Guy Bertrand Mapangou estime que le communiqué du gouvernement au sujet de la disparition des 353 conteneurs de Kévazingo ne le «concerne assurément pas». Appelant, dans un communiqué de presse signé le 17 mai,  au respect des procédures et des individus, il souhaite que la vérité éclate sans délai.

Ministre d’État en charge des Forêts et de l’Environnement chargé du Plan climat, Guy Bertrand Mapangou dit avoir la conscience tranquille et veut que soient retrouvés «les vrais auteurs et commanditaires de ce vol» qu’est l’affaire Kévazingo. © YouTube 

 

Loin d’être classée, l’affaire Kévazingo continue de faire couler encre et salive, du fait de la gravité des faits. Dans un communiqué rendu public, le 16 mai, par le porte-parole du gouvernement, douze hauts responsables proches collaborateurs des ministres dont les départements sont incriminés, ont été suspendus de leurs fonctions dans le cadre de l’enquête diligentée par les services de la Direction générale de la contre-ingérence.

 «Je déclare en toute humilité et en total respect pour le peuple gabonais que le communiqué rappelé supra ne me concerne assurément pas. La responsabilité pénale étant individuelle et non collective», a déclaré le ministre des Forêts, de l’Environnement et du Plan climat dans un communiqué de presse daté du 17 mai. Le communiqué «rappelé supra» auquel se réfère Guy Bertrand Mapangou est celui, ci-dessus mentionné, livré le 16 mai par Nanette Longa, porte-parole du gouvernement.

 «Invités à en tirer les conséquences qui s’imposent»

Du fait de la suspension des hauts cadres dont le directeur de cabinet de Guy Bertrand Mapangou, une bonne frange de l’opinion a vite fait d’estimer que ce dernier devait rendre son tablier d’autant plus que cette possibilité lui a été offerte plutôt que de subir une humiliation en se faisant virer du gouvernement. Nanette Longa, porte-parole du gouvernement, l’a effectivement insinué en affirmant que «les membres du gouvernement qui seraient impliqués dans cette affaire sont invités à en tirer les conséquences qui s’imposent». Le Premier ministre, a-t-elle clamé, «avait déclaré que son gouvernement sera patriote et exemplaire, et que les membres du gouvernement qui s’écarteraient de cette attitude seraient sanctionnés». C’est donc au nom de cette exemplarité ayant d’éventuelles sanctions en corollaire qu’une bonne partie de l’opinion s’attend à la démission, entre autres, de Guy-Bertrand Mapangou du gouvernement.

À en croire sa mise au point, pour se sentir concerné, Guy Bertrand Mapangou aurait voulu être cité nommément. Il se dédouane donc de toute implication dans cette affaire dont les résultats sont ardemment attendus par l’opinion. «Son excellence Ali Bongo Ondimba m’a fait l’honneur de me confier une parcelle de responsabilités d’Etat en me nommant plus d’une fois ministre d’Etat. Je continuerai à observer ses fermes instructions, de servir le pays là où il m’a mis, en ne touchant qu’à ce que m’autorise et me commande la loi», a-t-il poursuivi prenant par ailleurs acte de «la formulation juste» du communiqué du gouvernement.

Retrouver «les vrais auteurs et commanditaires de ce vol»

Si son communiqué ressemble à une réponse à ceux qui attendent sa démission, Guy Bertrand Mapangou qui assure être dans un «esprit renouvelé de responsabilités», dit s’être interdit de s’«agiter inutilement dans d’intempestives déclarations». «[Ndlr. Je] m’impose la responsabilité de supporter humblement l’invective, voire l’injure et la diffamation sans aucune preuve de la faute que j’aurais commise», a-t-il affirmé.

Considérant que l’affaire de Kévazingo jette, «peut-être à tort», l’opprobre sur certains individus et que sa conscience «d’homme libre» ne lui reproche «strictement rien» dans l’exercice de ses fonctions de ministre des Forêts, Guy Bertrand Mapangou a tout aussi voulu attirer l’attention de l’opinion sur quatre observations : le respect dû au peuple gabonais par sa juste information sur la disparition des 353 conteneurs de Kévazingo ; le respect de la présomption d’innocence due aux personnes mises en examen ; la nécessité pour les chargés de l’enquête de respecter les règles de procédures ; et, la nécessité pour l’opinion d’aider le pouvoir judiciaire à faire éclater la vérité sans délai. Le ministre d’État en charge des Forêts et de l’Environnement chargé du Plan climat souhaite donc ardemment que soient retrouvés «les vrais auteurs et commanditaires de ce vol, et non des lampistes et des innocents au motif qu’ils se sont retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment».

