Gabon : un chômage persistant, la jeunesse en première ligne
Présentés au gouvernement le 29 avril 2026 à Libreville, les résultats de l’Enquête nationale sur l’emploi et le chômage (ENEC) 2024 dressent un état des lieux préoccupant du marché du travail gabonais. Avec 10 800 personnes sans emploi et un taux de chômage atteignant 34 % chez les jeunes de 15 à 24 ans, l’étude met en lumière des déséquilibres structurels et fournit aux autorités des indicateurs clés pour orienter l’action publique.

Le ministre d’Etat Ulrich Manfoumbi Manfoumbi réceptionnant l’enquête destinée au président de la République. © D.R.
Les conclusions de l’Enquête nationale sur l’emploi et le chômage (ENEC) 2024 ont été officiellement remises aux autorités gabonaises lors d’une cérémonie tenue le 28 avril 2026 à Libreville. Réalisée par la Direction générale de l’emploi, cette étude constitue le deuxième exercice du genre depuis 2010. Elle ambitionne de fournir aux pouvoirs publics des données fiables sur les dynamiques démographiques, sociales et économiques du pays.
Destinés à éclairer la prise de décision, les résultats seront transmis au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
La collecte des données s’est déroulée entre novembre et décembre 2024, avant d’être suivie par des phases d’apurement, de traitement et d’analyse. Le directeur général de l’Emploi, Jean Bosco Obame Ndong, a insisté sur la rigueur du dispositif méthodologique. Selon lui, chaque étape a respecté des protocoles stricts afin de garantir la robustesse des résultats. À l’issue de ce processus, un rapport technique validé a été élaboré puis soumis aux autorités compétentes.
Des indicateurs préoccupants

© D.R.
L’enquête met en évidence une situation préoccupante sur le marché du travail. Au total, 10 800 personnes sont recensées comme étant au chômage au Gabon. Plus alarmant encore, le taux atteint 34 % chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, confirmant la vulnérabilité persistante de cette tranche de la population.
Au-delà du seul indicateur du chômage, l’étude couvre plusieurs dimensions structurantes : politiques de population, aménagement du territoire, urbanisation, scolarisation, alphabétisation et adéquation entre formation et emploi. Elle permet ainsi d’identifier les besoins de l’économie et d’évaluer la capacité de la main-d’œuvre à y répondre.
Un levier pour l’action publique
Pour la ministre du Travail, Jacqueline Ilogue-Bignoumba, ce rapport constitue un outil stratégique dans un contexte marqué par l’exigence d’un pilotage rigoureux des politiques publiques.
«La production statistique dans un État moderne ne saurait être perçue comme un simple exercice technique. Elle constitue le socle de la décision publique, l’instrument de mesure de l’action gouvernementale et le garant d’une gouvernance réaliste et éclairée», a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné que cette enquête marque une étape importante dans le renforcement du système national d’information statistique, appelé à jouer un rôle central dans l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques.












1 Commentaire
[…] publics et aux partenaires techniques un référentiel commun pour piloter les politiques à venir. Selon Gabon Review, ces données ont été formellement transmises à l’exécutif lors de la cérémonie de […]