En créant récemment un conseil d’administration en remplacement du conseil de surveillance, le gouvernement tente de faire oublier la mauvaise réputation acquise ces derniers mois par l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI), dont des responsables sont inquiétés par l’«opération Mamba».

L’ANGTI agit en tant que maître d’ouvrage délégué dans les travaux de la construction des 2×2 voies du PK5-PK12. © angt.ga

 

En lieu et place du conseil de surveillance, il a récemment été créé un conseil d’administration au sein de l’ANGTI. La décision, annoncée la semaine dernière, lors du Conseil des ministres du 27 octobre, vise à instaurer une meilleure gouvernance au sein de cette structure qui a mauvaise presse depuis peu. Il faut dire que la mise en détention provisoire de son directeur général, Landry Patrick Oyaya, en mars 2017, a terni l’image de l’agence.

L’ex-DG incarcéré aujourd’hui à la prison centrale de Libreville est soupçonné par la justice d’«association de malfaiteurs, de violation des procédures de gestion, de paiement frauduleux sur fonds publics de biens incomplètement livrés, de faux et usage de faux (et) de paiements excessif pour des services effectués». Si l’ex-patron de l’ANGTI occupait les fonctions de directeur général du Fonds d’entretien routier de deuxième génération (Fer2), au moment des faits qui lui sont reprochés, pour le commun des Gabonais, c’est l’ANGTI et sa gestion qui étaient visées par l’«opération Mamba» ; du nom de la traque contre des responsables de la haute administration ayant distrait l’argent public.

Si rien ne permet d’affirmer que Landry Patrick Oyaya et ses collaborateurs de l’ANGTI se sont également adonnés aux mêmes pratiques répréhensibles, la dissolution du conseil de surveillance de cette agence peut donner lieu à toutes sortes d’interprétations. Certains estiment que ce conseil n’a pas convenablement fait son travail, au point que son «efficacité» dans l’accomplissement de ses missions et la réalisation de ses objectifs a été mise en doute par le Conseil des ministres.

Sa réorganisation et le changement de ses statuts ne s’inscrivent-ils pas dans le cadre de nouvelles directives de la présidence de la République à laquelle elle est rattachée ? L’on serait tenté de répondre par l’affirmative. Récemment, le directeur de cabinet du président de la République a lancé une série d’auditions visant à voir clair dans la gestion des agences publiques. Seulement, le futur PCA de l’ANGTI fera-t-il un meilleur travail de surveillance du fonctionnement de l’agence ? Celui-ci répondra-t-il aux attentes de la présidence de la République, en termes de rapidité et de qualité dans la livraison des chantiers ?

L’ANGTI est née en 2015 de la fusion de l’Agence nationale des grands travaux (ANGT) et du Fonds routier. Sa mission consiste à soutenir le gouvernement dans la planification et l’identification des grands projets d’infrastructure classés comme prioritaires. Il revient à l’agence d’assurer le contrôle, l’exécution des projets en tant que maître d’ouvrage délégué et du suivi des contrats en cours, «en visant la transparence, le respect des coûts et des délais et une qualité optimale».

 
 

2 Commentaires

  1. Obiang Bekale dit :

    Quelle image défendre ?
    C’est ce qui arrive quand on ne place pas les bonnes personnes pour gérer! On étouffe les compétents! Pitié
    Heureusement que la fille de mon oncle s’est barrée de vos conneries! On va voir qui va defendre votre image.
    Du n’importe quoi!

  2. diogene dit :

    Ceux qui osaient, il y a peu encore, considérer l’ANGT comme un ramassis de voyous maffieux malhonnêtes à la solde de la présidence, étaient montrés du doigt , indexés, traités de toutes sortes de noms d’oiseaux, insultés, vilipendés, soupçonnés du pire, écartés, intimidés,menacés…
    Or même de loin, même de l’extérieur, même sans affirmations précises, chacun sentait le parfum nauséabond et délétère de la corruption au sein de cette structure, car au coeur des plus grosses manipulations de fonds du pays.
    L’associée au juteux et invisible FER constitua une confirmation de la centralisation excessive des décisions à caractère financier, et aux détournements, magouilles, copinages liés aux acteurs de cette agence dont la nomination, fait du prince, n’était sous le contrôle de personne, puisque cette officine ne relevait et ne relève toujours pas de la république.
    La réputation, parfois sulfureuse, l’avidité, la cupidité des heureux nominés à ces prébendes qui n’ont accompli que leur devoir d’esclave d’un pouvoir illégitime et corrompu n’a fait que renforcer ce sentiment désagréable et persistant de défiance.

    Mais que fait le super ministère qui lutte contre l’enrichissement illicite ?

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