Invité au nom des communautés religieuses discourir lors du dixième anniversaire du décès d’Omar Bongo, Monseigneur Basile Mve Engone, archevêque de Libreville, a attiré l’attention des gouvernants sur la misère et la souffrance du peuple gabonais. Pour lui, la mise en garde d’Omar Bongo d’il y a 10 ans, reste d’actualité : «Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire». Il faut corriger les erreurs et omissions de Bongo.

Basile Mvé lors de son homélie. © Communication présidentielle

 

Il y a une expression qui revient sur les lèvres d’une bonne partie de l’opinion à la simple écoute du nom de l’archevêque de Libreville, Basile Mve Engone : «affidé au pouvoir». Le soupçonnant d’être un «pion» du système, cette opinion estime que du fait de son sacerdoce, Basile Mve doit rester politiquement neutre. Pour ainsi dire, sa participation aux «grand-messes» organisées par le pouvoir lui vaut jusqu’à lors une avalanche de critiques et de blâmes. Cependant, l’air de se soucier du peuple, il a souvent profité de ces événements pour appeler les gouvernants à agir justement et honnêtement. Sa christianité le lui impose assurément et quand bien même beaucoup le taxent d’«hypocrite», il semble se préoccuper du peuple. Si sa sortie après la tentative du coup d’État de janvier était assez évocatrice, son discours lors du dixième anniversaire du décès d’Omar Bongo en dit long.

Basile Mvé en discussion avec Ali Bongo et d’autres religieux. © CP

 «Éprouvons-nous véritablement cette fierté d’être Gabonaises et Gabonais en nous-mêmes et entre nous ?», s’est interrogé Basile Mve, se souvenant du Pape Jean-Paul II qui de passage au Gabon en 1982, lançait amicalement «soyez donc fiers d’être Gabonais». Invitant ceux qui l’écoutaient à une «introspection sincère», Basile Mve a rappelé les propos devenus cultes d’Omar Bongo, «au crépuscule de sa vie, certainement la mort dans l’âme». «Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire. Il nous observe, il dit “amusez-vous”. Mais le jour où il voudra aussi nous sanctionner, il le fera», a répété Basile Mve.

Un bon prétexte pour l’archevêque d’attirer l’attention des gouvernants gabonais sur les insuffisances de leur action et de les mettre en garde sur l’action publique qui, croit-il savoir, doit être dirigée vers le bien-être de la population. «Il est fortement louable d’organiser les prières ferventes d’intercessions pour le pays et ses dirigeants. Mais pour que la supplication soit sincère et agréable au Seigneur, il faut que, d’une part, tous ceux qui détiennent l’héritage multiforme de feu Omar Bongo Ondimba aient à cœur, par des actes concrets et civiques pour le Gabon, de corriger ses erreurs et ses omissions et surtout d’autre part de poursuivre avec fermeté et persévérance ses bonnes initiatives et ses beaux projets», a lâché Basile Mve.

Face au règne et à la permanence de la gabegie, Basile Mve estime que 10 ans après, les paroles d’Omar Bongo restent d’actualité. «Ne faut-il pas plutôt reconnaître qu’elles sont plus urgentes que jamais ?», s’est-il interrogé certain d’une chose : elles englobent tous les aspects du Gabon aussi bien sur le plan politique, économique, social que culturel. «Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire», a insisté Basile Mve. Reconnaissant l’échec des gouvernants 10 ans après Omar Bongo, il appelle ces derniers à un changement de mentalité «au profit du bien commun».

 
 

8 Commentaires

  1. Cathy dit :

    Les discours de ce prélat sont creux. Lui même à profité de ce système machiavélique depuis Omar Bongo jusqu’à Ali Bongo. Il aurait même du démissionner de sa fonction d’évêque. Il ne le mérite pas.

  2. Honoré Beka dit :

    Basile Mvé Engone est fidèle à la réputation des Scribes et des Pharisiens. Ce sont ces gens qui,ont causé le plus de tort à Jésus jusqu’à le tuer. Cet homme ne connait pas la parole de Dieu. Au lieu de paraphraser Bongo l’ors de son intervention, il aurait du citer le texte de Ga 6: 7,8 que, je recommande aux uns et aux autres de lire dans la Bible.

  3. Bernadette dit :

    Voici, comme écrit dans la bible, un démon déguisé en ange.

  4. Paul Mba dit :

    Avez-vous entendu la voix de l’Église (catholique surtout) s’indigner des massacres perpétrés par les Bongo durant ces 53 ans de règne usurpé ? Non, bien sur! Et comment comprendre qu’on va prier pour un musulman ? Les deux présidents usurpateurs (Bongo père et fils adoptif) ont fait le choix de devenir musulmans, alors qu’ils se contentent des prières musulmanes. Les vrais musulmans vous diront d’ailleurs que ce sont leurs prières qui sauvent plutôt que celles des catholiques.

  5. Ndong Alexis dit :

    Je rappelle que c’est l’usurpateur – assassin – voleur Omar Bongo des plateaux batekes qui avait soutenu ce prélat pour qu’il devienne Archevêque de Libreville. Autrement cette responsabilité aurait du revenir à monseigneur Jean Vincent Ondo, actuel évêque du diocèse d’Oyem. Je crois d’ailleurs qu’il est sur le point de l’acquérir enfin. En espérant qu’il ne sera pas comme Basile Mve Engone, et qu’il saura être du côté du peuple gabonais.

    • Voilà dit :

      Certes, ici n’est pas le lieu indiqué pour parler de la succession d’un prélat. Mais comme vous l’abordez, je m’avance à dire que vous ne semblez pas maîtriser les conditions de ce changement dans la province gabonaise de l’Estuaire. Veuillez vous renseigner, mon frère, svp.

  6. Voilà dit :

    Des rappels très bienvenus. Mais, combien dans cet auditoire de milliardaires accros à leur belle étoile a entendu Mgr Mvé Engone ? Qui, parmi les concernés, ne voudrait plus faire du Gabon ce que Dieu ne leur a pas autorisé à en faire ? N’est-ce pas, au contraire, qu’ils font et continuent à faire pire ?

  7. CHRISTINE Madeleine dit :

    IL PARAIT QUE LA FRANCE AURAIT BLOQUE OU VOULU BLOQUER LES COMPTES BANCAIRES DE JEAN PING. Ecoutez les 15 premières minutes pour en savoir sur cette affaire…
    https://www.facebook.com/omwanawintche.lenfantdupays.92/videos/382479749283713/

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