TATIE

 

Marié à une femme de nationalité française comme lui-même, un entrepreneur, la cinquante révolue, deux enfants, s’est épris d’une gabonaise de 24 ans. Visiblement sous contrôle mental total de celle-ci, amplifiée par la famille africaine entre Libreville et Aubiers (Bordeaux), le chef d’entreprise jadis prospère vit une saison en enfer. Escroquerie en bande organisée, abus de faiblesse, coups et blessures, emprise mentale sur autrui, etc. La saga époustouflante d’une escroquerie aux sentiments.

© Gabonreview/Shutterstock

 

C’est la sordide histoire d’un chef d’entreprise français de 53 ans, marié et père de deux enfants. Tombé amoureux à la marge de sa vie familiale après 19 ans de mariage, il quitte le domicile conjugal au cours de l’été 2019 pour vivre une épopée plutôt malheureuse avec une jeune gabonaise de 24 ans dénommée Antya Meryl E.E. Le nom de famille de celle-ci est ici occulté pour ne pas gêner l’enquête judiciaire en cours. Pour la même raison, l’entrepreneur français sera désigné ici sous le nom de Laurent Granteri.

Selon des éléments transmis par une source proche du dossier, notamment composés d’extraits d’une plainte déposée par la victime, de rapports d’huissiers et de captures d’écrans, le cauchemar commence pour ce chef d’entreprise, célèbre agent immobilier dans sa région, PDG de son affaire, lorsqu’il rencontre Antya Meryl E.E. entre février et mars 2019.

Ce qui s’apparentait à une idylle, née d’un simple dérapage dans l’infidélité, tourne très vite en angoisse sur fond de stratagème, rondement mené, de chantage sentimental. Dans ce jeu amoureux malintentionné, tous les coups sont permis pour siphonner financièrement l’homme d’affaires. S’enchainent alors de nombreux voyages amoureux, où les odyssées en «couple» (la Corse en août 2019, l’Île Maurice en janvier et février 2020) s’entrecoupent d’expéditions avec la famille d’Antya Meryl E.E. (Maroc en juillet et septembre 2019 puis en janvier 2020). Sur certaines destinations, les amants vont seuls, sur d’autres ils sont flanqués de la famille E.E. ou y reviennent avec elle. C’est le cas des descentes en pays Basque, à Andorre ou à Saint Sébastien (Espagne). L’homme d’affaires comprend très vite qu’il faut qu’il lui faut «raquer» pour avoir l’attention de sa belle. Il quitte alors brutalement son domicile et se laisse isoler de sa famille. «Elle a dit qu’ils allaient se marier et enfin elle pourra obtenir la nationalité française», confie, parlant d’Antya Meryl E.E, une amie proche de la famille E.E.

Descente aux enfers

Très vite aussi, Antya Meryl E.E fait une percée dans le milieu professionnel de Laurent G., passant d’agent commercial à directrice générale adjointe. «Patronne» comme elle le dit elle-même pour se distinguer, elle ne manque pas de déployer ses talents, entre roublardise et petits traquenards, et parvient à obtenir des parts dans la société immobilière, non sans se faire doter d’un bon véhicule : Audi Q3.

Colérique impulsive, elle finit par lever la main sur Laurent G. devant ses employés. Au prétexte que «personne ne m’aime», «ils sont tous contre moi parce que je suis black»… elle n’entend plus remettre pied au bureau. Le confinement anti-Covid-19 l’y aide, à partir d’avril 2020. Elle impose alors un accord financier pour «rupture de contrat» mais ne continue pas moins de percevoir une rémunération pour un emploi littéralement fictif, exposant ainsi l’agence immobilière à des poursuites judiciaires. Elle aurait pourtant continué à apparaitre en qualité de directrice générale adjointe de l’agence immobilière, notamment à Paris où elle a participé à un colloque professionnel. Toutes choses qui n’échappent pas aux oreilles indiscrètes. Ce qui amène l’un des concurrents, voyant les amants terribles lors d’un congrès professionnel, à laisser entendre : «bientôt ce type sera fini. Je récupèrerai sa boite pour une bouchée de pain !».

