Disant ne pas comprendre les véritables motivations des 10 opposants et membres de la société civile appelant à agir pour la déclaration de la vacance du pouvoir au sommet de l’État, Joël Ondo Ella informe que la Confédération syndicale des agents de l’administration publique, parapublique et privée (Cosynap), dont il est le président, n’y répondra pas. Dans cette interview accordée à Gabonreview, le syndicaliste fustige la tentative d’instrumentalisation de l’opinion par son «camarade» Marcel Libama ayant récemment appelé sur Facebook les syndicats à demander le départ d’Ali Bongo. Il n’a pas apprécié que son ancien compagnon utilise des photos d’archives pour illustrer son post.

Joël Ondo Ella, le président de la Cosynap (écharpe). © Gabonreview

 

Gabonreview : À lire vos publications du 27 mars sur votre page Facebook, on vous sent en colère, particulièrement contre Marcel Libama. Que lui reprochez-vous exactement ?

Joël Ondo Ella : Je fustige le fait que le camarade ait utilisé des photos d’un événement autre pour faire une communication sur la déclaration de la Chambre de commerce [l’appel lancé, le 27 mars par Dynamique unitaire à constater la vacance du pouvoir. Ndlr.].

 Pour ma part, chaque organisation syndicale comme politique a sa liberté et son indépendance. Leurs actes ou les miens devraient être assumés sans chercher à manipuler l’opinion. Je ne m’ingère pas dans leur fonctionnement et je ne comprends pas pourquoi les photos de 2014 et 2015 sont exploitées pour faire croire à l’opinion que Messieurs Joël Ondo Ella et Fridolin Mve Messa ont pris part ou sont favorables à la déclaration de la Chambre de commerce.

Seriez-vous donc réticent à la rencontre organisée hier par la confédération syndicale Dynamique unitaire ?

 Je ne suis pas réticent, mais je dénonce l’exploitation qui est faite de mes photos. C’est la deuxième fois que M. Marcel Libama essaye de jouer avec mes photos pour ses communications qui ne sont pas toujours objectives. Et je réitère que, sans juger ou me prononcer sur leurs actes au nom de la liberté syndicale et de l’indépendance de nos organisations, je n’ai pas pris part à leur déclaration d’hier. Par contre, mes photos ne sauraient être exploitées à des fins inavouées.

Certains de vos compagnons de la Cosynap sont tout de même favorables à l’appel de Dynamique unitaire, donc à celui de Marcel Libama ? Qu’en dites-vous ?

Je suis de nature pacifique, mais très stratégique dans ma méthode de travail. La Cosynap n’est pas ma propriété, mais une personne morale que je préside. Cependant, je trouve qu’il n’est pas normal que des militants/adhérents m’appellent pour des situations qui frisent la duplicité, car je sais souvent assumer mes positions. Le journaliste averti que vous êtes en a la preuve, notamment sur les images que vous détenez de moi.

Dynamique unitaire a répondu en quelque sorte à «l’Appel à agir». Comment cette invite est-elle appréciée à la Cosynap ? Votre organisation pourrait-elle y répondre favorablement ?

Sur la question de «l’Appel à agir», notre organisation n’est pas disposée à répondre à cette invite, si tant est que l’on doive plancher sur le départ d’Ali Bongo. Nous pensons que nous n’avons pas d’éléments médicaux pour dire qu’Ali Bongo n’est plus apte à diriger le Gabon. Car trop d’informations ont circulé sur ce dossier. D’aucuns le déclaraient mort, d’autres parlent de sosie et bien d’autres choses circulent sur la toile. La Cosynap ne dispose d’aucun élément pour  dire qu’Ali Bongo n’est plus en vie ou que c’est son sosie que nous voyons. Son dossier médical ou la contre-expertise me conforteraient sur cette position.

La Cosynap par la voix de son président sait que le Chef de L’État allait pour une mission officielle à Riyad et c’est de là-bas qu’il a eu des problèmes de santé et dont l’information officielle nous a été donnée par le porte-parole de la Présidence. C’est également ce canal qui de temps à autre nous communiquait de l’évolution jusqu’à son retour définitif. Je n’ai pas d’informations contraires à cela sur un plan officiel.

En outre, la Cosynap pense que la procédure de changement des institutions au Gabon obéit à une démarche qui semble ne pas être celle de «l’Appel à agir».  Enfin, conscient que le Gabon est notre pays à tous, et un État de droit, sans preuve, toutes ces allégations pourraient être considérées comme des calomnies.

Tout ceci pour dire que les Gabonais en général et les travailleurs en particulier vivent dans un contexte économique difficile. Notre rôle de syndicalistes est de les défendre pour améliorer leur quotidien. Nous ne fuyons aucun débat d’intérêt national, mais nous refusons de battre de l’aile dans notre positionnement de défenseur de masses laborieuses. C’est pourquoi la Cosynap joue avec la tactique et la stratégie, car on ne peut pas tout obtenir par l’argument de la force, mais on peut obtenir l’essentiel par la force de l’argument.

 
 

4 Commentaires

  1. Laurent Mba Ndong dit :

    Sa réaction est conforme à l’homme. Il est constant quant à sa capacité de “soutenir” les tortionnaires des Gabonais. Tout le monde connaît son prix.

  2. Honoré Beka dit :

    C’est écoeurant, le spectacle que nous présente depuis 1990 cette opposition confortable (partis politiques et syndicats).Ils sont tout le temps en train de s’entredéchirer. S’il vous plait, regardez un peu ce qui se passe au Cameroun. Maurice Kamto et plusieurs de ses compagnons sont emprisonnés pour défendre leur pays…

  3. Barbe dit :

    Je ne sais pas pourquoi les gens apportent de l’importance à ce Monsieur? quelqu’un qui a la bouille comme un vrai traître, un vrai corrompu

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