 
 

10 Commentaires

  1. Valentin Crustan dit :

    A trop jouer avec les allumettes, quelque chose finira par être brulée. Qui mieux que MAPANGOU connaît la maison PDG et ses couloirs?

    Le premier ministre n’a aucun pouvoir sur ses ministres et ne peut donc pas les révoquer. Dans sa missive, Monsieur MAPANGOU s’en remet uniquement au Président Ali, sans faire référence au premier ministre.

    Il est d’autant plus hasardeux pour la première marionnette du gouvernement de remanier son gouvernement car cette action impliquerait une prestation de serment devant le roi du bord de mer. Donc une obligation protocolaire à laquelle il faudra encore faire des pieds et des mains pour réveiller Ali.

    Et du coup, tout le monde est dans la sauce du Kevanzingo sans qu’il y ait une seule personne à prendre les décisions pour sévir les coupables de ce crimes populaire.

    Prions ensemble que le Gabon tout entier ne kévanzigue pas. Amen

  2. moundounga dit :

    Bjr. Morceau choisit: «Son excellence Ali Bongo Ondimba m’a fait l’honneur de me confier une parcelle de responsabilités d’Etat en me nommant plus d’une fois ministre d’Etat. Je continuerai à observer ses fermes instructions, de servir le pays là où il m’a mis, en ne touchant qu’à ce que m’autorise et me commande la loi». Au lieu d’arranger les choses, c’est un véritable sac d’embrouille qui va être crée avec cette déclaration. car comme l’a dit GBM la responsabilité pénale est individuelle, mais dans ce cas pourquoi parle t-on de secteur public avec à la tête de chaque entité un chef (juste pour comprendre)?Amen.

  3. BIBOUBOUA dit :

    Véritable embrouillamini politique en effet. Ce, d’autant plus qu’en refusant de démissionner, ces ministres montrent bien qu’ils veulent continuer à faire entrave à la justice. Surtout lorsque ce ministre prend ouvertement la défensive des premiers mis en cause, en les qualifiant de simples lampistes et en invitant les enquêteurs à retrouver les “vrais coupables et commanditaires” de ce vol, il montre bien qu’il en sait beaucoup plus qu’il ne le dit…

  4. tar'nany dit :

    pourquoi s’agite t-il s’il ne se reconnait pas dans cette affaire? aussi faut-il dire que la Responsabilité en tant chef de ce département lui incombe totalement;c’est donc plutot a lui de tirer toutes les consequence de cette affaire. Si un Directeur de Cabinet est impliqué il ya plus de chance que son chef soit egalement parti prenante de la forfaiture, un Directeur de Cabinet agit les ordres de son Chef; sauf si le contraire m’est prouvé. Alors soyons les Hommes et assumons nos erreurs cela nous grandira

  5. ENDUNDU dit :

    C’est de la pure sorcellerie, on vous dit, dans ce Gabon là. Ils clament haut le respect des procédures, mais quand ils détournent, pillent les caisses de l’Etat,respectent-ils les procédures ?

  6. Nemo dit :

    Le jour de Dieu, à Harmaguedon, les Forces du Bien descendront du ciel avec à leur tête l’Archange Mikaël pour combattre les Forces Obscures. Question:
    D’où viendront les Forces du Mal?
    Bien malin celui qui connait la réponse.

  7. Citoyen lambdas dit :

    Je partage votre avis @bibouboua.Que M. Guy B nous dise qui sont les vrais coupable vue que ses collaborateurs sont juste des lampistes

  8. Au regard de tout ce qui se dit, il me semble qu’ils sont entrain de tourner un nouveau feuilleton qui a pour titre le KEVAZINGO. Pitié du Gabon, un bon pays qui a eu la malchance depuis 1968 d’avoir à sa tete des dirigeants véreux et immorales. Démissionner n’est pas dans le vocabulaire Gabonais.

  9. Mezzah dit :

    Voici ce nous devons retenir de la sortie de GBM:

    – il connait parfaitement ceux qui ont volé les 353 boites métalliques, les vrais coupables (ou complices) sont ailleurs et donc si on l’emmerde il sort les noms

    – il défie publiquement Nkogue Bekale à qui il n’a pas de compte à rendre, pour être vulgaire il s’en fout de lui. Si Nkogue Bekale était un garçon un répliquerait. On dit Ebele abibe we Ekang, wogue wa bibe gne Gome

    – Finalement on peut aussi lire la peur dans sa façon de se défendre, en effet il évoque la présomption d’innocence le truc qui veut dire oui je suis coupable mais laissez moi encore un peu.

    NOUS ESPÉRONS QUE LES GARS ET FILLES DU B2 LE METTRONT A SANS FAMILLE;

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