Les tribulations de Laurent G. se poursuivent hors du giron professionnel. Il en vient à subir des humiliations et injures publiques, notamment à domicile où, prenant à témoins les voisins, la dulcinée le traite «d’enculé de blanc», «pédé de blanc». Mis sous pression permanente, l’homme dilapide son patrimoine, celui de sa famille et s’endette au profit de sa nouvelle compagne. Celle-ci le bat pourtant. Des violences physiques parfois suivies d’hospitalisation. Ce qui ne permet pourtant pas à Laurent Granteri de mettre un terme à une relation lui faisant subir des humiliations répétitives en public, la dulcinée le faisant très souvent passer pour le bourreau dans leur semblant d’idylle, très tumultueuse.

Pour amplifier le tourment, Antya Meryl E.E feint le retrait : elle repart aux Aubiers (Bordeaux Lac), quartier réputé «chaud» dans l’HLM mis à disposition par sa famille. Là, cornaquée par sa mère, taxée de cupide dans les notes consultées par Gabonreview, elle échafaude d’autres plans d’extorsion de fonds : il faut payer des «taxes de dérangement» allant jusqu’à 10.000 euros (6.560.000 francs CFA). Il lui faut précipiter les fiançailles pour obtenir le retour de la dulcinée dans son appartement «bourgeois».

Escroquerie en bande organisée et… le Neryl’s à Libreville

Les dépenses de Laurent G. pour sa dulcinée sont faramineuses. Outre les amendes à payer à la famille E.E, créées de toutes pièces au prétexte des coutumes gabonaises, il y a les bijoux, la maroquinerie et les vêtements de grandes marques, les perruques et accessoires de luxe sans compter les voyages vers des destinations aussi paradisiaques qu’onéreuses. Face à cette débauche de moyens financiers étalée sur les réseaux sociaux, certaines amies réclamant l’anonymat laissent entendre, dans un jargon bien gabonais, «Antya et sa mère ont mis le pauvre blanc dans la bouteille. Elles vont le finir. Ils l’ont fait investir dans un motel de passe, le Neryl’s à Libreville». Dans le langage courant gabonais, mettre quelqu’un dans la bouteille, c’est l’envoûter par la magie noire, tandis que «le finir» c’est le ruiner ou le tuer.

Pour les personnes qui côtoient les amants terribles, il ne s’agit nullement d’une histoire d’amour. Bien au contraire, les actes répétés de violence, les humiliations publiques, les insultes ont très vite alerté les proches de Laurent G. Les coups et blessures sur le quinquagénaire, les plaintes récurrentes des voisins, l’intervention de la police au domicile et même dans les hôtels où sa colère a parfois éclaté (elle a un jour tout cassé dans une chambre et jeté par la fenêtre des affaires), sont résolument révélateurs de l’enfer vécu par ce père de famille éperdu.

Enquête préliminaire du parquet de Bordeaux

L’espoir pointe vraisemblablement à l’horizon. Alors qu’un procès au civil est en cours concernant les époux Granteri, pour abandon de foyer, une enquête préliminaire au pénal a également été instruite sur les amants terribles par le parquet de Bordeaux. De même, au Gabon, les instances judiciaires, administratives et diplomatiques ont été saisies.

L’emprise mentale fait toujours usage de tromperies, séductions, menaces, contraintes, atteintes au corps et autres moyens ayant pour but d’intimider, punir, humilier, diminuer les capacités physiques ou intellectuelles. Une victime d’emprise morale, psychologique ou amoureuse ne pouvant se soustraire toute seule des griffes de ses bourreaux, les dispositions du droit français prévoient, sous réserve de preuves tangibles, de graves mesures de correction, immédiates et irréversibles lorsqu’une victime sous emprise est en danger ou, dans le cas d’espèce, que son patrimoine est dilapidé.

La famille E.E. risque donc gros. Surtout que certains de ses membres étalaient leurs «coups fumants» sur les réseaux sociaux. Si, depuis l’amorce de l’action judiciaire, nombreuses de ces publications ostentatoires ont été supprimées des murs, profils et pages du frère et de la sœur de la manipulatrice de 24 ans, elles n’ont pas moins été capturées et consignées par un huissier de justice, à l’instar d’un post sur le compte Instagram «latoughe» où elle avait écrit «Qd tu as des problèmes d’argent, trouves toi un agent immobilier».

