Le lundi 25 février 2019, le président Ali Bongo Ondimba, arrivé la veille, dans la nuit, à Libreville, a fait un tour de ville express à bord d’un véhicule couvert, après avoir reçu les responsables des institutions. Si cela tend à montrer que le chef de l’Etat recouvre la santé et qu’il serait aux commandes, ainsi que le soutient la caste de Rabat, force est de constater que l’opinion s’interroge sur l’absence des membres de l’opposition ou du Vice-président de la République (VPR), entre autres, lors de ces civilités.

Le président Ali Bongo Ondimba devrait être le président de la République et non celui d’un camp, estiment de nombreux observateurs. © Facebook.com/PresidenceGabon

 

Absent du territoire depuis un peu plus de trois mois des suites de maladie, suivie d’une convalescence au Maroc, le chef de l’Etat gabonais a eu une intense activité ces deux derniers jours. Entre les rencontres avec les responsables des institutions et les tours de ville qu’il a effectué, des questions demeurent.

L’absence, lors des civilités et des échanges, du Vice-président de la République et de certains responsables des institutions comme le Conseil national de la démocratie (CND) ou le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et même de l’opposition modérée ou de la société civile proche du pouvoir alimentent la polémique.

Si le retour à Libreville du président de la République n’a été qu’objet de supputations jusqu’à sa présence effective à Libreville, il reste que seuls certains proches des cercles du pouvoir étaient au courant de son arrivée. La preuve, la vidéo des «Soldats têtus», dans la nuit du 24 février, montrant le passage du cortège présidentiel à quelques encablures de la résidence de la Sablière du chef de l’Etat, a fini par convaincre plus d’un.

Le lendemain 25 février, le Salon marocain de la présidence de la République a enregistré un ballet de personnalités dans lequel il n’y avait pas une ombre de Pierre Claver Maganga Moussavou. Le vice-président de la République est-il à Libreville ? A-t-il été écarté ou également convié à présenter ses civilités au chef de l’Etat ? Autant de question que se posent les Gabonais. Ceci d’autant plus que ce dernier a dirigé un Conseil des ministres, en l’absence d’Ali Bongo, et comptait  parmi «les trois rois mages ayant rendu visite à l’enfant-roi à Rabat», pour reprendre une expression lu sur Facebook.

 «Le président de la République, je dis bien République et non d’un camp ou d’un parti ou d’un groupe, est arrivé en catimini dans son pays. Est-ce normal qu’il retourne incognito dans son pays qu’il a abandonné depuis plusieurs mois ? Qui a organisé ce retour et que cache-t-on ?», s’interroge une jeune infirmière. Pour elle, le protocole d’Etat aurait dû avertir et informer le peuple de l’arrivée du Chef de l’État.

Plus loin, elle assure qu’elle veut mieux comprendre ce qui se passe. «Qu’on m’explique. Comment se fait-il qu’arrivé au Gabon après une très longue absence, Ali Bongo Ondimba ne reçoit que «ses gens» en mettant complètement de côté son collaborateur, celui qui a assuré sans heurts majeurs la continuité de l’État durant son absence. Je parle de Maganga Moussavou. Nous avons bien observé que le VPR n’a pas été reçu hier», a ajouté l’infirmière.

Cette jeune dame remonte à la récente prestation de serment du ministre de la Défense au Maroc pour rappeler que le VPR était déjà absent. «Le Président de la République n’a reçu que les personnalités de son bord hier», a relevé un autre observateur, notant une absence «d’esprit républicain» dans les agissements. Les présidents du Conseil national de la démocratie (CND), du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ainsi que les responsables de la société civile n’ont pas également été reçus. «Il aurait suffi d’inviter quelques membres de la société civile et des partis de l’opposition, ne serait-ce que pour la forme, afin que l’on comprenne qu’il s’agit du président de la République et non du chef d’un camp», a déclaré un autre observateur, ajoutant que «cela aurait aider à garder le caractère républicain de notre pays».

Jusqu’alors, malgré une deuxième tournée dans les quartiers de Libreville, les doutes persistent et enflent autour du personnage d’Ali Bongo. Des voix estiment qu’il s’agit d’un sosie qui joue à merveille le rôle du chef de l’Etat.

 
 

9 Commentaires

  1. Laurent dit :

    Continuez votre film. Si cela peut vous faire plaisir.

  2. Yvette dit :

    Jean Ping avait promis la sécurité à BOA et toute sa famille (y compris son clan), une fois qu’il sera au pouvoir. BOA à rejeté totalement cette proposition en usurpant la victoire de Jean Ping.

    Le même Jean Ping, en octobre 2018, sachant la mort de BOA, à fait un discours rassembleur, un discours exhortant le peuple gabonais à être solidaire et avec lui. Plusieurs hommes politiques gabonais sont restés indifférents à son message.

    Ne dites pas après que c’est lui qui est responsable de la révolte du peuple qui approche. A bon entendeur…

  3. Jean-Joseph Moutsinga dit :

    Je ne veux pas défendre une quelconque frange d´analystes politiques au Gabon, mais de grâce ne soyons pas si inhumains au point de ne pas reconnaitre qu´un président de la république – qu´il s´appelle Mr Ali Bongo ou Mr X – ne peut être à mesure de remplir toutes les tâches de sa fonction en une journée ou deux, lorsqu´on a été absent (pour cause de maladie) pendant près de 4 mois.
    Je réagis en temps que père d´un jeune homme de 37 ans, très sportif, qui a été terrassé par un AVC il y a 2 ans ½. Il lui a fallu près de deux ans de rééducation et de convalescence pour recouvrer ses capacités motrices et avoir de l´énergie suffisante pour reprendre ses vols dans une grande compagnie aérienne …
    C´est dire que je peux bien comprendre l´impatience de certains cercles qui interprètent chaque geste et fait du président, mais l´homme (Bongo) mérite une certaine compassion – même mesurée – qui ferait plutôt grandir ses adversaires. Même en politique, on a besoin d´une prise d´objectivité pour être crédible et convaincant.

    Dja Tsing

  4. Victorine dit :

    Cette femme (3M) mérite la PRISON A VIE pour ce MENSONGE d’Etat. Je lui souhaite cela, en tout cas.

  5. Liberté dit :

    OPÉRATION LIBERTÉ : DANS UNE SEMAINE. BARRICADEZ VOUS

  6. Lindambalth dit :

    On va tout entendre avec les gabonais concernant leur président. Bientot ils vont faire comprendre que Dieu reside au gabon. Rééllement ils veulent au finish? Ils voulaient avoir la preuve que ali était vivant maintenant qu’il rentre au pays, ils parlent de sosi ou de fantôme. Vraiment ali tu es fort toi qui dechaizne les pations les plus folles du monde

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