pouvoir continue de se confisquer entre les mains d’un système profondément archaïque et patriarcal».
Pour l’ex-candidate, ce déséquilibre ne relève pas d’un simple concours de circonstances. « Je prends ici la parole en tant que femme engagée dans la vie politique. J’ai combattu, défendu et porté les idéaux d’égalité et de justice. Aujourd’hui, je refuse de me taire face à une telle mascarade. Je refuse qu’au XXIe siècle, les femmes soient encore reléguées au rang de figurantes dans la gestion des affaires publiques. Ce déséquilibre n’est pas une fatalité : c’est un choix politique. Et nous le combattons avec la plus grande fermeté», a-t-elle affirmé.
Une tendance de sous-représentation féminine dénoncée
Au-delà du cas de Libreville, elle estime que cette situation reflète une tendance plus large de sous-représentation féminine dans les centres de pouvoir au Gabon. Malgré les engagements institutionnels pris en faveur de l’égalité de genre, la présence des femmes dans les fonctions exécutives demeure limitée, souvent en dessous des standards internationaux recommandés pour une représentation significative. «Le message envoyé est d’une gravité extrême : il suggère aux femmes et aux jeunes filles qu’elles ne seraient pas légitimes là où se prennent les décisions. À cela, j’oppose un refus catégorique », a-t-elle poursuivi, appelant à une meilleure cohérence entre les principes affichés et les pratiques politiques.
Dans son intervention, Angélina Nongou interpelle également les autorités sur la portée symbolique de ces nominations. «Où se trouve votre engagement en faveur des femmes ? Où est la cohérence entre vos déclarations et vos actes ? Sommes-nous en train d’assister à une régression manifeste, à une érosion des acquis durement obtenus ?», s’interroge-t-elle.
Autrement dit, pour elle, la question dépasse la seule répartition des postes. Elle renvoie à la conception même de la gouvernance publique dans un pays où la participation des femmes reste encore marginale dans plusieurs institutions décisionnelles. «Il est temps que cela cesse. Il est temps que les femmes prennent toute leur place, non pas comme exception, mais comme force égale, légitime et incontournable dans la bonne gouvernance de notre pays», a-t-elle conclu.
Une sortie, qui remet sur la table un débat récurrent au Gabon : celui de la traduction concrète des engagements en faveur de la parité dans la vie publique.
Thécia Nyomba












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