La suppression des posts sur les réseaux sociaux, le renforcement de la confidentialité des comptes, les changements de noms ou les tentatives d’intimidation subies par un journaliste ayant donné l’alerte et voulant en savoir un peu plus sur l’enquête préliminaire ouverte par le tribunal de Bordeaux, témoignent de ce que la famille E.E. est très bien au fait de la gravité de l’affaire et de ce qu’elle est entrée dans la phase panique. Chaud devant !

(Affaire à suivre)

 
GR
 

10 Commentaires

  1. Lecoco dit :

    Est ce une enquete de Gabonreview ou d’un journaliste independant? Ou encore une reprise d un article publie dans les pages d un de vos confreres?

  2. Ramses dit :

    Les aubiers. Mon lieu d’emplettes.

  3. SERGE MAKAYA dit :

    «ils sont tous contre moi parce que je suis black»… C’est bien TRISTE d’entendre SOUVENT les noirs (africains SURTOUT) justifier ainsi le racisme. Je dirai que c’est TROP FACILE. La preuve avec cette histoire.

    En évoquant le racisme, dites-moi POURQUOI les indiens de l’Inde ne se plaignent JAMAIS du racisme ? Ils sont pourtant noirs, eux aussi ? Je vais tenter une réponse :

    Il y a très PEU d’Européens qui travaillent pour la construction de l’Inde. Les Indiens sont MAJORITAIRE pour la construction de leur nation. Ce qui n’est pas le cas en Afrique. Vous me donnerez comme raison la MAFIA de la françafrique. Oui, nous pouvons justifier cela ainsi. Mais jusqu’à quand ? Il faut qu’on arrête aussi de condamner tout le temps les personnes de race blanche. Nous sommes responsables aussi de nos malheurs.

    Quand nous allons commencer à nous respecter entre africains, entre Gabonais, ce sera déjà un pas de franchi. Mais il faudra en franchir encore d’autres : instaurer une vraie démocratie dans nos pays, la liberté d’expression, le respect des droits de l’homme, la bonne gouvernance… Apprenons aussi à innover dans le domaine de : la culture, la santé, l’éducation, les sciences, les technologies, la morale, l’éthique, etc…

    Il faut reconnaître que l’Africain a tendance à toujours recevoir. Qu’il apprenne aussi à donner. C’est ainsi qu’il se fera respecter des autres.

  4. Gayo dit :

    Les blancs croient tellement aux coups de foudre, que l’amour vient comme ca sans raison qu’ils sont prêts à abandonner une vie réelle pour des fantasmes sans lendemains. Il a encore la chance qu’il ne s’est pas fait assassiné a la fin comme d’autres aventuriers qui confonde leur envie de chair fraîche avec des femmes matérialistes a de l’amour véritable. ils exploitent la misère de nos jeunes soeurs désoeuvrés en abandonnant leurs femmes et enfants pour après dépeindre les africains comme fourbes pour des malheurs qu’ils cherchent eux-même auprès de la racaille. En effet il est peu probable qu’une jeune fille qui est bien dans sa tete et qui est socialement stable puisse s’amouracher avec une personne qui a l’âge de son grand-père.

  5. le Nouveau dit :

    Gayo
    Arrete ton char avec tes histoires de couleur
    Les Blancs comme les noirs tombent dans des pièges
    gros comme des nids d’ éléphants et tout cela est universel.
    Tu en vois l’ exemple tous les jours ici sur la route des retours des
    bureaux des fonctionnaires, en bord de mer jusque dans les motels cachés.
    Et ce malgrès le confinement.
    Les vieux bonhomes sont partout parfois sensibles aux jeunes syrènes
    dans l’histoire ci dessus le cas est vraiment carabiné !

  6. MDR…. Que justice soit faite en tout cas !

  7. Le fang dit :

    J’ai connu ça heureusement pour lui ça se passe en France
    Pour moi ça s’est passé au Gabon la plainte a été déposé mais n’a jamais abouti car le chef de police était de la même ethnie donc jamais d’enquête on va pas mettre en prison une sœur
    Heureusement la police française n’est pas comme la police gabonaise
    Beaucoup de jeunes filles gabonaise cherche le Ouattara comme elles disent
    Bonne chance à lui

  8. Jo dit :

    Ce n’est pas bien de se faire passer pour quelqu’un d’autre… l’usurpation d’identité, ça se paye un beau jour, vous savez 😏

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