Depuis son interpellation le 12 janvier, Aurélie Ntoutoume est sous les feux des projecteurs. Réclamant la présomption d’innocence de sa cliente, Albert Bikalou assure qu’Aurélie Ntoutoume n’est pas concernée par l’Opération Scorpion qui ne concernerait que les détournements occasionnés durant la période de maladie d’Ali Bongo.

Accusée de malversations financières, Aurélie Ntoutoume bénéficie néanmoins de la présomption d’innocence, rappelle son avocat. © D.R.

 

Chacun a droit à la présomption d’innocence ! C’est en substance ce qu’assure l’avocat d’Aurélie Ntoutoume, Albert Bikalou. Depuis l’interpellation de sa cliente, plusieurs médias ont mis en relief ses présumés passe-droits. Si le quotidien L’Union a indiqué que son interpellation s’inscrit dans le cadre de l’Opération Scorpion, Albert Bikalou assure qu’il n’en est rien.

Selon l’avocat, l’Opération Scorpion ne concerne que les détournements des deniers publics qui seraient commis pendant la période de convalescence du président Ali Bongo. Or, «les faits reprochés à Aurélie Ntoutoume sont très anciens et datent de 2009-2010, époque durant laquelle elle était gérante d’une société privée et travaillait pour son compte personnel», assure Maitre Bikalou qui soupçonne un «amalgame, volontairement entretenu avec perfidie» pour nuire à sa cliente.

Si l’interpellation de sa cliente est légitime dans le cadre de la lutte contre la délinquance financière, l’avocat s’élève contre l’instrumentalisation de cette affaire à des fins de règlement de comptes. «S’il est juste et légitime que la justice gabonaise lutte contre la délinquance financière et économique, l’exploitation pernicieuse de cette lutte à des fins de règlement de comptes ou dans le seul but de porter atteinte à l’honneur est absolument indigne, inacceptable et mérite réprobation. Là, il convient de rester extrêmement attentif», a-t-il préconisé appelant à «se méfier de l’écho médiatique des accusations orchestrées par des personnes invisibles, tapis dans l’ombre».

Vice de procédure ?

«Dans ce dossier où des noms apparaissent de façon éparse, la présomption d’innocence et le contradictoire ne doivent pas être relégués au rang d’accessoire», a soutenu l’avocat. Ce dernier rappelle qu’en l’état actuel, l’œuvre de la justice «doit seulement essayer d’éviter que ces accusations ne soient pas prononcées trop vite ou avec trop de légèreté».

Depuis son interpellation, Aurélie Ntoutoume est toujours gardée à vue. L’avocat s’indigne de la procédure d’autant plus que, a-t-il laissé entendre, à ce stade «la détention provisoire» n’est possible que si elle constitue l’unique moyen de conserver les preuves ou les indices matériels ou d’empêcher soit une pression sur les témoins, soit une concertation frauduleuse avec les complices, ou lorsqu’elle est l’unique moyen de garantir le maintien à la disposition de la justice, ou de mettre fin à un trouble exceptionnel à l’ordre public. «Tel ne semble pas être le cas au vu des éléments objectifs de ces accusations», a-t-il soutenu.

«La justice rend la justice et non pas des services. C’est la justice que nous exigeons pour notre cliente et non un service», a affirmé Albert Bikalou qui assure ne pas être en possession du dossier de sa cliente. «Pour l’heure, nous attendons la communication du dossier qui ne nous est toujours pas parvenu, alors que notre client totalise ce lundi (Ndlr. 20 janvier 2020) 8 jours de garde à vue dans un service militaire» a-t-il appuyé, rappelant que «toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n’est pas établie».

 
 

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